Panne d’inspiration

janvier 24, 2008
Panne d’inspiration

Le titre est révélateur! Il explique pourquoi je n’ai aps écrit depuis des jours, depuis que j’ai dit que j’étais déconnecté!!!

J’imagine que je suis achalant avec ce sujet - déconnecté - mais c’est ma réalité pour le moment. Difficile donc d’écrire sur quoi que ce soit sans que mes états d’âme ne fassent surface. 

Je vous donne un petit exemple, vous allez comprendre. Mon boss, Raymond Viger, m’a refilé le fameux dossier sur le service unilingue anglais publié dans le Journal de Montréal. À le lire, à voir les réactions d’un peu tout le monde (y compris certains politiciens), je me suis revu en République démocratique du Congo. Des médias qui attisent la méfiance des uns envers les autres, qui alimentent cette méfiance avec pour résultat que chacun crache ses frustrations sur un groupe minoritaire. On ne se reconnaît plus chez soi… À quand une lapidation ou une immolation publique d’un méchant qui n’a pas la même culture que nous, qui ne se prosterne pas devant la suprématie du français???

C’est drôle de voir comment les gens réagissent. Martineau, de même que les psys cités par le Journal de Montréal, nous assènent leur vérité: c’est parce que les francophones n’ont pas de colonne vertébrale, ils s’abaissent devant les autres…

Moi je n’ai jamais eu de problème à parler anglais â un unilingue anglophone. Même dans ma ville d’origine, Sherbrooke. Ça me fait toujours plaisir. jamais je ne me suis senti dévalorisé, que je me sentais applati devant l’anglophone. Pourquoi? Parce qu’à chaque fois, je me rend compte de ma chance de parler deux langues. Je me sens bien plus riche que mon interlocuteur. Et bien plus ouvert. Vois, je suis chez moi, dans une province francophone, et comme je suis fort à l’aise avec ma langue, que je l’aime, je suis capable de communiquer avec toi en anglais sans peur d’être assimilé. C’est moi qui suis en confiance dans cet échange. Et sans moi, il n’y aurait tout simplement pas de conversation. Alors, je me prosterne devant l’anglais? Que nenni! Je lui montre ma grandeur, mon amabilité!

Mais que veut-on, au juste? Trouver une autre raison de chialer? Veut-on intégrer le plus possible d’anglophones et d’immigrants et les diriger vers le français? Si tel est le cas, il faut penser à notre manière de réagir. S’emporter parce qu’on a pas de service en français, rugir contre les anglophones, ça donne quoi? Personnellement, dans toutes mes expériences de vie, chaque fois que j’ai gueulé contre quelqu’un ou que j’ai été l’objet de tels commentaires, la réaction a toujours été la même: la défensive. Je me sens attaqué, je ne réfléchis pas mais je répond. Soit je gueule à mon tour, soit je me dis que l’autre est un con. J’oublie alors son propos: c’est un parfait imbécile!

Cependant, en me montrant de commerce agréable, je pense avoir plus de chance de charmer mon anglophone. Plutôt que penser que les francophones sont des fous, il se rend compte que finalement, je suis bien aimable. Si d’autres agissent comme moi, l’anglophone va voir les francophones autrement. Ce faisant, il y a plus de chances qu’il s’ouvre à notre culture, notre langue. Il sera plus intéressé à tisser des liens avec des francophones. Et à partir de là, peut-être même qu’à notre contact, il se mettra à parler plus français.

Par contre, si vous voulez vendre des journaux, ou si vous voulez gagner des élections, il est préférable d’attiser la haine, de diviser la population. Chacun sa personnalité!  


Le baroudeur range son sac-à-dos: sabbatique des voyages annoncées

janvier 15, 2008
Le baroudeur range son sac-à-dos: sabbatique des voyages annoncées 

Ça fait cliché ou eau de rose. Ça sonne comme un mauvais roman: je me sens comme un étranger chez moi… C’est que, depuis 4 ans, j’ai trimballé mon pack-sac à quelques reprises. Oh, pas 4 ans durant, remarquez.

 Maintenant, je suis de retour pour un bon moment. Je prends une sabattique indéterminée des voyages. Je vois la vie d’une drôle de manière. Je suis tellement sur une autre planète que je regarde les gens, même mes proches, comme si je me trouvais parmi une autre culture que la mienne. Pas toujours mais bon, vous voyez le topo.

 J’ai envie de savourer ce moment. Réapprendre à vivre chez moi! M’enraciner. Mais voilà. J’ai cet article à terminer - sur l’Afghanistan - qui m’angoisse. À vrai dire, tous mes articles qui portent sur l’international ont été douloureux à pondre. Sans exception. Peur de ne pas avoir saisi un peu d’une culture étrangère, peur de ne pas bien l’avoir rendue à l’écrit, peur d’être passé à côté du sujet, peur d’avoir mal transmis mes connaissances. Bref, je me mets une tonne de pression quand vient le temps de composer. Évidemment, je ne suis jamais pleinement satisfait. Comment rendre avec justesse - et justice! -, en quelques milliers de mots, mes liens avec ces autres cultures, mon regard, mes rencontres. Comment concilier la culture d’un pays et le sujet choisi? Alors j’angoisse devant cette tâche que JE considère titanesque. Pour la petite histoire, j’ai décidé, afin de répondre à mon besoin en ce sens, d’écrire un livre sur mes expériences délurées de voyage. J’ai en tête, et au coeur, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Vietnam, le Cambodge, Haïti, l’Afghanistan, les Phlippines, le Nicaragua et un peu de l’Europe. Se mêlent à ces pays les enfants soldats, le trafic sexuel, la guerre, la criminalité, l’insécurité sous toutes ses formes (santé, éducation, environnement, économie,..), la reconstruction d’un État. À cela se rajoutent des rencontres hors de l’ordinaire, des aventures dignes de films d’action! C’est ça, mes 4 dernières années.

J’ai vu, assez pour ne plus les apercevoir, des femmes à genoux, la main tendue vers le haut, espérant recevoir l’aumône. Jour après jour, semaine après semaine. Elles y resteront toute leur vie, si ça se trouve. Des enfants utilisés comme du vulgaire bétail à transporter des charges qu’un adulte comme moi ne parviendrai pas à soulever. Des gens qui, à longueur de vie, traîneront dans le coeur cette angoisse ancrée à jamais: vais-je pouvoir manger aujourd’hui? Mes enfants auront-ils de quoi se nourrir?

C’est ce genre de vie que j’ai côtoyée, ces dernières années. Alors pour moi, les problèmes de circulation, de grèves, les accrocs au boulot, ça me passe 10 pieds par dessus la tête. Je ne reproche en rien les gens qui en discutent, qui vivent ces problèmes. C’est là leur réalité. C’est juste moi qui cloche. Je suis encore ailleurs, voilà tout. Un étranger parmi les siens.

Pour m’enraciner, je me suis trouvé quelques moyens. Mon blogue, par exemple. Je n’y écris plus depuis belle lurette. Je vais m’y remettre. En espérant être en mesure, avant longtemps, de susciter un intérêt parmi les miens!

D’ailleurs, pour ceux qui, comme moi, se sont déjà sentis déconnectés… N’hésitez pas à me donner vos trucs! sait-on jamais, ça pourrait m’aider!

Sur ce, à demain… j’espère!


Afghanistan, 11e journée

novembre 23, 2007

Afghanistan, 11e journée

C’est plaisant d’avoir des nouvelles! Tu sais, je pensais moi aussi qu’il ferait chaud! En fait, de jour, avec le soleil - il fait toujours beau!. Ça tourne autour des 17 - 18 degrés, je dirais. Mais la nuit… Je viens d’ailleurs de passer ma premiere bonne nuit de sommeil!!!
 
Ce soir, il y a une réception donnée par l’ambassadeur du Canada au profit des canadiens. Je vais faire honneur au Journal de la Rue en étant vêtu comme un travailleur de rue!!! Ils veulent une tenue genre business suit!!! Penses-tu vraiment que j’en ai avec moi? Ahahah!!! À la place, ils vont avoir un gars aux runnings shoes sales de sables, avec la semelle décollée! C’est pas grave, ça me rappelle le Congo! À première vue, les ministres, sénateurs et généraux n’aimaient pas mon allure. Mais après 5 minutes, ils ne la voyaient plus! On aime ça, n’est-ce pas, briser les préjugés des gens!!! D’ailleurs, je me sens comme au Congo: comme si toutes les opportunités sont possibles! 
 
Bon, je ne crois pas avoir autre chose à dire…  Une bien bonne journée et merci encore de ton soutien!!!
 
Bonjour à tout le monde,
 
Dominic.


Afghanistan, 10e journée

novembre 22, 2007

Afghanistan, 10e journée

Salut Raymond!
 
Je dois changer d’hôtel. Le guesthouse ou je suis me rend malade et pas mal fatigué en raison du froid! Je viens de perdre 2 jours en raison de la fatigue…
 
Ici, il y a deux categories d’hôtels, les cheaps et les dispendieux!!! J’ai trouvé une chambre dans un bon hôtel. Normalement, c’est 100$ la nuit mais ils ont un tarif pour les gens d’affaires à 75$ la nuit. Je compte y passer quelques nuits avant d’aller en province. Malheureusement, l’hôtel n’accepte pas les cartes de crédit… Ils ont cependant un guichet, “out of order” en ce moment. Je ne sais s’il va fonctionner avec ma carte bancaire. Mais bon, 75$ par jour, pour encore 4 ou 5 jours, plus les jours entre mes passages au nord et vers le sud, je comprends que ça va couter plus cher que prévu! Pour le moment, je prends la chambre. S’il le faut, je changerai rapidement. 
 
Kaboul est très sécuritaire, si ce n’est le trafic qui est hyper chaotique. Je me suis d’ailleurs fait rentrer dedans hier par un 4X4!!! Inquiète-toi surtout pas, ce fut juste drôle. Et cet incident, sans conséquence, me rend encore plus prudent. 
 
Je vais bientôt quitter pour le nord, là ou c’est très tranquille. Je veux démontrer les conditions de vie des gens, le temps que ça prend à changer la mentalité de gens qui ont vécu de la guerre depuis 30 ans… Ensuite, je compte me rendre au sud, ou c’est la guerre contre les talibans. Je suis en contact avec un général afghan - je ne l’ai pas encore rencontré, mais il m’a invité chez lui à passer une soirée pour le rencontrer. Je veux me rendre à Kandahar avec les troupes afghanes, plutôt que de suivre nos Canadiens.
 
Sérieusement, de la façon dont je vois mon sujet, personne au Québec, si ce n’est au Canada, n’aura donné une telle compréhension des défis gigantesques qui attendent l’Afghanistan. Je vois beaucoup de parallèles entre changer les mentalités ici afin de reconstruire le pays et changer les mentalités chez nous.

Aujourd’hui, c’est comme si tous mes sujets, tant à l’international qu’au Québec, forment un tout et m’apportent une compréhension qui fait que je comprends déjà pas mal tous les enjeux ici. C’est fou comme tout m’est facile, subitement. 
 
Jj’ai un feehling incroyable sur mon séjour ici. Et ce feehling, c’est plus par rapport à mon retour, aux suite à développer au Québec.
 
Jje compte également trouver un contact qui pourrait m’ouvrir les portes des talibans. L’idée, c’est de comprendre tout le contexte du pays. The big picture! T’inquiète surtout pas, j’ai pas d’intention suicidaire! Si je ne trouve pas de contact sérieux qui puisse m’y intégrer, je vais laisser tomber. Mais je sais que je vais en trouver un. Je cherche un journaliste d’Al-Jazeera, qui serait plus proche d’eux!  
 
J’espère que tout va bien de votre côté,
 
Dominic


Kaboul, 48 heures

novembre 18, 2007

 Kaboul, 48 heures 

Voilà deux jours que je suis arrivé à Kaboul. 48 heures pour connaître une ville, c’est bien peu. Aussi faut-il lire ce qui suit avec à l’esprit, qu’il ne s’agit que d’impressions.

D’abord, sitôt sorti de l’aéroport, je me suis trouvé un taxi afin de me rendre à l’ambassade du Canada pour m’y enregistrer. C’est l’une des rares conditions imposées par l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) qui finance la moitié de mon voyage.

Sur le chemin, des images déjà vues: omniprésence des policiers et des militaires, Kalashnikovs à la main. Sur la route, de vieilles voitures bataillent pour se frayer un chemin. Ici, c’est chacun pour soi. Il n’y a aucun feux de circulation. Probablement qu’un policier à une intersection coûte moins cher qu’un feu de circulation. Faut aussi dire que l’électricité, dans plusieurs endroits, n’est pas fournie. Du moins, pas à longueur de journée. Il y a peu de véhicules mais on avance au ralenti. À kaboul, on tourne à trois voitures de large sur une rue qui n’en comprend qu’une seule!

À l’ambassade, j’ai rencontré un réalisateur de Radio-Canada, un certain Morissette. Je ne le connaîs pas et c’est réciproque! Si je suis à ma première visite en Afghanistan, lui y est venu à plusieurs reprises. Je lui ai demandé conseil afin de dénicher un hôtel. Son équipe et lui logent dans un “guesthouse” à 60$ par jour. Un prix qui me conviendrait drôlement bien. Malheureusement, m’apprend-il, l’endroit est complet. Et je risque de ne rien trouver en bas de 100$ par nuit, selon lui.

Avec mon chauffeur de taxi, qui m’a attendu le temps de ma visite à l’ambassade, je me suis rendu dans le quartier ou sont concentrés la plupart des hôtels. Le premier que l’on voit est un “guesthouse” qui ressemble à tout bon motel qui sillonne nos petites municipalités. Le proprio, Amid, me sert le thé et m’invite à visiter. Sa famille habite Toronto, m’explique t-il avec joie quand je lui apprend d’ou je viens. Du coup, il me sert dans ses bras! Il demande 40$ par jour pour une chambre qui a l’électricité 3-4 heures par jour – le soir-. Puis, il me suggere d’aller visiter son deuxième “guesthouse”, beaucoup plus convenable selon ses dires car l’électricité fonctionne à longueur de journée, de même que l’eau chaude. Il m’offre la chambre au même prix.

La chambre est spacieuse, mais rudimentaire. Je dors sur un lit de camp de bois recouvert d’un matelas de sol. Mon dos raffole… J’ai un poêle au gaz pour la réchauffer le soir. De jour, avec le soleil, il fait plutôt bon. Je sors avec un chandail de laine et je suis bien. Mais quand le soleil se couche, le petit frisson en moi se lève! Au petit matin, j’ai beau avoir l’eau bouillante pour me doucher, je grelotte en raison du froid ambient. Je cours me rechauffer sous mes couvertures dont l’une ressemble à une peau d’ours! Je ne vais pas me plaindre. J’imagine que ces conditions sont bien meilleures que celles de la plupart des habitants de Kaboul.

Le lendemain de mon arrivée, Omit, le manager du “guesthouse”, devait me promener avec sa voiture pour faire le tour de la ville et m’aider à me procurer certains biens, notamment un cellulaire. Il s’est désisté à la dernière minute. J’y suis allé seul. Mon premier bain de foule en sol afghan. Je venais à peine de sortir de l’hôtel que je croise un 4X4 immobilisé, le long de la route. À l’intérieur, deux afghans dégustent un kebab – de l’agneau épicé sur un pain qui ressemble à une croute mince de pizza. Je les salue. En guise de réponse, ils m’invitent à partager leur repas.

Je continue ma marche. Je salue plusieurs personnes. Tous me gratifient d’un sourire et retournent mon salut. De tous les pays que j’ai fait, jamais je n’ai rencontré de gens aussi faciles d’approche. Moi, si peu porté vers le contact physique avec les gens, on me sert une fameuse thérapie. En plus des poignées de mains, il y a les bras sur l’épaule, les serrements dans les bras. Si la ville est terne, avec ses édifices grisâtres et vieillots, le léger brouillard formé par le sable que soulève le vent, les gens sont à l’opposé. Le charme de Kaboul, c’est eux!

À l’approche du centre-ville, les boutiques se multiplient. Petits restaurants, épiceries (des dépanneurs pour nous), tapis, antiquités, marchands de fleurs. Il y a de l’activité. Mais pas de clients. On me salue sans faire aucune pression pour que j’achête. Au coin d’une rue, un homme fait cuire de la viande sur de la braise. Je m’y arrête pour en acheter. Peu après, deux jeunes femmes suivent. Vêtues de noir et d’or, maquillées, à ma grande surprise, leurs cheveux sont en liberté. Elles ne portent pas de foulard. Jusqu’à ce qu’elles m’apercoivent. Gênées, elles me tournent le dos pour en mettre un. Je sais qu’en Afghanistan, le contact entre hommes et femmes peut être problématique. C’est bien la première fois que je me trouve si près d’une femme depuis mon arrivée. À part quelques gamines qui quêtent sur la rue, quelques écolières se rendant à l’école, je réalise à ce moment que les femmes sont invisibles de la vie urbaine.

Je n’ai pas tenté d’engager la conversation avec elles. Je me suis même forcé à ne pas les regarder! J’en ai discuté au retour avec Fawad, un jeune homme de 20 ans qui travaille au “guesthouse”. Fawad a quatre soeurs. Deux sont mariées – des mariages arrangés – et deux autres vont à l’école. Ses soeurs portent toutes le voile. Il était surpris d’apprendre que j’avais rencontré des femmes au visages découverts.

J’ai un peu questionné Fawad sur le sort réservé aux femmes, dans son pays. Il m’a avoué qu’il n’aimerait pas en être une. Quoique sa condition de jeune homme en Afghanistan ne lui plaît pas plus d’ailleurs. Il va rester célibataire jusqu’à son marriage – arrangé pour lui aussi. Ce n’est pas nécessairement le cas pour tous, mais c’est ainsi dans sa famille. Fawad a peu de moments de réjouissance, bien qu’il ait le sourire facile. Il travaille au “guesthouse” sept jours sur sept. Il y dort deux nuits sur trois. Il n’a donc que deux à trois soirées pour voir sa famille ou ses amis par semaine. Je lui ai demandé ou il prenait son plaisir, dans la vie. C’est en échangeant avec les membres de sa famille, dans un parc pour un pique-nique, qu’il est heureux. “Mais ça n’arrive jamais car je travaille toujours”, m’explique-t-il.

Omit, qui travaille dans le premier “guesthouse” de M. Amid, a un peu plus de chance. Fils d’un militaire qui travaille au ministère de la Défense, il vient d’un milieu aisé. En prenant un café avec ses amis, dont son cousin Chawaid, j’ai pu comprendre que la jeune génération, du moins celle de Kaboul, ne partage pas les mêmes valeurs que leurs aînés, plus conservateurs. “On est prisonniers dans notre tête. On ne peut pas parler aux filles, on ne peut pas boire, s’amuser, avoir les cheveux longs. C’est pourquoi on a l’air plus vieux que toi!”, me dit Chawaid lorsqu’il apprend que j’ai 12 ans de plus qu’eux. Ces jeunes ne veulent rien savoir de la guerre, de la religion. Ils veulent un peu de liberté pour s’amuser.


Afghanistan, 6e journée

novembre 18, 2007

Afghanistan, 6e journée 

Bonjour tout le monde! Je vous joints un long texte. Sans accents!!! J’ai le choix soit d’écrire en “farsi” ou sur un clavier “english”. Je suis incapable de mettre le clavier sur français canada.
 
Pour le blogue, je remercie à l’avance Gabriel qui devra rajouter les accents manquants! T’en fait pas, un jour quelqu’un le fera pour toi, mon cher!!!
 
Tout va bien pour le moment. J’ai un plaisir fou à parler à un tas de gens, dont un garde de sécurite du président Karzai lui-même! C’est d’ailleurs lui - le garde, pas Karzai! - qui a payé l’addition! Que voulez-vous, quand on est hot…!!!
 
Grosse victoire du Canadien hier! On dirait que je rate toujours les gros matchs contre Boston (comme la série en 2004, alors que j’étais au Congo…)! Dites-leurs juste de m’en garder quelques unes comme ça! Et prions pour qu’ils ne me fassent pas le même coup que l’an passé, c’est-à-dire être très bons pendant mon absence et minable à mon retour…
 
En passant, j’ai 9h30 d’avance sur vous!
 
Bonne fin d’après-midi donc (il est 15h55 ici).

Dominic.

NDLR: Nous avons reçu un message de Serge Savard. Il est très content d’avoir enfin trouvé la recette gagnante pour le Canadien. Puisqu’ils sont bons pendant ton absence, il veux te financer 4 ou 5 voyages d’ici la fin des éliminatoires.


Arrivée à Kaboul

novembre 15, 2007

Arrivée à Kaboul. 15 novembre 2007.

Juste un petit mot pour vous dire que je suis bien rendu à Kaboul. Ça été long mais c’est franchement cool, ici. Je sens que je vais m’y plaire. Je vais vous réécrire plus tard dans la journée. Je dois faire quelques commissions comme changer de l’argent à la banque, me procurer un cellulaire…
 
Question de vous rassurer, Kaboul est vraiment “safe”. Pas mal plus que Haiti et la République Dominicaine du Congo. Et vous savez que je n’ai pas vraiment eu de problème dans ces pays. Ici, les gens sont vraiment, mais alors là, vraiment sympathiques. Ça a commencé à Dubai, quand j’attendais l’avion… Tout le monde vient me parler!!!
 
Je vous en dit un peu plus soit dans quelques heures, soit demain.
 
Pour le temps que je suis à Kaboul, sérieux, faut pas s’en faire.
 
Dominic


Trouve-toi une copine

mai 18, 2007

Trouve-toi une copine 

J’ai peu apporté de linge pour mon séjour. La chaleur et la poussière ont nuit à ma garde-robe. Un petit saut à l’épicerie pour y acheter des barres de savon à linge et hop, je suis propre pour une les jours qui vont suivre.

Alors que je me mets à l’ouvrage, les gardiens de sécurité du guesthouse où je suis hébergé me regardent incrédules. C’est le travil de la femme, qu’ils me disent avec dédain. Le sourire aux lèvres, je poursuis la besogne. Ils m’entourent pour mieux me regarder faire. T’as pas de copine pour laver ton linge? qu’on me demande.

Au moment de rinser mes vêtements dans le sceau, Raymond Pierre, l’un des gardiens, prend ma place. Attends, je vais te montrer comment on fait! En deux temps trois mouvements, le voilà à enlever le savon de mes pantalons, les tords. Technique parfaite! Il vient même m’aider à les suspendre sur la corde à linge.

M’est avis que sa copine l’a bien dressé!


On s’inquiète pour moi?

mai 18, 2007

On s’inquiète pour moi? 

Un petit mot pour rassurer tout le monde. Je vais bien. Tres bien meme (hormis les accents que je ne trouve pas sur le clavier…)!

J’ai pris le bus, a la haitienne, de Saint-Marc a Port-au-Prince en fin d’avant-midi.

Fourbu, presque pret au dodo - il n’est que 19h mais j’ai peu dormi en raison de la chaleur chez les soeurs! -, je suis venu voir mes courriels. Merde, voila que mon boss me dit qu’on est a ma recherche! M. Seminario, qui s’occupe du projet dans la communaute de Marmelade, n’a pris aucune chance en lisant mon message lui signifiant que je n’allais pas le voir vendredi. Comme je lui ai dit que j’avais ete victime d’intimidation sur le chemin de Petite-Riviere, et que je devais repasser par cet endroit 24 heures plus tard si je voulais me rendre le voir, j’ai prefere laisser tomber. Inquiet, il a telephone a l’ambassade du canada en haiti et au responsable del’ACDI egalement! Ils ont lu mon blogue (voir Intimidation en haiti) et se sont inquietes pour moi!

Comme c’est de l’histoire ancienne pour moi, que j’etais bien a l’aise lorsque je l’ai ecrit sur mon blogue, je n’ai pas pense a la reaction des gens… Dire que j’etais surpris il y a 15 minutes en lisant le message de Raymond est assez juste!

J’en ai pris bonne note, remarquez. Demain, j’ai rendez-vous a Petion-Ville en matinee. Je me promets une petite visite a l’ambassade en apres-midi et si M. L’Heureux, directeur du developpemt local pour l’ACDI en Haiti est disponible, j’irai lui rendre une petite visite!


Course folle en Haïti, 2e partie

mai 17, 2007

Course folle en Haïti, 2e partie 

Voilà déjà que je change mon plan de match. J’ai décidé de ne pas aller à Marmelade vendredi (voir texte Intimidation en haïti). Je rentre à Port-au-Prince. J’irai, à la place, voir le directeur de Développement International Desjardins à Pétion-Ville, pas très loin de la capitale.

J’ai pris cette décision à Petite Rivière. Je reviens en motocross avec Asner, le fondateur d’une ONG en prévention contre la domesticité, mieux connu sous le terme de Restavec. Petite parenthèse sur cette problématique… En Haïti, des familles pauvres donnent leur enfants - principalement les filles - à des familles plus fortunées pour qu’elles servent de domestiques. Ce faisant, ces enfants ne sont plus un fardeau pour la famille. Ils auront à manger et pourront même aller à l’école. On retrouve des problèmes d’exploitation, d’abus physiques et sexuels chez ces enfants qui, selon Asner, ont une vie encore plus misérable dans leur foyer d’adoption…

Fin de la parenthèse. Asner, donc, me reconduit à Saint-Marc pour que j’y prenne ensuite un bus en direction de la capitale. Sur le chemin du retour, je ne peux apprécier la balade. Je suis pourtant dans un pays magnifique, que je contemple pour la première fois. Rien à faire. Comme j’ai changé mes plans, je suis à me démener avec mon stress pour savoir comment diable je vais virer mon capot. Je remplace Marmelade par quoi?

Je ne sais trop si j’aurai la chance de revenir en Haïti et je m’interroge quant à mon travail… Pourtant, je sais que j’ai pris la bonne décision. J’aime mieux ne pas prendre la chance qu’il arrive quelqu’ennui avec les jeunes de carrefour Paye.

Calé contre mon sac à dos attaché serré à l’arrière de la moto, les pieds qui glissent constamment de mes supports, tentant de garder mon équilibre, je savoure enfin le moment. On verra bien de quoi demain sera fait.


Intimidation en Haïti

mai 17, 2007

Intimidation en Haïti 

Je me rendais de Saint-Marc à Petite Rivière, dans l’Artibonite. J’ai pas les moyens de m’offrir les services d’un chauffeur, comme la plupart des occidentaux présents en Haïti. Alors j’ai fait comme les gens de la place: j’ai pris le tap-tap, une camionnette où l’on s’entasse à 20 dans la boîte arrière.

Le départ est à Carrefour Paye. Il y a 3 personnes dans le véhicule. Tant qu’il n’est pas rempli, on attend. Ça pris 45 minutes avant qu’on décolle. Les plus longs 3/4 d’heures de ma vie. Il y avait plusieurs jeunes ados et adultes. l’air de petits durs ou de vrais costauds. Pas de menaces. Pas d’armes. Juste un regard chargé de haine, de violence. J’essayais de regarder ailleurs. Difficile à faire quand ils se relaient à tour de rôle pour venir me humer. Ils sa vent bien que je ne peux faire abstraction de leur présence. Alors je les regardais, même quand ils étaient plus loin, sans trop soutenir leur regard, toutefois.

J’étais seul, évidemment. Personne ne parlait vraiment le français. Je n’arrivais pas à leur répondre. Et je ne pouvais pas comprendre ce qu’ils me disaient ou ce qu’ils disaient de moi. Une totale impuissance. J’avais envie de m’enfouir quelque part. Je désespérais d’entendre le moteur ronronner, signe du départ.

Il n’est rien arrivé. On est parti juste au moment où l’un d’entre-eux vociférait je ne sais trop quoi contre les Français, en frappant son poing contre la paume de son autre main. Aucune idée de ce que ça signifiait. Personne, dans le tap-tap, n’a pris ma défense., Quelques-uns semblaient tout aussi mal à l’aise que moi. Au moins, aucun n’en rajoutait, n’encourageait mes petits durs à cuire. Je suis encore un peu secoué. Peut-être que je vieillis, que je ramollis. Je sais pas. J’ai vécu des situations objectivement plus dangereuses que celle-là. Mais c’est bien la première fois que j’ai peur de la sorte.

Ça m’a fait penser à Daniel Bossé, un Canadien né en Haïti. Mon voisin dans l’avion. Il vit à Montréal depuis près de 40 ans. Le premier noir à travailler à l’usine Wolverine, dans l’est de l’île. Il y est resté pendant 20 ans. Jusqu’à ce que l’usine ferme ses portes, il n’y a pas si longtemps. Il m’a raconté qu’il ne faisait pas l’unanimité, auprès de ses collègues de travail. Mais que la plupart étaient bien gentils avec lui, qu’il s’y est fait nombre d’amis. Moi, ça duré 45 minutes. Je devais reprendre un tap-tap le lendemain au même endroit pour me rendre à Marmelade. Je n’irai pas. 45 minutes m’ont suffit pour que je préfère ne pas prendre de chance. ne pas leur donner une deuxième chance de passer à l’acte. Daniel, lui, est retourné à l’usine tous les matins. Si ça se trouve, c’était pire encore pour lui.

En 45 minutes, j’ai pu comprendre ne serait-ce qu’une infime partie ce qu’ont pu ressentir les victimes de ségrégation. Chapeau bas, monsieur Bossé. Aujourd’hui, je réalise mieux que jamais à quel point vous avez bien du courage.


Belle rencontre à l’Acropolis

mai 17, 2007

Belle rencontre à l’Acropolis 

J’étais à potasser dans mes documents, dans la cour intérieure de mon hôtel, mercredi soir, quand débarquent deux Haïtiens. Le plus vieux, le révérend Jean Olbert, est missionnaire. Il vient de temps à autre à Montréal, où il descend dans le quartier Saint-Michel. Le plus jeune, son fils en l’occurence, s’appelle Vineh. À 28 ans, il est maire de la petite bourgade Saint-Louis du Sud.

Vineh est venu à Port-au-Prince rencontrer le ministre de l’intérieur de même qu’il va participer à une rencontre des maires avec le président rené Préval. Vineh aimerait attirer les touristes dans sa municipalité. Il me vante ses plages, la tranquilité de sa municipalité. Mais saint-Louis du Sud est pauvre. Il n’y a pas d’hôtels pour recevoir les touristes. Pas même d’électricité. Considérant les problèmes du pays, il sait qu’il ne fait pas partie des priorités de son gouvernement. La sécurité, bien qu’elle s’améliore grandement, est au centre des préoccupations. L’économie du pays est très mal en point. Il y beaucoup à faire avant de ramener les touristes dans ce pays le plus pauvre des Amériques.


Course folle à Haiti

mai 15, 2007

Course folle à Haiti 

Voilà une semaine que je suis en République d’Haïti. J’aurais bien aimé remplir mon blogue depuis mon arrivée, mais internet m’a donné beaucoup de misère… Et j’ai tellement de sujets, des petits comme des grands!

Comme j’anticipe le pire, c’est-à-dire ne pas être en mesure de publier tous mes messages à l’instant en raison d’un autre problème de connection, j’ai envie de dresser le portrait des 3 semaines à venir. Exercice intéressant car il permettra, à mon retour, de voir si mon séjour s’est déroulé tel qu’anticipé sur le terrain!

Alors voilà! Je suis présentement à Saint-Marc, à quelque 100 km de la capitale Port-au-Prince. Je quitte demain en matinée pour Petite Rivière de l’Artibonite. Je vais y découvrir un orphelinat tenu par les Peites soeurs de Sainte-Thérèse dont certains enfants sont parrainés par des Québécois pour qu’ils puissent aller à l’école. Je compte y demeurer deux jours. Les Soeurs vont me loger au pensionnat.

Jeudi matin, je quitterai pour Marmelade, toujours en Artibonite, où je vais voir un projet d’agriculture qui allie respect de l’environnement et prise en charge par la communauté. Je me laisse un petit lousse, question de m’assurer de rencontrer le grand manitou du projet de même que les gens de l’endroit. Je compte quitter mardi de la semaine prochaine pour regagner Port-au-Prince. Le mercredi (23 mai), j’aimerais rencontrer des organisations de la société civile qui défendent les droits des femmes et qui cherchent à réformer le système de justice. Haïti est plutôt désorganisé, de sorte que les citoyens ne savent trop de quelle façon faire entendre leur voix. C,est l’aspect qui m’intéresse.

Le 24, je suis censé avoir rendez-vous avec une responsable des communications à la MINUSTAH, la mission des nations unies de stabilisation en Haïti. On va regarder comment organiser les rencontres des différents secteurs qui m’intéressent, soit la section de désarmement et de démobilisation pour les groupes armés qui sévissent dans les bidonvilles et sèment l’insécurité, la section qui s’occupe de la réforme de la justice, la police de l’ONU qui voit à la sécurité et la formation des policiers haïtiens, des gens qui veulent assurer le développement tant du pays que des bidonvilles, d’autres qui s’occupent d’environnement. On m’a même offert de rencontrer les personnes responsables de ces dossiers au sein du gouvernement haïtien. De plus, il faudra regarder quand j’irai avec l’ONU sur le terrain à plusieurs endroits du pays. Grosse commande!

Le 25 mai, j’ai une rencontre avec la responsable d’un hôpital de Médecins sans frontières Canada, dans l’un des quartiers les plus chaudes de la capitale. Je dois établir le contact avec ses homologues qui font de même à Cité Soleil et Martissant, les bidonvilles les plus dangereux du pays…

À travers toutes ces rencontres, je dois aussi penser trouver du temps afin de rencontrer à Pétion Ville le directeur de Développement International Desjardins pour me renseigner sur des projets de développement économique en Haïti.

Là, je me demande bien comment diable j’arriverai à boucler ces rencontres et visites terrain en trois semaines. Je me croise les doigts pour que certains acceptent de me donner de leur temps lors des weekends, sinon je risque de manquer de temps…

J’ai bien hâte de voir, à la fin de mon séjour, comment j’aurai réussi à agencer mon horaire, et à quel point les imprévus vont changer mon séjour… pour le meilleur ou le pire!


CAP SUR HAITI

mai 8, 2007

CAP SUR HAITI

Me voilà à nouveau reparti. Cette fois, destination Haiti pour 4 petites semaines. Vu le nombre de personnes et organismes que je vais rencontrer, mon séjour risque de passer vite.

Mon sujet est assez large. Parler de l’impact des conflits sur la société, ça signifie s’intéresser à l’économie, l’éducation, la justice et les droits de l’homme, la santé, l’environnement et j’en passe! Je vais également traiter de l’impact que ça cause sur l’aide internationale. Sur le travail des coopérants dans des conditions de sécurité déficientes. Juste démêler ces différents domaines, et garder un fil conducteur entre eux sera un beau défi journalistique!

J’ai également l’intention de me promener passablement à travers le pays. Port-au-Prince et son bidonville Cité Soleil, l’Artibonite, les Gonaĩves, Pétion-Ville, peut-être l’extrémité nord (Cap-Haitien), Jaqmel au sud…

Non, ce ne sera pas 4 semaines de vacances! Trop à découvrir pour prendre le temps de me faire dorer au soleil sur la plage. Ce sera pour une autre fois.

En même temps, je vais apprendre de ma démarche. Car début juillet, je me dirige en Colombie et à la mi-septembre, c’est en Afghanistan que je traînerai mon baluchon. Trois pays donc qui ont chacun leur propre contexte. Trois pays dont les problèmes causés par l’insécurité causent bien des maux de tête à la société civile et l’aide aux populations.

J’espère apporter un peu de compréhension sur les difficultés de pays chaotiques et sur les solutions mises de l’avant pour les aider à rétablir un minimum de sécurité.

Un gros et beau défi qui s’offre à moi après avoir tâté de la problématique des enfants soldats et des gangs de rue ainsi que celle du trafic des êtres humains.

Dominic


Frustrations culturelles

décembre 19, 2006

Frustrations culturelles

Je suis alle a Siem Reap, un endroit fort prise des touristes en raison de la presence de nombreux temples. Il  s’y trouve un grave probleme de trafic, prostitution et viol justement en raison de cette masse touristique. J’y allais avec Sophea, ma jeune interprete. Je suis passe par mon hotel pour nous procurer nos billets d’autobus.

Comme j’ai connu plusieurs rates avec les hotels depuis le debut de mon sejour, j’ai tout fait pour etre clair dans ma demande de billets, repetant 4 fois plutot qu’une mes besoins. “2 billets pour Siem Reap dimanche, 2 billets pour Phnom Penh lundi. J’y vais avec mon interprete!” J’aurais du insister une 5eme fois… J’ai pris le bus une heure plus tot que Sophea, puisque l’hotel n’avait achete qu’un billet aller-retour…

Il nous fallait revenir le lendemain car, tot le mardi, Sophea et moi nous rendions avec une organisation loin en province, pres de la frontiere thailandaise. L’organisation y ouvrait un centre pour femmes trafiquees et violentees, en plus de celebrer son 10eme anniversaire d’existence! C’est Phay, coordonateur de l’organisme, qui m’avait offert de me joindre a eux. Il m’avait propose le transport - ils etaient une bonne vingtaine de Phnom Penh a s’y rendre - et l’opportunite de m’entretenir avec les victimes, le staff, des gens des ministeres Social, Education, des femmes, la police Anti-Trafic de meme que les autorites locales (provinciales). Apres plusieurs echanges de courriels et appels pour clarifier cette activite, c’est l’offre que j’ai recu. Du coup, j’ai mis de cote mon plan A, privilegiant cette opportunite hors du commun! Tout ce monde au meme endroit avec qui je peux discuter!

Il n’en fut helas rien… Une fois arrive, l’offre changeait! Impossible de parler aux victimes et au staff, seulement avec la responsable provinciale de l’organisation. On y demeurait deux jours, soit pour la ceremonie et l’autre pour les entrevues, puis on repartait le lendemain. J’ai passe la journee des ceremonies (plus de 10 heures de discours!) a ne rien comprendre de ce qui se disait! Finalement, le staff ne restait plus la journee des entrevues! Je l’ai appris le soir, a la fin des festivites. Phay a bien omis de m’en glisser un mot. Peut-etre la peur de me dire, encore une fois, que sa proposition n’etait pas reelle! De plus, ils devaient eux-meme se debrouiller pour leur retour. Alors qu’on devait prendre le bus ensemble… 

Dire que je pensais avoir bien clarifier la proposition qui m’avait ete faite avant de partir. Car j’ai perdu mon temps, finalement. Avoir su, j’aurais ete a d’autres endroits, rencontre des victimes dans d’autres centres de d’autres provinces… Une grosse deception!!!

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.


Vouloir le bien, causer le mal

décembre 19, 2006

Vouloir le bien, causer le mal

 

Lors des festivitives entourant l’ouverture du centre pour femmes de l’organisme Cambodian Women crisis center (CWCC), j’ai passe l’heure du diner en compagnie d’un jeune directeur d’organisme cambodgien. A son bureau, il m’explique son travail. Son organisme fait de la prevention aupres des jeunes sur la drogue et aupres particulierement des femmes sur la reproduction (methodes contraceptives, maladies sexuelles, connaissance de leurs droits). Son organisme recoit des fonds de donneurs occidentaux.

Je ne doute pas de la bonne volonte de ce jeune homme, pas plus que de ses employes. Mais je m’interroge a l’utilite de ces programmes… C’est qu’ils discutent avec les consommateurs de drogue. Fort bien. Ceux-ci, apparemment, consomment en raison de problemes familiaux (la violence domestique est assez grave dans cette province, parait-il), du manque de travail, pour essayer. S’il y a une chose que j’ai apprise depuis mon arrivee au Journal de la Rue, c’est que la consommation en soit n’est pas le probleme. C’est la raison pour laquelle on consomme. Et l’organisme n’est ni outille pour regler les problemes familiaux, ni de chomage, pas plus qu’elle ne fait de travail social. Au moins, sa prevention dans les ecoles peut-elle faire reflechir les jeunes sur les ravages causes par la drogue.

Quant au programme axe sur les femmes, il est a se demander s’il ne cree pas les problemes plutot qu’il ne les regle. L’organisme explique aux femmes qu’elles ont le droit de refuser d’avoir des relations sexuelles avec leur epoux. Tout a fait vrai. Mais il faut regarder la mentalite des gens de la region, voire du pays. L’homme pense avoir tous les droits sur sa femme. Lorsque son epouse lui refuse ses avances, elle cree une frustation. Elle n’est pas censee opposer de resistance. J’ai vu de nombreuses photos de femmes battues - a mort - dans la region. Une s’est fait ouvrir l’entrejambe par un rasoir pour avoir refuse, a deux reprises, d’avoir des relations sexuelles avec son mari. L’histoire, dans son cas, ne dit pas si elle a refuse parce qu’elle avait appris qu’elle avait le droit de dire non. Mais un programme qui ouvre la porte a ce genre d’actes, si rien n’est fait pour changer la mentalite de l’homme, me semble dangereux. Meme si, pour le principe, il a sa raison d’etre.

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et la sexualité.


Sophea et la mentalite cambodgienne

décembre 19, 2006

Sophea et la mentalite cambodgienne  

Sophea m’a accompagne pendant une semaine pour me servir d’interprete. Elle a 25 ans, etudie l’art, et attend janvier pour poursuivre ses etudes en Thailande grace a l’obtention d’une bourse. Elle a beaucoup de caractere. Quand on la voit avec moi, on pense qu’elle n’est qu’une autre petite amie du blanc de passage. Elle le sait tres bien, elle le sent - par le regard des Cambodgiens ou leurs remarques - mais jamais elle ne semble desemparee.

Ce qu’il faut savoir, c’est que Sophea, comme la plupart des femmes de son pays qui cherche epoux, est vierge de tout contact. Elle n’a jamais serre un homme dans ses bras, elle n’en a jamais embrasse un. Au Cambodge, une femme doit se garder pour le mariage. Si elle n’est pas pure, elle n’est tout simplement pas bonne a marier. C’est beau, ca signifie que la femme cambodgienne n’ira jamais voir ailleurs.Qui est contre?

Je ne suis pas sexologue. Mais je pense que la sexualite est un besoin fondamental. Si ce besoin est refoule, s’ensuit des frustrations ou des effets qui ne sont pas que positifs. Si la femme, pour se marier, n’aura pas de relation sexuelle, ca signifie que les garcons non plus ne devraient pas avoir de relations sexuelles avant le mariage. C’est logique, une relation, ca se fait a deux. Donc sans partenaire - consentant -, l’homme refoule ses besoins pour une bonne partie de sa vie?

Pas si sur… Ce besoin, refoule chez la femme, peut facilement etre assouvi par l’homme: grace a la prostitution. Donc, une mentalite vertueuse comme celle de se garder pour le mariage peut provoquer - bien qu’elle ne soit certainement pas la seule raison - un effet assez pervers qui augmente le besoin en prostituees. Et qui change alors aussi les rapports sous plusieurs plans entre hommes et femmes. Si l’homme a eu plusieurs relations sexuelles avec des prostitutees, sa sexualite n’est pas du tout la meme que celle qu’il aura eu avec une petite amie qu’il aime. Mais son education, ses experiences, ce qu’il connait, c’est la prostitution. Ce rapport inegal ou la femme est vue plutot comme du betail. 

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.


Hockey au Cambodge

décembre 6, 2006

Hockey au Cambodge 

Eh oui, vos yeux ne se trompent pas! Vous avez bien lu hockey! C’est que j’ai rencontre un Canadien d’Hamilton, qui travaille avec l’Organisation Internationale des Migrations, et qui organise des soirees de hockey-balle! Au Cambodge! Chaque lundi et jeudi soirs, nous sommes une bonne dizaine a nous presenter sur un court de tennis, a plus 30 degres. Le calibre est ma foi assez releve. Il y a surtout des Canadiens, mais quelques Americains se joignent a nous. Et un Cambodgien garde les buts! Ah oui, les gardiens sont equipes. Et on joue avec des hockey en graphite. Je crois qu’ils ont achete les equipements et les buts de la Thailande…

Le premier soir (jeudi passe), en raison de la chaleur et, je dois l’avouer, d’une pietre condition physique, j’avais de la difficulte a suivre! Je suais a grosses gouttes, j’avais des crampes. J’ai manque etre malade! Mais, comme on dit, on apprend de ses erreurs. Conscient de ma - mauvaise - forme, j’ai mis les chances de mon cote. Alors j’ai decide, cette fois, de ne pas jouer l’estomac vide. J’ai dine et soupe, cette journee la. Diable, je ne pensais pas a quel point ca pouvait faire toute la difference!!! La, je volais litteralement! Je sais pas si c’est ce qu’on appelle apprendre positivement, mais je sais que je vais bien manger jeudi prochain!

Cote boulot, j’en apprends beaucoup! J’ai rencontre, hier, la directrice d’un organisme de defense des droits de l’homme. Je lui posais des questions au sujet de la police anti-trafficking , et elle commence a me parler de la corruption qui y regne. Comme le petit castor, elle etait lancee. Elle appelle qqun qui connait bien le departement anti-trafficking (lire qui y travaille) et qui s’amene aussitot. Pour le moment, bien que je les crois, je ne peux pas vraiment ecrire a ce sujet. C’est leur parole, rien d’autre. Je les rencontre a nouveau cette semaine. Mais je n’ai guere d’attente. Je leur ai explique qu’il me fallait davantage que leurs seules paroles. J’ai demande a ce qu’un policier de ce departement vienne - et que je puisse l’identifier comme tel - pour qu’il me confirme certaines de leurs affirmations. J’essaie egalement d’entrer en contact avec un journaliste qui pourrait me confirmer certaines choses a ce sujet. Puis, je rencontre demain une personne qui est proche de la tete dirigeante de ce departement. J’espere, par son entremise, pouvoir obtenir une rencontre avec ma “corrompue”. Malheureusement, il ne me reste guere de temps! Je quitte samedi matin pour aller en province, question de rencontrer des femmes et enfants qui ont ete trafiques. La encore, on a beau me dire qu’il me sera possible de leur parler, je ne me fais pas d’idees. Je verrai rendu la! Des belles paroles, j’en ai entendues plus d’une!

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution.


Reportage au Cambodge

décembre 5, 2006

Reportage au Cambodge

Mon découragement du Vietnam est drôlement du passé. Le Cambodge est trèes facile, ca n’arrête pas même. J’apprends de mes erreurs - en ce sens, ce voyage est une bénédiction pour moi et la suite des choses! Je suis un peu fatigué, remarque. J’ai énormement de lecture le soir, documentation qui m’est gracieusement offerte par les organismes que je rencontre.

Je rencontre Somaly Mam, une cambodgienne qui est LA référence ici en matière de traffic. Elle a sauvé beaucoup de femmes et enfants - surtout de la prostitution. Je vais préparer un portrait d’elle, de son combat ici.

Bonne journée à tous.

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.


Réponse à Mme Dion, racoleuses 2eme partie

décembre 1, 2006

Réponse à Mme Dion, racoleuses, 2e partie 

décembre 1st, 2006

Voici des informations qui pourront eclairer le commentaire de Mme Monique Dion, concernant mon texte Racoleuses ou prostituees, 2eme partie.

Mme Dion demandait si l’economie au Vietnam faisait en sorte que les jeunes filles n’aient plus a se prostituer. L’economie vietnamienne, au meme titre que la notre, ne suffit pas pour offrir des alternatives a toutes ces femmes. Le nombre de Vietnamiens qui travaillent dans les achoppes aux bords des rues, a gagner entre 1 et 2$ par jour, est en explosion. La moyenne, d’ailleurs, est de 40$ par mois. Quand on pense que celles qui frequentent les bons endroits pour offrir leurs services gagnent 20$ US la nuit, on comprend que le phenomene ne risque pas de s’eteindre de sitot.

Je ne sais si au Vietnam il existe un tourisme sexuel. Le gouvernement y est tres chatouilleux a ce sujet. Mais lorsque j’etais a Ho Chi Minh (Saigon), j’ai rencontre deux Australiens quittant mon hotel apres leur premiere nuit car ils ne pouvaient y ramener de filles. Des Vietnamiennes, bien entendu.

Au Cambodge, on me dit qu’il existe bel bien, le tourisme sexuel. La, j’ai des informations diverses quant aux efforts du gouvernement cambodgien. Certains disent qu’il existe une loi Anti-Human Trafficking, d’autre affirment qu’il n’y a qu’un enonce a cet effet, adopte tout recemment. Des guidelines, qu’ils disent. C’est l’une des informations que je cherche a valider. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement s’est dote d’une police specialisee dans ce domaine. Est-ce un voeu pieux? Je suis en train de decouvrir que cette police, par manque de moyens, de formation, de problemes logistiques, peine a faire son travail. J’y reviendrai plus amplement dans un article! Disons que peu de gens ont ete arretes concernant le trafic sexuel. On m’a meme dit qu’il s’agissait, dans certains de ces cas, de proces arranges. Le gouvernement peut ainsi demontrer qu’il s’attaque au probleme du trafic sexuel. C’est tres complexe, une fois qu’on commence a gratter un peu le fond de la question. Je m’apercois egalement que les idees que j’avais, avant de venir au Cambodge, etaient decalees de la realite.

A savoir si la mentalite de marier un occidental provient de la mentalite americaine, je manque personnellement de connaissances culturelles pour y repondre adequatement. Normand, qui travaille pour Oxfam Quebec au Cambodge, a travaille dans de nombreux pays, que ce soit en Afrique ou en Asie. Il m’a dit etre alle dans des pays qui n’avaient pas d’influence americaine. Il a vu, dans tous ces pays, des familles offrir leur petite en mariage a un riche homme local. Il a meme vu une fille de 16 offerte a un homme de 70 ans. C’est une facon, pour des gens pauvres, provenant de pays pauvres, d’ameliorer leur sort et par le fait meme celui de la famille. Il n’ont pas autant de moyens de se sortir de la misere.

Pour le retour des Cambodgiens qui ont fui le regime des Khmers Rouges, je suis encore, helas, sans reponse. On me dit que plusieurs sont revenus avec leurs enfants. Mais comme les statistiques ici sont peu nombreuses, je ne pense pas qu’il existe une reponse claire, chiffrable. D’autant que le controle des migrations, dans la region, est un probleme criant.

Les femmes cambodgiennes choississent leur mari? Apparrement, non. Elles ont leur mot a dire et peuvent refuser, avec des raisons valables. Mais generalement, ce sont les familles qui arrangent les unions. La femme - ou l’homme - peut signifier a sa famille qu’elle ou il est interresse a l’autre. Et les familles jouent les entremetteurs. Selon Normand, au Cambodge depuis 2 ans et fiance avec une fille du pays, c’est generalement la famille de l’homme qui fait la demande. Il faut, semble-t-il, que l’homme soit en mesure de faire vivre sa femme, ainsi qu’une partie de sa famille. Ce qui explique,bien que je ne veuille pas generaliser, que les couples sont composes d’un homme plus age (5 a 10 ans) et d’une jeune femme.  Comme les gens sont pauvres, les hommes ont besoin de temps pour amasser suffisamment d’argent afin de faire vivre leur femme.

J’espere avoir pu apporter un peu plus de clarte dans votre questionnement!

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.


Sarom, le sourire d’une exploitee?

décembre 1, 2006

Sarom, le sourire d’une exploitée?

décembre 1st, 2006

Sarom travaille au restaurant voisin de mon hotel, a Phnom Penh. Chaque jour, je le vois, debout, toute souriante. Elle repond au moindre caprice des consommateurs. Deboucher les bieres, remplir les verres de glace, apporter la nourriture.

Comme le service est lent - la preparation des plats prend plus d’une demie-heure -, j’ai du temps pour symphatiser avec elle. Bien que la communication est ardue. Sarom parle peu anglais. Et mon cambodgien se limite aux salutations, excuses et remerciements.

Sarom a 18 ans. Elle est originaire d’une autre province, dont le nom m’est incomprehensible! Ses parents et son frere et sa soeur y habitent. Elle vit au-dessus du restaurant ou elle travaille. Je ne sais si son emploi l’occupe tous les jours de la semaine. Mais je la vois a son poste a tous les jours. Elle dit frequenter l’ecole small-small. Facon de dire qu’elle va a l’ecole, mais pas beaucoup! Je ne sais, en nombre d’heures ou de jours, ce que sa reponse signifie. Elle ne sort pas, ne danse pas.

Je ne sais si Sarom fait partie de ces jeunes trafiquees ou exploitees. Des scenarios de ce genre, il y en a bon nombre. Des enfants envoyes par leur parent pour travailler et ainsi faire vivre le reste de la famille, c’est chose courante au Cambodge. Des fois, on les envoient chez un parent car la famille ne peut supporter la charge de tant d’enfants. Contre nourriture et logis, l’enfant travaille pour le parent eloigne. S’il est chanceux, il tombe sur une bonne famille d’adoption. Le risque d’etre exploite est la. Car la famille remet entre les mains du parent l’autorite sur l’enfant. Dans d’autres cas, il peut s’agir de promesses de faire plus d’argent, soulevant l’espoir d’un avenir meilleur. Ces promesses ne sont pas toujours tenues, loin s’en faut. Parfois, le jeune consent de lui-meme a ce travail. Parce que, meme mal remunere, c’est deja mieux que ce qu’il gagne.

Au Camnbodge, 62% de la population vit avec ou moins de 2$ par jour, 36% avec 1$. On comprend que la decision est assez facile a prendre…

Sarom ne semble pas malheureuse, pourtant. Peut-etre accepte-elle son sort, peut-etre n’est-elle pas si mal, ou peut-etre a-t-elle un caractere hors du commun. Elle sourit constamment.

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.


Musee du crime genocidaire, 2eme partie

décembre 1, 2006

Musée du crime génocidaire, 2e partie

décembre 1st, 2006

De retour sur le fameux musee cambodgien qui m’a drolement secoue. Comme je l’ai mentionne dans la premiere partie, il s’agit d’une ancienne ecole. On y incarcerait les intellectuels du pays, qui representaient une menace a la revolution des Khmers rouges. Par intellectuel, il faut comprendre enseignants, diplomates, ingenieurs… ou toute personne sachant lire. Pour le revolution, elle devait passer par les paysans. Pol Pot voulait recommencer a zero un systeme ou l’economie ne passait que par la production de riz.

Dans la prison que j’ai visite, 15 000 intellectuels y ont sejourne. Aucun ne s’est echappe. Seule la fuite du regime de Pol Pot par le Vietnam a permis de recuperer 7 survivants. Je vous epargne les differentes methodes de torture utilisees. Cruel, abominable, bref l’etre humain dans ce qu’il a de plus laid. Si on peut appeler ca etre humain. Ces 15 000 personnes etaient torturees afin de leur soutirer le nom des gens qu’ils connaissaient, les membres de leurs familles. Quand les tortionnaires etaient satisfaits, ils envoyaient et le prisonnier et sa famille decouverte grace a ses aveux dans un camp pour les y assassiner. Pas avec des balles, jugees trop couteuses, mais a coup de bambous. On les enterraient ensuite dans des fosses communes, meme ceux qui n’etaient pas morts. Assez horrible.

Dans les salles de classes, utilisees comme cellules, on peut encore voir, pres de 30 ans plus tard, des flaques de sang seche. En 4 ans, le bilan du regime de Pol Pot s’etabli, selon ce qu’on peut lire sur les affiches du musee, a 3, 3 millions de morts ou disparus, pres de 150 000 invalides, 200 000 orphelins. Sans compter les ecoles et industries detruites. La guerre civile aura dure pres de 30 ans, pour se terminer a la fin du dernier siecle (1998). Un pays ne se remet pas du jour au lendemain d’une telle catastrophe. 3 generations qui n’ont pas recu d’education ( et qui doit eduquer les generations suivantes sans trop savoir comment s’y prendre), une economie complete a reconstruire.

Dans ce musee, il y a des salles remplies de photos de ces 15 000 prisonniers. Je ne sais combien il y en avait, des milliers assurement. Je les ai regardees une a une. Des gens qui ne savaient pas ce qui les attendaient. Le regard fier, courageux. Je n’y ai pas vraiment vu de peur. Ces gens sont pourtant alle a l’abattoir. Les tortionnaires ont meme installe des barbeles aux etages pour eviter toute tentative de suicide…

Les gens photographies n’etaient pas tres vieux. Il y avait meme des enfants. Devant chaque visage, je frissonnais. J’ai du sortir apres quelques salles, question de prendre un peu d’air. Je ne sais comment exprimer ce que j’ai ressenti. De l’impuissance, de l’incomprehension. Comment peut-on etre si sadique? Massacrer en masse des humains? Comment a-t-on pu laisser une telle chose se produire? Ces tortionnaires, qui passaient leurs journees a infliger les pires sevices a leurs prisonniers, comment faisaient-ils ensuite pour retrouver leur famille, leurs enfants, et oublier ce qu’ils avaient fait la journee durant?

Je n’ai pas visite de musee ou de charnier en Allemagne, concernant l’Holocauste. Je peux m’imaginer, encore plus aujourd’hui, l’horreur de ce carnage organise.

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution.


Cambodge: le musée du crime génocidaire

novembre 26, 2006

Cambodge: le musée du crime génocidaire 

Je suis allé au musée du crime génocidaire. Je l’aurai appelé Le musée de l’horreur Cambodgien. C’est barbare, inhumain… J’ai failli pleurer. Je suis tellement bouleversé que je ne réussi pas à mettre le doigt sur l’emotion - ou les emotions - qui m’envahissent. C’est completement tordu… 2 millions de morts en moins de 4 ans. Le musée est une ancienne école qui a servie de prison de torture sous Pol Pot entre 1974 et 1979. D’ailleurs, elle a ouvert ses portes le lendemain de mon premier anniversaire…

J’y reviendrai prochainement, le temps de faire le ménage dans toutes les émotions qui veulent remonter en moi.

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution.


Racoleuses ou prostituees, 2eme partie

novembre 25, 2006

Racoleuses ou prostituees, 2eme partie 

Je suis alle, a ma premiere soiree au Cambodge, prendre une biere avec un chauffeur de taxi de la place. Il m’a emmene dans un endroit qui ressemblait un peu a celui ou j’atais alle a Ho Chi Minh, au Vietnam.

Cette fois, les filles sont derriere le bar. Elles s’assoient devant les clients, discutent avec eux, les font boire. Elles sont payees au rendement, soit a ce que le client achete.

Cette fois, pas de matronne. Les filles sont plus independantes. Elles voguent d’un client a l’autre, echangent leur place entre elles. Elles sont toutes vetues d’un t-shirt Tiger , une marque de biere populaire en Asie. La tenue est completee d’une jupe qui n’est pas mini, de meme que des talons hauts.

Encore une fois, il y avait une petite jeunesse sans experience. Authentique, a la difference des autres serveuses. Mais pour combien de temps…

J’en discutais avec Normand, un cooperant pour Oxfam au Cambodge. Il m’a dit que ces jeunes filles, en y mettant le prix - 20$US- terminent la soiree avec le client. Il m’a egalement dit que la petite, rencontree au Vietnam dans des circonstances similaires, avait ete baptisee avant meme de commencer son travail au bar.

Il m’expliquait que ces filles ne se voient pas comme des prostituees. Elles ont trouve un moyen leur permettant de subvenir tant a leurs besoins qu’a ceux de leur famille. Ici, vu les possibilites d’emploi, c’est une facon de vivre qui vaut mieux - selon elles - que de passer sa journee a vendre n’importe quoi sur le bord de la rue pour 1$ la journee.

D’autant plus, m’explique Normand, que ces filles se cherchent surtout un mari. Un etranger de preference, qui pourrait assurer leur bien-etre et celui de leur famille.

J’ai vu la meme chose en Afrique. Ces gens, qui se levent a tous les jours dans le but de trouver assez de quoi manger et vivoter, voient l’amour comme une facon de se sortir de leur misere. Ici, malheureusement, l’amour est synonyme d’argent.

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.


Traite des humains: complexe et horrible

novembre 25, 2006

Traite des humains: complexe et horrible

Je commence a peine a decouvrir la problematique du trafic des etres humains. C’est beaucoup plus complexe que je ne m’y attendais. Et ce n’est pas parce que je pensais que c’etait simple… C’est tout dire.

Les gens trafiques n’ont pas de noms. On ne connait pas leur existence, la plupart du temps. ceux qui ont ete trafiques a des fins sexuelles ne veulent pas rentrer chez eux, une fois sortis du reseau. Ils sont ostracises par leur communaute, qui les rejette. Ceux exploites economiquement a l’exterieur de leur pays n’ont pas les moyens de revenir a la maison. Ils sont maintenus dans des endroits isoles, de sorte que personne ne sait qu’ils existent. Ils n’ont aucun droit. D’autres, des enfants, remplissent les rangs de ces jeunes qui mendient dans les endroits touristiques. On leur enseigne comment soutirer le plus d’argent. Ils apprennent a pleurer, s’habillent en loques. Pour remettre leurs gains a un patron qui n’a rien d’un mendiant.

Petit espoir, les pays de la region commencent a s’impliquer, a travailler ensemble. Mais ils commencent… Beaucoup de retard sur les trafiquants.

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.


Arrivée au Cambodge

novembre 25, 2006

Arrivée au Cambodge

Comme l’indique le titre, je viens d’arriver au Cambodge. J’y passerai plus de temps qu’au Vietnam. C’est qu’il m’y sera plus facile d’aller sur le terrain, rencontrer des victimes de la traite qu’on reinsere dans la communaute. Ou voir le travail de prevention fait au sein des collectivites.

Au Vietnam, le gouvernement est omnipresent. Il est le plus grand partenaire des ONG qui travaillent dans le trafic des etres humains. Encore heureux qu’il s’interresse a cette problematique. Mais il n’aime pas qu’on en discute. Les journalistes ne sont pas independants.

Lors de ma premiere rencontre avec le directeur d’Oxfam Quebec, M. Leonard Buckles, j’ai tout de suite ete avise qu’aussitot que j’ai mis le bout du gros orteil dans les bureaux de l’organisme, le gouvernement etait au courant. Ca m’a stresse. Probablement mon manque d’experience en ce domaine. Au Congo, j’ai ete dans la brousse ou des militaires m’ont ejecte du bus dans lequel je me trouvais. On m’a menace de me jeter en prison. J’etais entoure de maquisards, l’AK-47 a la main. A la Sierra leone, c’etait des anciens soldats devenus gangsters. Ca ne me derangeait pas. Peut-etre est-ce un milieu dans lequel je me sens plus a l’aise. C’est qu’avec ces gens, je suis en mesure de discuter, de trouver un terrain d’entente. Mais un gouvernement, c’est autre chose. Il n’y a pas a discuter.

Je ne voulais pas non plus causer des problemes a mes partenaires. C’est pourquoi j’ai decide de bouger plus rapidement vers le Cambodge.

Details a suivre!

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.


Petite histoire de train au Viet-Nam

novembre 22, 2006

Petite histoire de train au Viet-Nam

Je suis dans une cabine de train qui n’a que des couchettes, pas de sieges. En compagnie d’une vietnamienne, Phung, qui ne parle aucun mot d’anglais. On en riait, tout a l’heure. On ne se comprend pas vraiment. Mais on essaie. Elle a 52 ans, mais en parait 10 de moins. Avec des gestes, elle m’apprend que ses parents sont decedes sous les bombes americaines. Elle, de 1969 a 1972, elle a casse du GI. On ne le dirait pas, a la voir. Elle dit en avoir tue 200! Je ne sais trop comment on fait pour compter le nombre de fois qu’on donne la mort, dans une guerre. Mais je sais qu’elle croit en avoir tue 200. Dire que j’ai devant moi une personne qui semble tout a fait normale!!!

Conclusons maintenant… Pour ceux que ca interresse, le Vietnam est drolement pas dangereux. Je m’y sens en totale securite. Le probleme, c’est de se faire comprendre. Avis aux voyageurs a la recherche d’une destination economique, des paysages fabuleux et des tours bien structures. Une destination de reve! Et je pese mes mots. pour une fois que je peux vous suggerer un pays ou je vais…

ps: finalement, ma ride de train a dure 35 hres… Soit 4 de plus qu’il m’en a fallu pour me rendre de Montreal a Ho Chi Minh!!!

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution.


Mariage fast-food au Viet-nam

novembre 22, 2006

Mariage fast-food au Viet-nam

Je voulais sentir l’endroit, pensant faire un tour de boat le long des iles, question de saisir un peu mieux les conditions de vie de ces gens qui expliqueraient l’existence de ces trafics. Grosse deception. J’avais demande a la compagnie qui fait la visite d’eviter le circuit touristique - c’est pour ca que j’y allais seul et que j’acceptais que ca me coute un bras… - mais peine perdue. Avec le temps, j’ai appris qu’ici, les gens comprennent bien ce qu’ils veulent. Ils vous disent oui-oui, mais font a leur tete! C’est deja ca de compris…  Tous les endroits ou nous nous sommes arretes etaient touristiques. Y avoir ete dans cette optique, j’aurais peut-etre apprecie. Tres bel endroit, surtout la pirogue dans les petits canaux, sous la pluie diluvienne, mais c’etait pas mon but!

ca m’a cependant permis de pousser un peu ma reflexion, de comprendre un peu plus leur facon de voir le trafic… ou de ne pas le voir! Je ne sais encore qui a raison, cependant. je vous raconte. La premiere ile, l’ile de la Tortue, offrait, sitot le gros orteil depose sur la terre ferme, des produits juste pour le bon touriste qui s’emerveille devant des produits artisanaux, de la bouffe faite avec du miel… Je saute les details - bien que certains soient un tantinet comiques! - pour aller droit au but. Encore que pour moi, aller droit au but, je sais, c’est long!!! Donc, pendant que je degustais des fruits locaux (ananas, papaye et 2 autres dont j’ai oublie le nom, probablement pcq c’etait la premiere fois que j’en mangeais), vient un petit groupe pour interpreter en l’honneur du touriste que je suis un petit pestacle de musique traditionnelle. Je me sentais comme dans ces films, ou le groupe de mexicains jouent aux cotes de la table, pour le bonheur d’un couple. sauf que je suis avec mon guide!!! L’une des musiciennes, Qanh, etait d’une beaute… (j’ai pas les mots pour la decrire, je vous enverrai sa photo dans les prochains jours). Du haut de ses 21 ans, toute gracieuse avec son archet, son sourire reserve, elle etait ravissante. Tout droit sortie d’un film de James Bond, bien qu’une pure asiatique, elle!!! Mon guide me demande si je l’aime… Je lui repond que je la trouve tres belle, mais que je ne la connais pas. Essayez d’expliquer la difference entre attirance et amour a un guide qui parle correctement l’anglais sans plus, et qui de surcroit comprend ce qu’il veut bien comprendre… Peine perdue! Mon guide m’a aussitot suggere de la marier! Merde, je la vois pour la premiere fois, et lui me parle de mariage. Il me lache pas avec ca. “Tu pourrais l’emmener au Canada” Ben oui, c’est ca. Sans m’en aviser, il dit au patron de Qanh de la faire venir… Son groupe se donne devant un tas de touristes, et elle quitte pour venir me parler. J’ai envie de me sauver. Je suis aussi genee qu’elle - non, quand meme pas… Je ne sais quoi lui dire, elle encore moins. Je suis mal a l’aise, car je sais trop bien qu’elle est venue non pas par envie, mais par obligation: son boss le lui a dit. Maudit touriste qui controle tout… Je suis ce que je deteste le plus des touristes… On a finalement discute. 5 minutes. J’imagine que mon guide lui a dit que je voulais la marier. J’en mettrais ma main au feu. Il n’a pas arrete de me parler d’elle, que j’etais en amour avec elle. Pour lui, c’est normal. Ca fait pourtant partie de ce qu’on appelle la traite des etres humains.

J’aurais pu forcer la choses. La marier, la ramener. Normal pour mon guide, normal probablement pour les parents de qanh. Qanh aurait une vie meilleure, pense mon guide, sa famille aurait recu de l’argent une fois leur fille installee, ils seraient probablement venus par la suite. Qanh n’aurait pas eu un mot a dire. Peut-etre le voudrait-elle, peut-etre pas. Je ne pense pas que son opinion est importante, de toute facons. Elle aurait dit oui, parce que ses parents lui auraient dit que c’est la bonne chose a faire… Mon point n’est pas la, cependant. Il est dans cette mentalite qui trouve normal qu’un fille de la place se marie avec un etranger, peu importe qu’elle ne le connaisse pas, pour aller vivre dans un autre pays.

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.


La circulation à Ho Chi Minh-City

novembre 22, 2006

La circulation à Ho Chi Minh-City

J’ai compose ce message alors que je me trouvais dans le train qui m’emmene d’Ho Chi Minh-City (Saigon avant, mais suite a la defaite des Americains en 1975, le gouvernement communiste en a change le nom, bien que les adultes ici ont conserve saigon… voila pour l’Histoire!) a Hanoi, au Nord. J’en ai pour 29 hres! Beaucoup de temps a meubler pour l’ecrivain en herbe que je suis…

Que dire d’HCM-City, ou j’ai passe 6 jours… Premier constat qui saute aux yeux: y’a du trafic. 2eme: Pas evident pour les pietons… La ville s’etend a n’en plus finir, et ses rues sont toutes bondees de scooters, du matin au soir. Quelques feux de circulation aux arteres principales, respectes uniquement aux heures de pointe. C’est fou, fou, fou! Ca va dans toutes les directions, comme un ballet qui n’en a justement pas, de direction. Un pur delire de liberte. Le plus beau, c’est que ca fonctionne. Pas d’accrochages, de prises de becs, encore moins de rage au volant - faudrait peut-etre penser y envoyer nos enrages sur 4 roues… A cote d’HCM-City, ce que j’ai vu aux Philippines - excepte les embouteillages monstres de Manille - c’est de la petite biere.

Je sais… C’est banal disserter sur la circulation. mais je trouve que ca symbolise bien l’esprit des gens (du moins ce que j’ai percu apres 6 jours, ca va de soi!). Chacun fait a sa tete, s’attend a etre coupe et a couper l’autre. Rien de personnel, ils n’ont pas un fond bien mechant. Un genre d’individualisme collectif! Autre exemple - sautez de paragraphe si vous etes las de me lire a propos de la conduite routiere - signifiactif: ici, les gros mangent les petits sans que ca ne derange qui que ce soit. Le scooter klakonne pour que les velos et les pietons se poussent, les voitures font de meme avec les scooters, viennent ensuite les camions et les bus. Et chaque fois, le petit cede le passage sans rouspeter. C’est juste normal, ici.

Parlant de pieton - moi en l’occurence -, c’est pas evident. Sur les trottoirs, aux abords des commerces, on retrouve des etals de toutes sortes. Ca prend de la place. C’est aussi la qu’on gare les scooters. Et c’est aussi la que les scooters circulent, peu importe dans quel sens, pour se rendre aux commerces ou comme chemin le plus court! De sorte que je me retrouve tantot sur le trottoir, tantot dans la rue. Je me fais klaxonner sur le trottoir, sur la rue!!! Shit, t’es personne ici si t’es a pied!

http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

Autres textes sur la prostitution.