Panne d’inspiration

janvier 24, 2008
Panne d’inspiration

Le titre est révélateur! Il explique pourquoi je n’ai aps écrit depuis des jours, depuis que j’ai dit que j’étais déconnecté!!!

J’imagine que je suis achalant avec ce sujet – déconnecté – mais c’est ma réalité pour le moment. Difficile donc d’écrire sur quoi que ce soit sans que mes états d’âme ne fassent surface. 

Je vous donne un petit exemple, vous allez comprendre. Mon boss, Raymond Viger, m’a refilé le fameux dossier sur le service unilingue anglais publié dans le Journal de Montréal. À le lire, à voir les réactions d’un peu tout le monde (y compris certains politiciens), je me suis revu en République démocratique du Congo. Des médias qui attisent la méfiance des uns envers les autres, qui alimentent cette méfiance avec pour résultat que chacun crache ses frustrations sur un groupe minoritaire. On ne se reconnaît plus chez soi… À quand une lapidation ou une immolation publique d’un méchant qui n’a pas la même culture que nous, qui ne se prosterne pas devant la suprématie du français???

C’est drôle de voir comment les gens réagissent. Martineau, de même que les psys cités par le Journal de Montréal, nous assènent leur vérité: c’est parce que les francophones n’ont pas de colonne vertébrale, ils s’abaissent devant les autres…

Moi je n’ai jamais eu de problème à parler anglais â un unilingue anglophone. Même dans ma ville d’origine, Sherbrooke. Ça me fait toujours plaisir. jamais je ne me suis senti dévalorisé, que je me sentais applati devant l’anglophone. Pourquoi? Parce qu’à chaque fois, je me rend compte de ma chance de parler deux langues. Je me sens bien plus riche que mon interlocuteur. Et bien plus ouvert. Vois, je suis chez moi, dans une province francophone, et comme je suis fort à l’aise avec ma langue, que je l’aime, je suis capable de communiquer avec toi en anglais sans peur d’être assimilé. C’est moi qui suis en confiance dans cet échange. Et sans moi, il n’y aurait tout simplement pas de conversation. Alors, je me prosterne devant l’anglais? Que nenni! Je lui montre ma grandeur, mon amabilité!

Mais que veut-on, au juste? Trouver une autre raison de chialer? Veut-on intégrer le plus possible d’anglophones et d’immigrants et les diriger vers le français? Si tel est le cas, il faut penser à notre manière de réagir. S’emporter parce qu’on a pas de service en français, rugir contre les anglophones, ça donne quoi? Personnellement, dans toutes mes expériences de vie, chaque fois que j’ai gueulé contre quelqu’un ou que j’ai été l’objet de tels commentaires, la réaction a toujours été la même: la défensive. Je me sens attaqué, je ne réfléchis pas mais je répond. Soit je gueule à mon tour, soit je me dis que l’autre est un con. J’oublie alors son propos: c’est un parfait imbécile!

Cependant, en me montrant de commerce agréable, je pense avoir plus de chance de charmer mon anglophone. Plutôt que penser que les francophones sont des fous, il se rend compte que finalement, je suis bien aimable. Si d’autres agissent comme moi, l’anglophone va voir les francophones autrement. Ce faisant, il y a plus de chances qu’il s’ouvre à notre culture, notre langue. Il sera plus intéressé à tisser des liens avec des francophones. Et à partir de là, peut-être même qu’à notre contact, il se mettra à parler plus français.

Par contre, si vous voulez vendre des journaux, ou si vous voulez gagner des élections, il est préférable d’attiser la haine, de diviser la population. Chacun sa personnalité!  


Le baroudeur range son sac-à-dos: sabbatique des voyages annoncées

janvier 15, 2008
Le baroudeur range son sac-à-dos: sabbatique des voyages annoncées 

Ça fait cliché ou eau de rose. Ça sonne comme un mauvais roman: je me sens comme un étranger chez moi… C’est que, depuis 4 ans, j’ai trimballé mon pack-sac à quelques reprises. Oh, pas 4 ans durant, remarquez.

 Maintenant, je suis de retour pour un bon moment. Je prends une sabattique indéterminée des voyages. Je vois la vie d’une drôle de manière. Je suis tellement sur une autre planète que je regarde les gens, même mes proches, comme si je me trouvais parmi une autre culture que la mienne. Pas toujours mais bon, vous voyez le topo.

 J’ai envie de savourer ce moment. Réapprendre à vivre chez moi! M’enraciner. Mais voilà. J’ai cet article à terminer – sur l’Afghanistan – qui m’angoisse. À vrai dire, tous mes articles qui portent sur l’international ont été douloureux à pondre. Sans exception. Peur de ne pas avoir saisi un peu d’une culture étrangère, peur de ne pas bien l’avoir rendue à l’écrit, peur d’être passé à côté du sujet, peur d’avoir mal transmis mes connaissances. Bref, je me mets une tonne de pression quand vient le temps de composer. Évidemment, je ne suis jamais pleinement satisfait. Comment rendre avec justesse – et justice! -, en quelques milliers de mots, mes liens avec ces autres cultures, mon regard, mes rencontres. Comment concilier la culture d’un pays et le sujet choisi? Alors j’angoisse devant cette tâche que JE considère titanesque. Pour la petite histoire, j’ai décidé, afin de répondre à mon besoin en ce sens, d’écrire un livre sur mes expériences délurées de voyage. J’ai en tête, et au coeur, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Vietnam, le Cambodge, Haïti, l’Afghanistan, les Phlippines, le Nicaragua et un peu de l’Europe. Se mêlent à ces pays les enfants soldats, le trafic sexuel, la guerre, la criminalité, l’insécurité sous toutes ses formes (santé, éducation, environnement, économie,..), la reconstruction d’un État. À cela se rajoutent des rencontres hors de l’ordinaire, des aventures dignes de films d’action! C’est ça, mes 4 dernières années.

J’ai vu, assez pour ne plus les apercevoir, des femmes à genoux, la main tendue vers le haut, espérant recevoir l’aumône. Jour après jour, semaine après semaine. Elles y resteront toute leur vie, si ça se trouve. Des enfants utilisés comme du vulgaire bétail à transporter des charges qu’un adulte comme moi ne parviendrai pas à soulever. Des gens qui, à longueur de vie, traîneront dans le coeur cette angoisse ancrée à jamais: vais-je pouvoir manger aujourd’hui? Mes enfants auront-ils de quoi se nourrir?

C’est ce genre de vie que j’ai côtoyée, ces dernières années. Alors pour moi, les problèmes de circulation, de grèves, les accrocs au boulot, ça me passe 10 pieds par dessus la tête. Je ne reproche en rien les gens qui en discutent, qui vivent ces problèmes. C’est là leur réalité. C’est juste moi qui cloche. Je suis encore ailleurs, voilà tout. Un étranger parmi les siens.

Pour m’enraciner, je me suis trouvé quelques moyens. Mon blogue, par exemple. Je n’y écris plus depuis belle lurette. Je vais m’y remettre. En espérant être en mesure, avant longtemps, de susciter un intérêt parmi les miens!

D’ailleurs, pour ceux qui, comme moi, se sont déjà sentis déconnectés… N’hésitez pas à me donner vos trucs! sait-on jamais, ça pourrait m’aider!

Sur ce, à demain… j’espère!


Afghanistan, 11e journée

novembre 23, 2007

Afghanistan, 11e journée

C’est plaisant d’avoir des nouvelles! Tu sais, je pensais moi aussi qu’il ferait chaud! En fait, de jour, avec le soleil – il fait toujours beau!. Ça tourne autour des 17 – 18 degrés, je dirais. Mais la nuit… Je viens d’ailleurs de passer ma premiere bonne nuit de sommeil!!!
 
Ce soir, il y a une réception donnée par l’ambassadeur du Canada au profit des canadiens. Je vais faire honneur au Journal de la Rue en étant vêtu comme un travailleur de rue!!! Ils veulent une tenue genre business suit!!! Penses-tu vraiment que j’en ai avec moi? Ahahah!!! À la place, ils vont avoir un gars aux runnings shoes sales de sables, avec la semelle décollée! C’est pas grave, ça me rappelle le Congo! À première vue, les ministres, sénateurs et généraux n’aimaient pas mon allure. Mais après 5 minutes, ils ne la voyaient plus! On aime ça, n’est-ce pas, briser les préjugés des gens!!! D’ailleurs, je me sens comme au Congo: comme si toutes les opportunités sont possibles! 
 
Bon, je ne crois pas avoir autre chose à dire…  Une bien bonne journée et merci encore de ton soutien!!!
 
Bonjour à tout le monde,
 
Dominic.


Afghanistan, 10e journée

novembre 22, 2007

Afghanistan, 10e journée

Salut Raymond!
 
Je dois changer d’hôtel. Le guesthouse ou je suis me rend malade et pas mal fatigué en raison du froid! Je viens de perdre 2 jours en raison de la fatigue…
 
Ici, il y a deux categories d’hôtels, les cheaps et les dispendieux!!! J’ai trouvé une chambre dans un bon hôtel. Normalement, c’est 100$ la nuit mais ils ont un tarif pour les gens d’affaires à 75$ la nuit. Je compte y passer quelques nuits avant d’aller en province. Malheureusement, l’hôtel n’accepte pas les cartes de crédit… Ils ont cependant un guichet, “out of order” en ce moment. Je ne sais s’il va fonctionner avec ma carte bancaire. Mais bon, 75$ par jour, pour encore 4 ou 5 jours, plus les jours entre mes passages au nord et vers le sud, je comprends que ça va couter plus cher que prévu! Pour le moment, je prends la chambre. S’il le faut, je changerai rapidement. 
 
Kaboul est très sécuritaire, si ce n’est le trafic qui est hyper chaotique. Je me suis d’ailleurs fait rentrer dedans hier par un 4X4!!! Inquiète-toi surtout pas, ce fut juste drôle. Et cet incident, sans conséquence, me rend encore plus prudent. 
 
Je vais bientôt quitter pour le nord, là ou c’est très tranquille. Je veux démontrer les conditions de vie des gens, le temps que ça prend à changer la mentalité de gens qui ont vécu de la guerre depuis 30 ans… Ensuite, je compte me rendre au sud, ou c’est la guerre contre les talibans. Je suis en contact avec un général afghan – je ne l’ai pas encore rencontré, mais il m’a invité chez lui à passer une soirée pour le rencontrer. Je veux me rendre à Kandahar avec les troupes afghanes, plutôt que de suivre nos Canadiens.
 
Sérieusement, de la façon dont je vois mon sujet, personne au Québec, si ce n’est au Canada, n’aura donné une telle compréhension des défis gigantesques qui attendent l’Afghanistan. Je vois beaucoup de parallèles entre changer les mentalités ici afin de reconstruire le pays et changer les mentalités chez nous.

Aujourd’hui, c’est comme si tous mes sujets, tant à l’international qu’au Québec, forment un tout et m’apportent une compréhension qui fait que je comprends déjà pas mal tous les enjeux ici. C’est fou comme tout m’est facile, subitement. 
 
Jj’ai un feehling incroyable sur mon séjour ici. Et ce feehling, c’est plus par rapport à mon retour, aux suite à développer au Québec.
 
Jje compte également trouver un contact qui pourrait m’ouvrir les portes des talibans. L’idée, c’est de comprendre tout le contexte du pays. The big picture! T’inquiète surtout pas, j’ai pas d’intention suicidaire! Si je ne trouve pas de contact sérieux qui puisse m’y intégrer, je vais laisser tomber. Mais je sais que je vais en trouver un. Je cherche un journaliste d’Al-Jazeera, qui serait plus proche d’eux!  
 
J’espère que tout va bien de votre côté,
 
Dominic


Kaboul, 48 heures

novembre 18, 2007

 Kaboul, 48 heures 

Voilà deux jours que je suis arrivé à Kaboul. 48 heures pour connaître une ville, c’est bien peu. Aussi faut-il lire ce qui suit avec à l’esprit, qu’il ne s’agit que d’impressions.

D’abord, sitôt sorti de l’aéroport, je me suis trouvé un taxi afin de me rendre à l’ambassade du Canada pour m’y enregistrer. C’est l’une des rares conditions imposées par l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) qui finance la moitié de mon voyage.

Sur le chemin, des images déjà vues: omniprésence des policiers et des militaires, Kalashnikovs à la main. Sur la route, de vieilles voitures bataillent pour se frayer un chemin. Ici, c’est chacun pour soi. Il n’y a aucun feux de circulation. Probablement qu’un policier à une intersection coûte moins cher qu’un feu de circulation. Faut aussi dire que l’électricité, dans plusieurs endroits, n’est pas fournie. Du moins, pas à longueur de journée. Il y a peu de véhicules mais on avance au ralenti. À kaboul, on tourne à trois voitures de large sur une rue qui n’en comprend qu’une seule!

À l’ambassade, j’ai rencontré un réalisateur de Radio-Canada, un certain Morissette. Je ne le connaîs pas et c’est réciproque! Si je suis à ma première visite en Afghanistan, lui y est venu à plusieurs reprises. Je lui ai demandé conseil afin de dénicher un hôtel. Son équipe et lui logent dans un “guesthouse” à 60$ par jour. Un prix qui me conviendrait drôlement bien. Malheureusement, m’apprend-il, l’endroit est complet. Et je risque de ne rien trouver en bas de 100$ par nuit, selon lui.

Avec mon chauffeur de taxi, qui m’a attendu le temps de ma visite à l’ambassade, je me suis rendu dans le quartier ou sont concentrés la plupart des hôtels. Le premier que l’on voit est un “guesthouse” qui ressemble à tout bon motel qui sillonne nos petites municipalités. Le proprio, Amid, me sert le thé et m’invite à visiter. Sa famille habite Toronto, m’explique t-il avec joie quand je lui apprend d’ou je viens. Du coup, il me sert dans ses bras! Il demande 40$ par jour pour une chambre qui a l’électricité 3-4 heures par jour – le soir-. Puis, il me suggere d’aller visiter son deuxième “guesthouse”, beaucoup plus convenable selon ses dires car l’électricité fonctionne à longueur de journée, de même que l’eau chaude. Il m’offre la chambre au même prix.

La chambre est spacieuse, mais rudimentaire. Je dors sur un lit de camp de bois recouvert d’un matelas de sol. Mon dos raffole… J’ai un poêle au gaz pour la réchauffer le soir. De jour, avec le soleil, il fait plutôt bon. Je sors avec un chandail de laine et je suis bien. Mais quand le soleil se couche, le petit frisson en moi se lève! Au petit matin, j’ai beau avoir l’eau bouillante pour me doucher, je grelotte en raison du froid ambient. Je cours me rechauffer sous mes couvertures dont l’une ressemble à une peau d’ours! Je ne vais pas me plaindre. J’imagine que ces conditions sont bien meilleures que celles de la plupart des habitants de Kaboul.

Le lendemain de mon arrivée, Omit, le manager du “guesthouse”, devait me promener avec sa voiture pour faire le tour de la ville et m’aider à me procurer certains biens, notamment un cellulaire. Il s’est désisté à la dernière minute. J’y suis allé seul. Mon premier bain de foule en sol afghan. Je venais à peine de sortir de l’hôtel que je croise un 4X4 immobilisé, le long de la route. À l’intérieur, deux afghans dégustent un kebab – de l’agneau épicé sur un pain qui ressemble à une croute mince de pizza. Je les salue. En guise de réponse, ils m’invitent à partager leur repas.

Je continue ma marche. Je salue plusieurs personnes. Tous me gratifient d’un sourire et retournent mon salut. De tous les pays que j’ai fait, jamais je n’ai rencontré de gens aussi faciles d’approche. Moi, si peu porté vers le contact physique avec les gens, on me sert une fameuse thérapie. En plus des poignées de mains, il y a les bras sur l’épaule, les serrements dans les bras. Si la ville est terne, avec ses édifices grisâtres et vieillots, le léger brouillard formé par le sable que soulève le vent, les gens sont à l’opposé. Le charme de Kaboul, c’est eux!

À l’approche du centre-ville, les boutiques se multiplient. Petits restaurants, épiceries (des dépanneurs pour nous), tapis, antiquités, marchands de fleurs. Il y a de l’activité. Mais pas de clients. On me salue sans faire aucune pression pour que j’achête. Au coin d’une rue, un homme fait cuire de la viande sur de la braise. Je m’y arrête pour en acheter. Peu après, deux jeunes femmes suivent. Vêtues de noir et d’or, maquillées, à ma grande surprise, leurs cheveux sont en liberté. Elles ne portent pas de foulard. Jusqu’à ce qu’elles m’apercoivent. Gênées, elles me tournent le dos pour en mettre un. Je sais qu’en Afghanistan, le contact entre hommes et femmes peut être problématique. C’est bien la première fois que je me trouve si près d’une femme depuis mon arrivée. À part quelques gamines qui quêtent sur la rue, quelques écolières se rendant à l’école, je réalise à ce moment que les femmes sont invisibles de la vie urbaine.

Je n’ai pas tenté d’engager la conversation avec elles. Je me suis même forcé à ne pas les regarder! J’en ai discuté au retour avec Fawad, un jeune homme de 20 ans qui travaille au “guesthouse”. Fawad a quatre soeurs. Deux sont mariées – des mariages arrangés – et deux autres vont à l’école. Ses soeurs portent toutes le voile. Il était surpris d’apprendre que j’avais rencontré des femmes au visages découverts.

J’ai un peu questionné Fawad sur le sort réservé aux femmes, dans son pays. Il m’a avoué qu’il n’aimerait pas en être une. Quoique sa condition de jeune homme en Afghanistan ne lui plaît pas plus d’ailleurs. Il va rester célibataire jusqu’à son marriage – arrangé pour lui aussi. Ce n’est pas nécessairement le cas pour tous, mais c’est ainsi dans sa famille. Fawad a peu de moments de réjouissance, bien qu’il ait le sourire facile. Il travaille au “guesthouse” sept jours sur sept. Il y dort deux nuits sur trois. Il n’a donc que deux à trois soirées pour voir sa famille ou ses amis par semaine. Je lui ai demandé ou il prenait son plaisir, dans la vie. C’est en échangeant avec les membres de sa famille, dans un parc pour un pique-nique, qu’il est heureux. “Mais ça n’arrive jamais car je travaille toujours”, m’explique-t-il.

Omit, qui travaille dans le premier “guesthouse” de M. Amid, a un peu plus de chance. Fils d’un militaire qui travaille au ministère de la Défense, il vient d’un milieu aisé. En prenant un café avec ses amis, dont son cousin Chawaid, j’ai pu comprendre que la jeune génération, du moins celle de Kaboul, ne partage pas les mêmes valeurs que leurs aînés, plus conservateurs. “On est prisonniers dans notre tête. On ne peut pas parler aux filles, on ne peut pas boire, s’amuser, avoir les cheveux longs. C’est pourquoi on a l’air plus vieux que toi!”, me dit Chawaid lorsqu’il apprend que j’ai 12 ans de plus qu’eux. Ces jeunes ne veulent rien savoir de la guerre, de la religion. Ils veulent un peu de liberté pour s’amuser.


Afghanistan, 6e journée

novembre 18, 2007

Afghanistan, 6e journée 

Bonjour tout le monde! Je vous joints un long texte. Sans accents!!! J’ai le choix soit d’écrire en “farsi” ou sur un clavier “english”. Je suis incapable de mettre le clavier sur français canada.
 
Pour le blogue, je remercie à l’avance Gabriel qui devra rajouter les accents manquants! T’en fait pas, un jour quelqu’un le fera pour toi, mon cher!!!
 
Tout va bien pour le moment. J’ai un plaisir fou à parler à un tas de gens, dont un garde de sécurite du président Karzai lui-même! C’est d’ailleurs lui – le garde, pas Karzai! – qui a payé l’addition! Que voulez-vous, quand on est hot…!!!
 
Grosse victoire du Canadien hier! On dirait que je rate toujours les gros matchs contre Boston (comme la série en 2004, alors que j’étais au Congo…)! Dites-leurs juste de m’en garder quelques unes comme ça! Et prions pour qu’ils ne me fassent pas le même coup que l’an passé, c’est-à-dire être très bons pendant mon absence et minable à mon retour…
 
En passant, j’ai 9h30 d’avance sur vous!
 
Bonne fin d’après-midi donc (il est 15h55 ici).

Dominic.

NDLR: Nous avons reçu un message de Serge Savard. Il est très content d’avoir enfin trouvé la recette gagnante pour le Canadien. Puisqu’ils sont bons pendant ton absence, il veux te financer 4 ou 5 voyages d’ici la fin des éliminatoires.


Arrivée à Kaboul

novembre 15, 2007

Arrivée à Kaboul. 15 novembre 2007.

Juste un petit mot pour vous dire que je suis bien rendu à Kaboul. Ça été long mais c’est franchement cool, ici. Je sens que je vais m’y plaire. Je vais vous réécrire plus tard dans la journée. Je dois faire quelques commissions comme changer de l’argent à la banque, me procurer un cellulaire…
 
Question de vous rassurer, Kaboul est vraiment “safe”. Pas mal plus que Haiti et la République Dominicaine du Congo. Et vous savez que je n’ai pas vraiment eu de problème dans ces pays. Ici, les gens sont vraiment, mais alors là, vraiment sympathiques. Ça a commencé à Dubai, quand j’attendais l’avion… Tout le monde vient me parler!!!
 
Je vous en dit un peu plus soit dans quelques heures, soit demain.
 
Pour le temps que je suis à Kaboul, sérieux, faut pas s’en faire.
 
Dominic


Trouve-toi une copine

mai 18, 2007

Trouve-toi une copine 

J’ai peu apporté de linge pour mon séjour. La chaleur et la poussière ont nuit à ma garde-robe. Un petit saut à l’épicerie pour y acheter des barres de savon à linge et hop, je suis propre pour une les jours qui vont suivre.

Alors que je me mets à l’ouvrage, les gardiens de sécurité du guesthouse où je suis hébergé me regardent incrédules. C’est le travil de la femme, qu’ils me disent avec dédain. Le sourire aux lèvres, je poursuis la besogne. Ils m’entourent pour mieux me regarder faire. T’as pas de copine pour laver ton linge? qu’on me demande.

Au moment de rinser mes vêtements dans le sceau, Raymond Pierre, l’un des gardiens, prend ma place. Attends, je vais te montrer comment on fait! En deux temps trois mouvements, le voilà à enlever le savon de mes pantalons, les tords. Technique parfaite! Il vient même m’aider à les suspendre sur la corde à linge.

M’est avis que sa copine l’a bien dressé!


On s’inquiète pour moi?

mai 18, 2007

On s’inquiète pour moi? 

Un petit mot pour rassurer tout le monde. Je vais bien. Tres bien meme (hormis les accents que je ne trouve pas sur le clavier…)!

J’ai pris le bus, a la haitienne, de Saint-Marc a Port-au-Prince en fin d’avant-midi.

Fourbu, presque pret au dodo – il n’est que 19h mais j’ai peu dormi en raison de la chaleur chez les soeurs! -, je suis venu voir mes courriels. Merde, voila que mon boss me dit qu’on est a ma recherche! M. Seminario, qui s’occupe du projet dans la communaute de Marmelade, n’a pris aucune chance en lisant mon message lui signifiant que je n’allais pas le voir vendredi. Comme je lui ai dit que j’avais ete victime d’intimidation sur le chemin de Petite-Riviere, et que je devais repasser par cet endroit 24 heures plus tard si je voulais me rendre le voir, j’ai prefere laisser tomber. Inquiet, il a telephone a l’ambassade du canada en haiti et au responsable del’ACDI egalement! Ils ont lu mon blogue (voir Intimidation en haiti) et se sont inquietes pour moi!

Comme c’est de l’histoire ancienne pour moi, que j’etais bien a l’aise lorsque je l’ai ecrit sur mon blogue, je n’ai pas pense a la reaction des gens… Dire que j’etais surpris il y a 15 minutes en lisant le message de Raymond est assez juste!

J’en ai pris bonne note, remarquez. Demain, j’ai rendez-vous a Petion-Ville en matinee. Je me promets une petite visite a l’ambassade en apres-midi et si M. L’Heureux, directeur du developpemt local pour l’ACDI en Haiti est disponible, j’irai lui rendre une petite visite!


Course folle en Haïti, 2e partie

mai 17, 2007

Course folle en Haïti, 2e partie 

Voilà déjà que je change mon plan de match. J’ai décidé de ne pas aller à Marmelade vendredi (voir texte Intimidation en haïti). Je rentre à Port-au-Prince. J’irai, à la place, voir le directeur de Développement International Desjardins à Pétion-Ville, pas très loin de la capitale.

J’ai pris cette décision à Petite Rivière. Je reviens en motocross avec Asner, le fondateur d’une ONG en prévention contre la domesticité, mieux connu sous le terme de Restavec. Petite parenthèse sur cette problématique… En Haïti, des familles pauvres donnent leur enfants – principalement les filles – à des familles plus fortunées pour qu’elles servent de domestiques. Ce faisant, ces enfants ne sont plus un fardeau pour la famille. Ils auront à manger et pourront même aller à l’école. On retrouve des problèmes d’exploitation, d’abus physiques et sexuels chez ces enfants qui, selon Asner, ont une vie encore plus misérable dans leur foyer d’adoption…

Fin de la parenthèse. Asner, donc, me reconduit à Saint-Marc pour que j’y prenne ensuite un bus en direction de la capitale. Sur le chemin du retour, je ne peux apprécier la balade. Je suis pourtant dans un pays magnifique, que je contemple pour la première fois. Rien à faire. Comme j’ai changé mes plans, je suis à me démener avec mon stress pour savoir comment diable je vais virer mon capot. Je remplace Marmelade par quoi?

Je ne sais trop si j’aurai la chance de revenir en Haïti et je m’interroge quant à mon travail… Pourtant, je sais que j’ai pris la bonne décision. J’aime mieux ne pas prendre la chance qu’il arrive quelqu’ennui avec les jeunes de carrefour Paye.

Calé contre mon sac à dos attaché serré à l’arrière de la moto, les pieds qui glissent constamment de mes supports, tentant de garder mon équilibre, je savoure enfin le moment. On verra bien de quoi demain sera fait.


Intimidation en Haïti

mai 17, 2007

Intimidation en Haïti 

Je me rendais de Saint-Marc à Petite Rivière, dans l’Artibonite. J’ai pas les moyens de m’offrir les services d’un chauffeur, comme la plupart des occidentaux présents en Haïti. Alors j’ai fait comme les gens de la place: j’ai pris le tap-tap, une camionnette où l’on s’entasse à 20 dans la boîte arrière.

Le départ est à Carrefour Paye. Il y a 3 personnes dans le véhicule. Tant qu’il n’est pas rempli, on attend. Ça pris 45 minutes avant qu’on décolle. Les plus longs 3/4 d’heures de ma vie. Il y avait plusieurs jeunes ados et adultes. l’air de petits durs ou de vrais costauds. Pas de menaces. Pas d’armes. Juste un regard chargé de haine, de violence. J’essayais de regarder ailleurs. Difficile à faire quand ils se relaient à tour de rôle pour venir me humer. Ils sa vent bien que je ne peux faire abstraction de leur présence. Alors je les regardais, même quand ils étaient plus loin, sans trop soutenir leur regard, toutefois.

J’étais seul, évidemment. Personne ne parlait vraiment le français. Je n’arrivais pas à leur répondre. Et je ne pouvais pas comprendre ce qu’ils me disaient ou ce qu’ils disaient de moi. Une totale impuissance. J’avais envie de m’enfouir quelque part. Je désespérais d’entendre le moteur ronronner, signe du départ.

Il n’est rien arrivé. On est parti juste au moment où l’un d’entre-eux vociférait je ne sais trop quoi contre les Français, en frappant son poing contre la paume de son autre main. Aucune idée de ce que ça signifiait. Personne, dans le tap-tap, n’a pris ma défense., Quelques-uns semblaient tout aussi mal à l’aise que moi. Au moins, aucun n’en rajoutait, n’encourageait mes petits durs à cuire. Je suis encore un peu secoué. Peut-être que je vieillis, que je ramollis. Je sais pas. J’ai vécu des situations objectivement plus dangereuses que celle-là. Mais c’est bien la première fois que j’ai peur de la sorte.

Ça m’a fait penser à Daniel Bossé, un Canadien né en Haïti. Mon voisin dans l’avion. Il vit à Montréal depuis près de 40 ans. Le premier noir à travailler à l’usine Wolverine, dans l’est de l’île. Il y est resté pendant 20 ans. Jusqu’à ce que l’usine ferme ses portes, il n’y a pas si longtemps. Il m’a raconté qu’il ne faisait pas l’unanimité, auprès de ses collègues de travail. Mais que la plupart étaient bien gentils avec lui, qu’il s’y est fait nombre d’amis. Moi, ça duré 45 minutes. Je devais reprendre un tap-tap le lendemain au même endroit pour me rendre à Marmelade. Je n’irai pas. 45 minutes m’ont suffit pour que je préfère ne pas prendre de chance. ne pas leur donner une deuxième chance de passer à l’acte. Daniel, lui, est retourné à l’usine tous les matins. Si ça se trouve, c’était pire encore pour lui.

En 45 minutes, j’ai pu comprendre ne serait-ce qu’une infime partie ce qu’ont pu ressentir les victimes de ségrégation. Chapeau bas, monsieur Bossé. Aujourd’hui, je réalise mieux que jamais à quel point vous avez bien du courage.


Belle rencontre à l’Acropolis

mai 17, 2007

Belle rencontre à l’Acropolis 

J’étais à potasser dans mes documents, dans la cour intérieure de mon hôtel, mercredi soir, quand débarquent deux Haïtiens. Le plus vieux, le révérend Jean Olbert, est missionnaire. Il vient de temps à autre à Montréal, où il descend dans le quartier Saint-Michel. Le plus jeune, son fils en l’occurence, s’appelle Vineh. À 28 ans, il est maire de la petite bourgade Saint-Louis du Sud.

Vineh est venu à Port-au-Prince rencontrer le ministre de l’intérieur de même qu’il va participer à une rencontre des maires avec le président rené Préval. Vineh aimerait attirer les touristes dans sa municipalité. Il me vante ses plages, la tranquilité de sa municipalité. Mais saint-Louis du Sud est pauvre. Il n’y a pas d’hôtels pour recevoir les touristes. Pas même d’électricité. Considérant les problèmes du pays, il sait qu’il ne fait pas partie des priorités de son gouvernement. La sécurité, bien qu’elle s’améliore grandement, est au centre des préoccupations. L’économie du pays est très mal en point. Il y beaucoup à faire avant de ramener les touristes dans ce pays le plus pauvre des Amériques.


Course folle à Haiti

mai 15, 2007

Course folle à Haiti 

Voilà une semaine que je suis en République d’Haïti. J’aurais bien aimé remplir mon blogue depuis mon arrivée, mais internet m’a donné beaucoup de misère… Et j’ai tellement de sujets, des petits comme des grands!

Comme j’anticipe le pire, c’est-à-dire ne pas être en mesure de publier tous mes messages à l’instant en raison d’un autre problème de connection, j’ai envie de dresser le portrait des 3 semaines à venir. Exercice intéressant car il permettra, à mon retour, de voir si mon séjour s’est déroulé tel qu’anticipé sur le terrain!

Alors voilà! Je suis présentement à Saint-Marc, à quelque 100 km de la capitale Port-au-Prince. Je quitte demain en matinée pour Petite Rivière de l’Artibonite. Je vais y découvrir un orphelinat tenu par les Peites soeurs de Sainte-Thérèse dont certains enfants sont parrainés par des Québécois pour qu’ils puissent aller à l’école. Je compte y demeurer deux jours. Les Soeurs vont me loger au pensionnat.

Jeudi matin, je quitterai pour Marmelade, toujours en Artibonite, où je vais voir un projet d’agriculture qui allie respect de l’environnement et prise en charge par la communauté. Je me laisse un petit lousse, question de m’assurer de rencontrer le grand manitou du projet de même que les gens de l’endroit. Je compte quitter mardi de la semaine prochaine pour regagner Port-au-Prince. Le mercredi (23 mai), j’aimerais rencontrer des organisations de la société civile qui défendent les droits des femmes et qui cherchent à réformer le système de justice. Haïti est plutôt désorganisé, de sorte que les citoyens ne savent trop de quelle façon faire entendre leur voix. C,est l’aspect qui m’intéresse.

Le 24, je suis censé avoir rendez-vous avec une responsable des communications à la MINUSTAH, la mission des nations unies de stabilisation en Haïti. On va regarder comment organiser les rencontres des différents secteurs qui m’intéressent, soit la section de désarmement et de démobilisation pour les groupes armés qui sévissent dans les bidonvilles et sèment l’insécurité, la section qui s’occupe de la réforme de la justice, la police de l’ONU qui voit à la sécurité et la formation des policiers haïtiens, des gens qui veulent assurer le développement tant du pays que des bidonvilles, d’autres qui s’occupent d’environnement. On m’a même offert de rencontrer les personnes responsables de ces dossiers au sein du gouvernement haïtien. De plus, il faudra regarder quand j’irai avec l’ONU sur le terrain à plusieurs endroits du pays. Grosse commande!

Le 25 mai, j’ai une rencontre avec la responsable d’un hôpital de Médecins sans frontières Canada, dans l’un des quartiers les plus chaudes de la capitale. Je dois établir le contact avec ses homologues qui font de même à Cité Soleil et Martissant, les bidonvilles les plus dangereux du pays…

À travers toutes ces rencontres, je dois aussi penser trouver du temps afin de rencontrer à Pétion Ville le directeur de Développement International Desjardins pour me renseigner sur des projets de développement économique en Haïti.

Là, je me demande bien comment diable j’arriverai à boucler ces rencontres et visites terrain en trois semaines. Je me croise les doigts pour que certains acceptent de me donner de leur temps lors des weekends, sinon je risque de manquer de temps…

J’ai bien hâte de voir, à la fin de mon séjour, comment j’aurai réussi à agencer mon horaire, et à quel point les imprévus vont changer mon séjour… pour le meilleur ou le pire!


CAP SUR HAITI

mai 8, 2007

CAP SUR HAITI

Me voilà à nouveau reparti. Cette fois, destination Haiti pour 4 petites semaines. Vu le nombre de personnes et organismes que je vais rencontrer, mon séjour risque de passer vite.

Mon sujet est assez large. Parler de l’impact des conflits sur la société, ça signifie s’intéresser à l’économie, l’éducation, la justice et les droits de l’homme, la santé, l’environnement et j’en passe! Je vais également traiter de l’impact que ça cause sur l’aide internationale. Sur le travail des coopérants dans des conditions de sécurité déficientes. Juste démêler ces différents domaines, et garder un fil conducteur entre eux sera un beau défi journalistique!

J’ai également l’intention de me promener passablement à travers le pays. Port-au-Prince et son bidonville Cité Soleil, l’Artibonite, les Gonaĩves, Pétion-Ville, peut-être l’extrémité nord (Cap-Haitien), Jaqmel au sud…

Non, ce ne sera pas 4 semaines de vacances! Trop à découvrir pour prendre le temps de me faire dorer au soleil sur la plage. Ce sera pour une autre fois.

En même temps, je vais apprendre de ma démarche. Car début juillet, je me dirige en Colombie et à la mi-septembre, c’est en Afghanistan que je traînerai mon baluchon. Trois pays donc qui ont chacun leur propre contexte. Trois pays dont les problèmes causés par l’insécurité causent bien des maux de tête à la société civile et l’aide aux populations.

J’espère apporter un peu de compréhension sur les difficultés de pays chaotiques et sur les solutions mises de l’avant pour les aider à rétablir un minimum de sécurité.

Un gros et beau défi qui s’offre à moi après avoir tâté de la problématique des enfants soldats et des gangs de rue ainsi que celle du trafic des êtres humains.

Dominic


Frustrations culturelles

décembre 19, 2006

Frustrations culturelles

Je suis alle a Siem Reap, un endroit fort prise des touristes en raison de la presence de nombreux temples. Il  s’y trouve un grave probleme de trafic, prostitution et viol justement en raison de cette masse touristique. J’y allais avec Sophea, ma jeune interprete. Je suis passe par mon hotel pour nous procurer nos billets d’autobus.

Comme j’ai connu plusieurs rates avec les hotels depuis le debut de mon sejour, j’ai tout fait pour etre clair dans ma demande de billets, repetant 4 fois plutot qu’une mes besoins. “2 billets pour Siem Reap dimanche, 2 billets pour Phnom Penh lundi. J’y vais avec mon interprete!” J’aurais du insister une 5eme fois… J’ai pris le bus une heure plus tot que Sophea, puisque l’hotel n’avait achete qu’un billet aller-retour…

Il nous fallait revenir le lendemain car, tot le mardi, Sophea et moi nous rendions avec une organisation loin en province, pres de la frontiere thailandaise. L’organisation y ouvrait un centre pour femmes trafiquees et violentees, en plus de celebrer son 10eme anniversaire d’existence! C’est Phay, coordonateur de l’organisme, qui m’avait offert de me joindre a eux. Il m’avait propose le transport – ils etaient une bonne vingtaine de Phnom Penh a s’y rendre – et l’opportunite de m’entretenir avec les victimes, le staff, des gens des ministeres Social, Education, des femmes, la police Anti-Trafic de meme que les autorites locales (provinciales). Apres plusieurs echanges de courriels et appels pour clarifier cette activite, c’est l’offre que j’ai recu. Du coup, j’ai mis de cote mon plan A, privilegiant cette opportunite hors du commun! Tout ce monde au meme endroit avec qui je peux discuter!

Il n’en fut helas rien… Une fois arrive, l’offre changeait! Impossible de parler aux victimes et au staff, seulement avec la responsable provinciale de l’organisation. On y demeurait deux jours, soit pour la ceremonie et l’autre pour les entrevues, puis on repartait le lendemain. J’ai passe la journee des ceremonies (plus de 10 heures de discours!) a ne rien comprendre de ce qui se disait! Finalement, le staff ne restait plus la journee des entrevues! Je l’ai appris le soir, a la fin des festivites. Phay a bien omis de m’en glisser un mot. Peut-etre la peur de me dire, encore une fois, que sa proposition n’etait pas reelle! De plus, ils devaient eux-meme se debrouiller pour leur retour. Alors qu’on devait prendre le bus ensemble… 

Dire que je pensais avoir bien clarifier la proposition qui m’avait ete faite avant de partir. Car j’ai perdu mon temps, finalement. Avoir su, j’aurais ete a d’autres endroits, rencontre des victimes dans d’autres centres de d’autres provinces… Une grosse deception!!!

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Vouloir le bien, causer le mal

décembre 19, 2006

Vouloir le bien, causer le mal

 

Lors des festivitives entourant l’ouverture du centre pour femmes de l’organisme Cambodian Women crisis center (CWCC), j’ai passe l’heure du diner en compagnie d’un jeune directeur d’organisme cambodgien. A son bureau, il m’explique son travail. Son organisme fait de la prevention aupres des jeunes sur la drogue et aupres particulierement des femmes sur la reproduction (methodes contraceptives, maladies sexuelles, connaissance de leurs droits). Son organisme recoit des fonds de donneurs occidentaux.

Je ne doute pas de la bonne volonte de ce jeune homme, pas plus que de ses employes. Mais je m’interroge a l’utilite de ces programmes… C’est qu’ils discutent avec les consommateurs de drogue. Fort bien. Ceux-ci, apparemment, consomment en raison de problemes familiaux (la violence domestique est assez grave dans cette province, parait-il), du manque de travail, pour essayer. S’il y a une chose que j’ai apprise depuis mon arrivee au Journal de la Rue, c’est que la consommation en soit n’est pas le probleme. C’est la raison pour laquelle on consomme. Et l’organisme n’est ni outille pour regler les problemes familiaux, ni de chomage, pas plus qu’elle ne fait de travail social. Au moins, sa prevention dans les ecoles peut-elle faire reflechir les jeunes sur les ravages causes par la drogue.

Quant au programme axe sur les femmes, il est a se demander s’il ne cree pas les problemes plutot qu’il ne les regle. L’organisme explique aux femmes qu’elles ont le droit de refuser d’avoir des relations sexuelles avec leur epoux. Tout a fait vrai. Mais il faut regarder la mentalite des gens de la region, voire du pays. L’homme pense avoir tous les droits sur sa femme. Lorsque son epouse lui refuse ses avances, elle cree une frustation. Elle n’est pas censee opposer de resistance. J’ai vu de nombreuses photos de femmes battues – a mort – dans la region. Une s’est fait ouvrir l’entrejambe par un rasoir pour avoir refuse, a deux reprises, d’avoir des relations sexuelles avec son mari. L’histoire, dans son cas, ne dit pas si elle a refuse parce qu’elle avait appris qu’elle avait le droit de dire non. Mais un programme qui ouvre la porte a ce genre d’actes, si rien n’est fait pour changer la mentalite de l’homme, me semble dangereux. Meme si, pour le principe, il a sa raison d’etre.

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Sophea et la mentalite cambodgienne

décembre 19, 2006

Sophea et la mentalite cambodgienne  

Sophea m’a accompagne pendant une semaine pour me servir d’interprete. Elle a 25 ans, etudie l’art, et attend janvier pour poursuivre ses etudes en Thailande grace a l’obtention d’une bourse. Elle a beaucoup de caractere. Quand on la voit avec moi, on pense qu’elle n’est qu’une autre petite amie du blanc de passage. Elle le sait tres bien, elle le sent – par le regard des Cambodgiens ou leurs remarques – mais jamais elle ne semble desemparee.

Ce qu’il faut savoir, c’est que Sophea, comme la plupart des femmes de son pays qui cherche epoux, est vierge de tout contact. Elle n’a jamais serre un homme dans ses bras, elle n’en a jamais embrasse un. Au Cambodge, une femme doit se garder pour le mariage. Si elle n’est pas pure, elle n’est tout simplement pas bonne a marier. C’est beau, ca signifie que la femme cambodgienne n’ira jamais voir ailleurs.Qui est contre?

Je ne suis pas sexologue. Mais je pense que la sexualite est un besoin fondamental. Si ce besoin est refoule, s’ensuit des frustrations ou des effets qui ne sont pas que positifs. Si la femme, pour se marier, n’aura pas de relation sexuelle, ca signifie que les garcons non plus ne devraient pas avoir de relations sexuelles avant le mariage. C’est logique, une relation, ca se fait a deux. Donc sans partenaire – consentant -, l’homme refoule ses besoins pour une bonne partie de sa vie?

Pas si sur… Ce besoin, refoule chez la femme, peut facilement etre assouvi par l’homme: grace a la prostitution. Donc, une mentalite vertueuse comme celle de se garder pour le mariage peut provoquer – bien qu’elle ne soit certainement pas la seule raison – un effet assez pervers qui augmente le besoin en prostituees. Et qui change alors aussi les rapports sous plusieurs plans entre hommes et femmes. Si l’homme a eu plusieurs relations sexuelles avec des prostitutees, sa sexualite n’est pas du tout la meme que celle qu’il aura eu avec une petite amie qu’il aime. Mais son education, ses experiences, ce qu’il connait, c’est la prostitution. Ce rapport inegal ou la femme est vue plutot comme du betail. 

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Hockey au Cambodge

décembre 6, 2006

Hockey au Cambodge 

Eh oui, vos yeux ne se trompent pas! Vous avez bien lu hockey! C’est que j’ai rencontre un Canadien d’Hamilton, qui travaille avec l’Organisation Internationale des Migrations, et qui organise des soirees de hockey-balle! Au Cambodge! Chaque lundi et jeudi soirs, nous sommes une bonne dizaine a nous presenter sur un court de tennis, a plus 30 degres. Le calibre est ma foi assez releve. Il y a surtout des Canadiens, mais quelques Americains se joignent a nous. Et un Cambodgien garde les buts! Ah oui, les gardiens sont equipes. Et on joue avec des hockey en graphite. Je crois qu’ils ont achete les equipements et les buts de la Thailande…

Le premier soir (jeudi passe), en raison de la chaleur et, je dois l’avouer, d’une pietre condition physique, j’avais de la difficulte a suivre! Je suais a grosses gouttes, j’avais des crampes. J’ai manque etre malade! Mais, comme on dit, on apprend de ses erreurs. Conscient de ma – mauvaise – forme, j’ai mis les chances de mon cote. Alors j’ai decide, cette fois, de ne pas jouer l’estomac vide. J’ai dine et soupe, cette journee la. Diable, je ne pensais pas a quel point ca pouvait faire toute la difference!!! La, je volais litteralement! Je sais pas si c’est ce qu’on appelle apprendre positivement, mais je sais que je vais bien manger jeudi prochain!

Cote boulot, j’en apprends beaucoup! J’ai rencontre, hier, la directrice d’un organisme de defense des droits de l’homme. Je lui posais des questions au sujet de la police anti-trafficking , et elle commence a me parler de la corruption qui y regne. Comme le petit castor, elle etait lancee. Elle appelle qqun qui connait bien le departement anti-trafficking (lire qui y travaille) et qui s’amene aussitot. Pour le moment, bien que je les crois, je ne peux pas vraiment ecrire a ce sujet. C’est leur parole, rien d’autre. Je les rencontre a nouveau cette semaine. Mais je n’ai guere d’attente. Je leur ai explique qu’il me fallait davantage que leurs seules paroles. J’ai demande a ce qu’un policier de ce departement vienne – et que je puisse l’identifier comme tel – pour qu’il me confirme certaines de leurs affirmations. J’essaie egalement d’entrer en contact avec un journaliste qui pourrait me confirmer certaines choses a ce sujet. Puis, je rencontre demain une personne qui est proche de la tete dirigeante de ce departement. J’espere, par son entremise, pouvoir obtenir une rencontre avec ma “corrompue”. Malheureusement, il ne me reste guere de temps! Je quitte samedi matin pour aller en province, question de rencontrer des femmes et enfants qui ont ete trafiques. La encore, on a beau me dire qu’il me sera possible de leur parler, je ne me fais pas d’idees. Je verrai rendu la! Des belles paroles, j’en ai entendues plus d’une!

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Reportage au Cambodge

décembre 5, 2006

Reportage au Cambodge

Mon découragement du Vietnam est drôlement du passé. Le Cambodge est trèes facile, ca n’arrête pas même. J’apprends de mes erreurs – en ce sens, ce voyage est une bénédiction pour moi et la suite des choses! Je suis un peu fatigué, remarque. J’ai énormement de lecture le soir, documentation qui m’est gracieusement offerte par les organismes que je rencontre.

Je rencontre Somaly Mam, une cambodgienne qui est LA référence ici en matière de traffic. Elle a sauvé beaucoup de femmes et enfants – surtout de la prostitution. Je vais préparer un portrait d’elle, de son combat ici.

Bonne journée à tous.

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Réponse à Mme Dion, racoleuses 2eme partie

décembre 1, 2006

Réponse à Mme Dion, racoleuses, 2e partie 

décembre 1st, 2006

Voici des informations qui pourront eclairer le commentaire de Mme Monique Dion, concernant mon texte Racoleuses ou prostituees, 2eme partie.

Mme Dion demandait si l’economie au Vietnam faisait en sorte que les jeunes filles n’aient plus a se prostituer. L’economie vietnamienne, au meme titre que la notre, ne suffit pas pour offrir des alternatives a toutes ces femmes. Le nombre de Vietnamiens qui travaillent dans les achoppes aux bords des rues, a gagner entre 1 et 2$ par jour, est en explosion. La moyenne, d’ailleurs, est de 40$ par mois. Quand on pense que celles qui frequentent les bons endroits pour offrir leurs services gagnent 20$ US la nuit, on comprend que le phenomene ne risque pas de s’eteindre de sitot.

Je ne sais si au Vietnam il existe un tourisme sexuel. Le gouvernement y est tres chatouilleux a ce sujet. Mais lorsque j’etais a Ho Chi Minh (Saigon), j’ai rencontre deux Australiens quittant mon hotel apres leur premiere nuit car ils ne pouvaient y ramener de filles. Des Vietnamiennes, bien entendu.

Au Cambodge, on me dit qu’il existe bel bien, le tourisme sexuel. La, j’ai des informations diverses quant aux efforts du gouvernement cambodgien. Certains disent qu’il existe une loi Anti-Human Trafficking, d’autre affirment qu’il n’y a qu’un enonce a cet effet, adopte tout recemment. Des guidelines, qu’ils disent. C’est l’une des informations que je cherche a valider. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement s’est dote d’une police specialisee dans ce domaine. Est-ce un voeu pieux? Je suis en train de decouvrir que cette police, par manque de moyens, de formation, de problemes logistiques, peine a faire son travail. J’y reviendrai plus amplement dans un article! Disons que peu de gens ont ete arretes concernant le trafic sexuel. On m’a meme dit qu’il s’agissait, dans certains de ces cas, de proces arranges. Le gouvernement peut ainsi demontrer qu’il s’attaque au probleme du trafic sexuel. C’est tres complexe, une fois qu’on commence a gratter un peu le fond de la question. Je m’apercois egalement que les idees que j’avais, avant de venir au Cambodge, etaient decalees de la realite.

A savoir si la mentalite de marier un occidental provient de la mentalite americaine, je manque personnellement de connaissances culturelles pour y repondre adequatement. Normand, qui travaille pour Oxfam Quebec au Cambodge, a travaille dans de nombreux pays, que ce soit en Afrique ou en Asie. Il m’a dit etre alle dans des pays qui n’avaient pas d’influence americaine. Il a vu, dans tous ces pays, des familles offrir leur petite en mariage a un riche homme local. Il a meme vu une fille de 16 offerte a un homme de 70 ans. C’est une facon, pour des gens pauvres, provenant de pays pauvres, d’ameliorer leur sort et par le fait meme celui de la famille. Il n’ont pas autant de moyens de se sortir de la misere.

Pour le retour des Cambodgiens qui ont fui le regime des Khmers Rouges, je suis encore, helas, sans reponse. On me dit que plusieurs sont revenus avec leurs enfants. Mais comme les statistiques ici sont peu nombreuses, je ne pense pas qu’il existe une reponse claire, chiffrable. D’autant que le controle des migrations, dans la region, est un probleme criant.

Les femmes cambodgiennes choississent leur mari? Apparrement, non. Elles ont leur mot a dire et peuvent refuser, avec des raisons valables. Mais generalement, ce sont les familles qui arrangent les unions. La femme – ou l’homme – peut signifier a sa famille qu’elle ou il est interresse a l’autre. Et les familles jouent les entremetteurs. Selon Normand, au Cambodge depuis 2 ans et fiance avec une fille du pays, c’est generalement la famille de l’homme qui fait la demande. Il faut, semble-t-il, que l’homme soit en mesure de faire vivre sa femme, ainsi qu’une partie de sa famille. Ce qui explique,bien que je ne veuille pas generaliser, que les couples sont composes d’un homme plus age (5 a 10 ans) et d’une jeune femme.  Comme les gens sont pauvres, les hommes ont besoin de temps pour amasser suffisamment d’argent afin de faire vivre leur femme.

J’espere avoir pu apporter un peu plus de clarte dans votre questionnement!

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Sarom, le sourire d’une exploitee?

décembre 1, 2006

Sarom, le sourire d’une exploitée?

décembre 1st, 2006

Sarom travaille au restaurant voisin de mon hotel, a Phnom Penh. Chaque jour, je le vois, debout, toute souriante. Elle repond au moindre caprice des consommateurs. Deboucher les bieres, remplir les verres de glace, apporter la nourriture.

Comme le service est lent – la preparation des plats prend plus d’une demie-heure -, j’ai du temps pour symphatiser avec elle. Bien que la communication est ardue. Sarom parle peu anglais. Et mon cambodgien se limite aux salutations, excuses et remerciements.

Sarom a 18 ans. Elle est originaire d’une autre province, dont le nom m’est incomprehensible! Ses parents et son frere et sa soeur y habitent. Elle vit au-dessus du restaurant ou elle travaille. Je ne sais si son emploi l’occupe tous les jours de la semaine. Mais je la vois a son poste a tous les jours. Elle dit frequenter l’ecole small-small. Facon de dire qu’elle va a l’ecole, mais pas beaucoup! Je ne sais, en nombre d’heures ou de jours, ce que sa reponse signifie. Elle ne sort pas, ne danse pas.

Je ne sais si Sarom fait partie de ces jeunes trafiquees ou exploitees. Des scenarios de ce genre, il y en a bon nombre. Des enfants envoyes par leur parent pour travailler et ainsi faire vivre le reste de la famille, c’est chose courante au Cambodge. Des fois, on les envoient chez un parent car la famille ne peut supporter la charge de tant d’enfants. Contre nourriture et logis, l’enfant travaille pour le parent eloigne. S’il est chanceux, il tombe sur une bonne famille d’adoption. Le risque d’etre exploite est la. Car la famille remet entre les mains du parent l’autorite sur l’enfant. Dans d’autres cas, il peut s’agir de promesses de faire plus d’argent, soulevant l’espoir d’un avenir meilleur. Ces promesses ne sont pas toujours tenues, loin s’en faut. Parfois, le jeune consent de lui-meme a ce travail. Parce que, meme mal remunere, c’est deja mieux que ce qu’il gagne.

Au Camnbodge, 62% de la population vit avec ou moins de 2$ par jour, 36% avec 1$. On comprend que la decision est assez facile a prendre…

Sarom ne semble pas malheureuse, pourtant. Peut-etre accepte-elle son sort, peut-etre n’est-elle pas si mal, ou peut-etre a-t-elle un caractere hors du commun. Elle sourit constamment.

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Musee du crime genocidaire, 2eme partie

décembre 1, 2006

Musée du crime génocidaire, 2e partie

décembre 1st, 2006

De retour sur le fameux musee cambodgien qui m’a drolement secoue. Comme je l’ai mentionne dans la premiere partie, il s’agit d’une ancienne ecole. On y incarcerait les intellectuels du pays, qui representaient une menace a la revolution des Khmers rouges. Par intellectuel, il faut comprendre enseignants, diplomates, ingenieurs… ou toute personne sachant lire. Pour le revolution, elle devait passer par les paysans. Pol Pot voulait recommencer a zero un systeme ou l’economie ne passait que par la production de riz.

Dans la prison que j’ai visite, 15 000 intellectuels y ont sejourne. Aucun ne s’est echappe. Seule la fuite du regime de Pol Pot par le Vietnam a permis de recuperer 7 survivants. Je vous epargne les differentes methodes de torture utilisees. Cruel, abominable, bref l’etre humain dans ce qu’il a de plus laid. Si on peut appeler ca etre humain. Ces 15 000 personnes etaient torturees afin de leur soutirer le nom des gens qu’ils connaissaient, les membres de leurs familles. Quand les tortionnaires etaient satisfaits, ils envoyaient et le prisonnier et sa famille decouverte grace a ses aveux dans un camp pour les y assassiner. Pas avec des balles, jugees trop couteuses, mais a coup de bambous. On les enterraient ensuite dans des fosses communes, meme ceux qui n’etaient pas morts. Assez horrible.

Dans les salles de classes, utilisees comme cellules, on peut encore voir, pres de 30 ans plus tard, des flaques de sang seche. En 4 ans, le bilan du regime de Pol Pot s’etabli, selon ce qu’on peut lire sur les affiches du musee, a 3, 3 millions de morts ou disparus, pres de 150 000 invalides, 200 000 orphelins. Sans compter les ecoles et industries detruites. La guerre civile aura dure pres de 30 ans, pour se terminer a la fin du dernier siecle (1998). Un pays ne se remet pas du jour au lendemain d’une telle catastrophe. 3 generations qui n’ont pas recu d’education ( et qui doit eduquer les generations suivantes sans trop savoir comment s’y prendre), une economie complete a reconstruire.

Dans ce musee, il y a des salles remplies de photos de ces 15 000 prisonniers. Je ne sais combien il y en avait, des milliers assurement. Je les ai regardees une a une. Des gens qui ne savaient pas ce qui les attendaient. Le regard fier, courageux. Je n’y ai pas vraiment vu de peur. Ces gens sont pourtant alle a l’abattoir. Les tortionnaires ont meme installe des barbeles aux etages pour eviter toute tentative de suicide…

Les gens photographies n’etaient pas tres vieux. Il y avait meme des enfants. Devant chaque visage, je frissonnais. J’ai du sortir apres quelques salles, question de prendre un peu d’air. Je ne sais comment exprimer ce que j’ai ressenti. De l’impuissance, de l’incomprehension. Comment peut-on etre si sadique? Massacrer en masse des humains? Comment a-t-on pu laisser une telle chose se produire? Ces tortionnaires, qui passaient leurs journees a infliger les pires sevices a leurs prisonniers, comment faisaient-ils ensuite pour retrouver leur famille, leurs enfants, et oublier ce qu’ils avaient fait la journee durant?

Je n’ai pas visite de musee ou de charnier en Allemagne, concernant l’Holocauste. Je peux m’imaginer, encore plus aujourd’hui, l’horreur de ce carnage organise.

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Cambodge: le musée du crime génocidaire

novembre 26, 2006

Cambodge: le musée du crime génocidaire 

Je suis allé au musée du crime génocidaire. Je l’aurai appelé Le musée de l’horreur Cambodgien. C’est barbare, inhumain… J’ai failli pleurer. Je suis tellement bouleversé que je ne réussi pas à mettre le doigt sur l’emotion – ou les emotions – qui m’envahissent. C’est completement tordu… 2 millions de morts en moins de 4 ans. Le musée est une ancienne école qui a servie de prison de torture sous Pol Pot entre 1974 et 1979. D’ailleurs, elle a ouvert ses portes le lendemain de mon premier anniversaire…

J’y reviendrai prochainement, le temps de faire le ménage dans toutes les émotions qui veulent remonter en moi.

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Racoleuses ou prostituees, 2eme partie

novembre 25, 2006

Racoleuses ou prostituees, 2eme partie 

Je suis alle, a ma premiere soiree au Cambodge, prendre une biere avec un chauffeur de taxi de la place. Il m’a emmene dans un endroit qui ressemblait un peu a celui ou j’atais alle a Ho Chi Minh, au Vietnam.

Cette fois, les filles sont derriere le bar. Elles s’assoient devant les clients, discutent avec eux, les font boire. Elles sont payees au rendement, soit a ce que le client achete.

Cette fois, pas de matronne. Les filles sont plus independantes. Elles voguent d’un client a l’autre, echangent leur place entre elles. Elles sont toutes vetues d’un t-shirt Tiger , une marque de biere populaire en Asie. La tenue est completee d’une jupe qui n’est pas mini, de meme que des talons hauts.

Encore une fois, il y avait une petite jeunesse sans experience. Authentique, a la difference des autres serveuses. Mais pour combien de temps…

J’en discutais avec Normand, un cooperant pour Oxfam au Cambodge. Il m’a dit que ces jeunes filles, en y mettant le prix – 20$US- terminent la soiree avec le client. Il m’a egalement dit que la petite, rencontree au Vietnam dans des circonstances similaires, avait ete baptisee avant meme de commencer son travail au bar.

Il m’expliquait que ces filles ne se voient pas comme des prostituees. Elles ont trouve un moyen leur permettant de subvenir tant a leurs besoins qu’a ceux de leur famille. Ici, vu les possibilites d’emploi, c’est une facon de vivre qui vaut mieux – selon elles – que de passer sa journee a vendre n’importe quoi sur le bord de la rue pour 1$ la journee.

D’autant plus, m’explique Normand, que ces filles se cherchent surtout un mari. Un etranger de preference, qui pourrait assurer leur bien-etre et celui de leur famille.

J’ai vu la meme chose en Afrique. Ces gens, qui se levent a tous les jours dans le but de trouver assez de quoi manger et vivoter, voient l’amour comme une facon de se sortir de leur misere. Ici, malheureusement, l’amour est synonyme d’argent.

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Traite des humains: complexe et horrible

novembre 25, 2006

Traite des humains: complexe et horrible

Je commence a peine a decouvrir la problematique du trafic des etres humains. C’est beaucoup plus complexe que je ne m’y attendais. Et ce n’est pas parce que je pensais que c’etait simple… C’est tout dire.

Les gens trafiques n’ont pas de noms. On ne connait pas leur existence, la plupart du temps. ceux qui ont ete trafiques a des fins sexuelles ne veulent pas rentrer chez eux, une fois sortis du reseau. Ils sont ostracises par leur communaute, qui les rejette. Ceux exploites economiquement a l’exterieur de leur pays n’ont pas les moyens de revenir a la maison. Ils sont maintenus dans des endroits isoles, de sorte que personne ne sait qu’ils existent. Ils n’ont aucun droit. D’autres, des enfants, remplissent les rangs de ces jeunes qui mendient dans les endroits touristiques. On leur enseigne comment soutirer le plus d’argent. Ils apprennent a pleurer, s’habillent en loques. Pour remettre leurs gains a un patron qui n’a rien d’un mendiant.

Petit espoir, les pays de la region commencent a s’impliquer, a travailler ensemble. Mais ils commencent… Beaucoup de retard sur les trafiquants.

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Arrivée au Cambodge

novembre 25, 2006

Arrivée au Cambodge

Comme l’indique le titre, je viens d’arriver au Cambodge. J’y passerai plus de temps qu’au Vietnam. C’est qu’il m’y sera plus facile d’aller sur le terrain, rencontrer des victimes de la traite qu’on reinsere dans la communaute. Ou voir le travail de prevention fait au sein des collectivites.

Au Vietnam, le gouvernement est omnipresent. Il est le plus grand partenaire des ONG qui travaillent dans le trafic des etres humains. Encore heureux qu’il s’interresse a cette problematique. Mais il n’aime pas qu’on en discute. Les journalistes ne sont pas independants.

Lors de ma premiere rencontre avec le directeur d’Oxfam Quebec, M. Leonard Buckles, j’ai tout de suite ete avise qu’aussitot que j’ai mis le bout du gros orteil dans les bureaux de l’organisme, le gouvernement etait au courant. Ca m’a stresse. Probablement mon manque d’experience en ce domaine. Au Congo, j’ai ete dans la brousse ou des militaires m’ont ejecte du bus dans lequel je me trouvais. On m’a menace de me jeter en prison. J’etais entoure de maquisards, l’AK-47 a la main. A la Sierra leone, c’etait des anciens soldats devenus gangsters. Ca ne me derangeait pas. Peut-etre est-ce un milieu dans lequel je me sens plus a l’aise. C’est qu’avec ces gens, je suis en mesure de discuter, de trouver un terrain d’entente. Mais un gouvernement, c’est autre chose. Il n’y a pas a discuter.

Je ne voulais pas non plus causer des problemes a mes partenaires. C’est pourquoi j’ai decide de bouger plus rapidement vers le Cambodge.

Details a suivre!

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Petite histoire de train au Viet-Nam

novembre 22, 2006

Petite histoire de train au Viet-Nam

Je suis dans une cabine de train qui n’a que des couchettes, pas de sieges. En compagnie d’une vietnamienne, Phung, qui ne parle aucun mot d’anglais. On en riait, tout a l’heure. On ne se comprend pas vraiment. Mais on essaie. Elle a 52 ans, mais en parait 10 de moins. Avec des gestes, elle m’apprend que ses parents sont decedes sous les bombes americaines. Elle, de 1969 a 1972, elle a casse du GI. On ne le dirait pas, a la voir. Elle dit en avoir tue 200! Je ne sais trop comment on fait pour compter le nombre de fois qu’on donne la mort, dans une guerre. Mais je sais qu’elle croit en avoir tue 200. Dire que j’ai devant moi une personne qui semble tout a fait normale!!!

Conclusons maintenant… Pour ceux que ca interresse, le Vietnam est drolement pas dangereux. Je m’y sens en totale securite. Le probleme, c’est de se faire comprendre. Avis aux voyageurs a la recherche d’une destination economique, des paysages fabuleux et des tours bien structures. Une destination de reve! Et je pese mes mots. pour une fois que je peux vous suggerer un pays ou je vais…

ps: finalement, ma ride de train a dure 35 hres… Soit 4 de plus qu’il m’en a fallu pour me rendre de Montreal a Ho Chi Minh!!!

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Mariage fast-food au Viet-nam

novembre 22, 2006

Mariage fast-food au Viet-nam

Je voulais sentir l’endroit, pensant faire un tour de boat le long des iles, question de saisir un peu mieux les conditions de vie de ces gens qui expliqueraient l’existence de ces trafics. Grosse deception. J’avais demande a la compagnie qui fait la visite d’eviter le circuit touristique – c’est pour ca que j’y allais seul et que j’acceptais que ca me coute un bras… – mais peine perdue. Avec le temps, j’ai appris qu’ici, les gens comprennent bien ce qu’ils veulent. Ils vous disent oui-oui, mais font a leur tete! C’est deja ca de compris…  Tous les endroits ou nous nous sommes arretes etaient touristiques. Y avoir ete dans cette optique, j’aurais peut-etre apprecie. Tres bel endroit, surtout la pirogue dans les petits canaux, sous la pluie diluvienne, mais c’etait pas mon but!

ca m’a cependant permis de pousser un peu ma reflexion, de comprendre un peu plus leur facon de voir le trafic… ou de ne pas le voir! Je ne sais encore qui a raison, cependant. je vous raconte. La premiere ile, l’ile de la Tortue, offrait, sitot le gros orteil depose sur la terre ferme, des produits juste pour le bon touriste qui s’emerveille devant des produits artisanaux, de la bouffe faite avec du miel… Je saute les details – bien que certains soient un tantinet comiques! – pour aller droit au but. Encore que pour moi, aller droit au but, je sais, c’est long!!! Donc, pendant que je degustais des fruits locaux (ananas, papaye et 2 autres dont j’ai oublie le nom, probablement pcq c’etait la premiere fois que j’en mangeais), vient un petit groupe pour interpreter en l’honneur du touriste que je suis un petit pestacle de musique traditionnelle. Je me sentais comme dans ces films, ou le groupe de mexicains jouent aux cotes de la table, pour le bonheur d’un couple. sauf que je suis avec mon guide!!! L’une des musiciennes, Qanh, etait d’une beaute… (j’ai pas les mots pour la decrire, je vous enverrai sa photo dans les prochains jours). Du haut de ses 21 ans, toute gracieuse avec son archet, son sourire reserve, elle etait ravissante. Tout droit sortie d’un film de James Bond, bien qu’une pure asiatique, elle!!! Mon guide me demande si je l’aime… Je lui repond que je la trouve tres belle, mais que je ne la connais pas. Essayez d’expliquer la difference entre attirance et amour a un guide qui parle correctement l’anglais sans plus, et qui de surcroit comprend ce qu’il veut bien comprendre… Peine perdue! Mon guide m’a aussitot suggere de la marier! Merde, je la vois pour la premiere fois, et lui me parle de mariage. Il me lache pas avec ca. “Tu pourrais l’emmener au Canada” Ben oui, c’est ca. Sans m’en aviser, il dit au patron de Qanh de la faire venir… Son groupe se donne devant un tas de touristes, et elle quitte pour venir me parler. J’ai envie de me sauver. Je suis aussi genee qu’elle – non, quand meme pas… Je ne sais quoi lui dire, elle encore moins. Je suis mal a l’aise, car je sais trop bien qu’elle est venue non pas par envie, mais par obligation: son boss le lui a dit. Maudit touriste qui controle tout… Je suis ce que je deteste le plus des touristes… On a finalement discute. 5 minutes. J’imagine que mon guide lui a dit que je voulais la marier. J’en mettrais ma main au feu. Il n’a pas arrete de me parler d’elle, que j’etais en amour avec elle. Pour lui, c’est normal. Ca fait pourtant partie de ce qu’on appelle la traite des etres humains.

J’aurais pu forcer la choses. La marier, la ramener. Normal pour mon guide, normal probablement pour les parents de qanh. Qanh aurait une vie meilleure, pense mon guide, sa famille aurait recu de l’argent une fois leur fille installee, ils seraient probablement venus par la suite. Qanh n’aurait pas eu un mot a dire. Peut-etre le voudrait-elle, peut-etre pas. Je ne pense pas que son opinion est importante, de toute facons. Elle aurait dit oui, parce que ses parents lui auraient dit que c’est la bonne chose a faire… Mon point n’est pas la, cependant. Il est dans cette mentalite qui trouve normal qu’un fille de la place se marie avec un etranger, peu importe qu’elle ne le connaisse pas, pour aller vivre dans un autre pays.

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La circulation à Ho Chi Minh-City

novembre 22, 2006

La circulation à Ho Chi Minh-City

J’ai compose ce message alors que je me trouvais dans le train qui m’emmene d’Ho Chi Minh-City (Saigon avant, mais suite a la defaite des Americains en 1975, le gouvernement communiste en a change le nom, bien que les adultes ici ont conserve saigon… voila pour l’Histoire!) a Hanoi, au Nord. J’en ai pour 29 hres! Beaucoup de temps a meubler pour l’ecrivain en herbe que je suis…

Que dire d’HCM-City, ou j’ai passe 6 jours… Premier constat qui saute aux yeux: y’a du trafic. 2eme: Pas evident pour les pietons… La ville s’etend a n’en plus finir, et ses rues sont toutes bondees de scooters, du matin au soir. Quelques feux de circulation aux arteres principales, respectes uniquement aux heures de pointe. C’est fou, fou, fou! Ca va dans toutes les directions, comme un ballet qui n’en a justement pas, de direction. Un pur delire de liberte. Le plus beau, c’est que ca fonctionne. Pas d’accrochages, de prises de becs, encore moins de rage au volant – faudrait peut-etre penser y envoyer nos enrages sur 4 roues… A cote d’HCM-City, ce que j’ai vu aux Philippines – excepte les embouteillages monstres de Manille – c’est de la petite biere.

Je sais… C’est banal disserter sur la circulation. mais je trouve que ca symbolise bien l’esprit des gens (du moins ce que j’ai percu apres 6 jours, ca va de soi!). Chacun fait a sa tete, s’attend a etre coupe et a couper l’autre. Rien de personnel, ils n’ont pas un fond bien mechant. Un genre d’individualisme collectif! Autre exemple – sautez de paragraphe si vous etes las de me lire a propos de la conduite routiere – signifiactif: ici, les gros mangent les petits sans que ca ne derange qui que ce soit. Le scooter klakonne pour que les velos et les pietons se poussent, les voitures font de meme avec les scooters, viennent ensuite les camions et les bus. Et chaque fois, le petit cede le passage sans rouspeter. C’est juste normal, ici.

Parlant de pieton – moi en l’occurence -, c’est pas evident. Sur les trottoirs, aux abords des commerces, on retrouve des etals de toutes sortes. Ca prend de la place. C’est aussi la qu’on gare les scooters. Et c’est aussi la que les scooters circulent, peu importe dans quel sens, pour se rendre aux commerces ou comme chemin le plus court! De sorte que je me retrouve tantot sur le trottoir, tantot dans la rue. Je me fais klaxonner sur le trottoir, sur la rue!!! Shit, t’es personne ici si t’es a pied!

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Anecdotes de Dominic à Hanoi

novembre 22, 2006

Anecdotes de Dominic à Hanoi 

Je rencontre demain les gens d’Oxfam. Aprèes une ride de train qui a duré 35hre, oui mossieur!!!

Quelques difficultés avec mon hôtel d’Ho Chi Minh qui m’a booké mon train et mon hôtel à Hanoi (j’ai du changer de chambre 2 fois aujourd’hui pour finalement me retrouver à l’hôtel dans face par la suite. Je retourne au premier hôtel demain…!!!)

Détail important: je comptabilise toutes mes dépenses. Le hic, c’est qu’ici, à part l’hôtel, ca existe juste pas, des factures… Mais vraiment pas!

Je me remets de tous ces voyagements, la chaleur, la fatigue. Je vais très bien, sauf qu’a mon retour, m’a passer mon tour pour un bon boutte question riz!!! Mais c’est beau en titi. Difficile de se comprendre, cependant.

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TRAITE DES FEMMES: UNE MENTALITE DIFFICILE À CHANGER

novembre 16, 2006

TRAITE DES FEMMES: UNE MENTALITE DIFFICILE À CHANGERCarnet de voyage de Dominic Desmarais. Viet-Nam, Cambodge.Difficile parfois de tracer une ligne entre ce qui constitue la traite des êtres humains et ce qui n’en ai pas. Difficile donc d’enrayer ce fléau, d’autant plus que nombre de Vietnamiens – et d’Occidentaux – considèrent normal ce qui correspond a la traite.J’ai visité, avec un groupe de voyageurs, les tunnels de Cu Chi. En fait, j’en ai visité un. 100 mètres de long, il a été aménagé pour la taille des touristes plus corpulents que les Vietnamiens. Ce sont les fameux tunnels qui servaient de refuges aux Vietcongs pendant la guerre. Ils s’y réfugiaient pour ne pas sombrer lors des bombardements américains. Puis, ils en ressortaient pour des attaques surprises. Insaisissables grâce à ce stratagème.Lors d’un arrêt, je discutais avec notre guide, un ancien professeur d’anglais qui a aussi participé à la guerre, du côté des Américains. Il m’a posé une question bien anodine: “As-tu une petite amie à Saigon (Ho Chi Minh)?” Il faisait référence à une copine de passage. Une Vietnamienne. J’ai répondu par la négative. Surpris, il se demandait pourquoi. “C’est pourtant facile, pour toi”, qu’il m’a dit en souriant. Pour lui, c’est juste normal qu’un étranger se trouve une compagne de séjour. C’est normal et simple comme bonjour.

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Traite des femmes et prostitution internationale en Asie

novembre 16, 2006

Traite des femmes et prostitution internationale en AsieJ’ai visité le Delta du mekong. Le Delta, réputé pour être un passage de la traite car il débouche sur le Laos, le Myanmar (Birmanie), la Thaïlande, le Cambodge, la Chine et le Vietnam, reçoit une attention plus particulière depuis peu par l’ONU et les autorités Vietnamiennes. Je voulais sentir par moi-même le milieu, pour comprendre un peu la vie des gens du côte Vietnamien. Si le trafic se passe entre tous ces pays, le Vietnam connaît trois problèmes criants: la traite des enfants vers le Cambodge, le Laos et la Thaïlande au profit de réseaux de mendiants; la traite des femmes et filles pour les mariages forces et celle des garçons pour l’adoption vers la Chine; la traite des femmes pour le commerce sexuel vers le Cambodge.J’ai pas pu sentir grand chose, la visite était, à mon grand dam, très touristique. N’empêche. Alors que je goûtais des fruits sous un chapiteau de bambou, j’ai eu droit à un petit spectacle de musique traditionnelle. Dans le groupe, une très jolie jeune femme. Qanh, 21 ans. Mon guide m’a demandé si je l’aimais. Sa question m’a fait sourire. Je lui ai répondu que je ne la connaissais pas, mais que je la trouvais fort belle. Du tac au tac, il me suggéré, sérieusement, de la marier et de l’emmener au Canada. Sans même me demander mon avis, il demande au proprio d’aller chercher Qanh pour que je lui parle… Merde, y’a rien a dire à une jeune fille timide, qui ne comprend pas un mot de ce que je dis, et qui est obligée de venir me parler. On a discuté 5 minutes, sans savoir quoi se dire. J’imagine que mon guide lui a parlé de mariage. Il n’a pas arrêté de me casser les oreilles avec ça pour le reste de la visite…Cet exemple fait partie de la traite des femmes. J’imagine qu’avoir voulu la marier, j’aurais obtenu l’assentiment de ses parents. celui de Qanh?. J’ignore si cela aurait été important. Pour mon guide, c’est tout a fait naturel qu’une femme ici marie un étranger afin qu’elle aille vivre dans un autre pays ou la vie sera, pense-t-il, meilleure pour elle. Et pour sa famille, qui au lieu d’avoir une bouche à nourrir, recevra de l’argent de l’étranger, voire un billet aller-simple pour ce pays après quelques années… On comprend que les parents soient d’accord!http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

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Prostitution. Mariage…

novembre 16, 2006

Prostitution. Mariage…Je remarque, dans mes déplacements, plusieurs couples ou l’homme est un touriste étranger, la femme, une jeune vietnamienne. Ça ne ressemble pas à de la prostitution, ça ressemble vraiment à des couples. Au début, le sourire en coin, je ne pouvais m’empêcher de me dire “tiens, un vieux blanc qui se tape le goût du jour!”Est-ce mal? La fille s’intéresse probablement au vieux (disons la quarantaine) pour son argent. J’ai vu la même chose au Congo, à la Sierra Leone, aux Philippines. Un vieux schnock à lunettes avec un pétard de la place. Je n’ai pas encore de réponse. Je commence à m’intéresser à la question.Mais je me demande quelle est la différence entre ces couples et ceux de notre société… Les gens riches et célèbres de ce monde auront toujours une splendide jeune femme à leurs bras. Est-ce plus acceptable quand il est question de deux individus issus de la même société? Chez nous aussi, on retrouve de jolies jeunes femmes attirées par l’argent.Comme je le disais, la ligne ne me semble pas très claire… Je vais en apprendre davantage tout au long de mon périple. Vos opinions sont les bienvenue pour m’aider dans ma réflexion!http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

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Racoleuses ou prostituées

novembre 16, 2006

Racoleuses ou prostituéesÀ ma première soirée à Ho Chi Minh, je suis allé dans un bar Karaoke. C’est Chin, un taxi-scooter, qui m’y a amené. Il m’avait proposé d’aller prendre une bière. Invitation que j’ai acceptée sur le champ. Avec deux conditions: un endroit pas du tout touristique et pas cher. Il n’a respecté que la première!Chin et moi sommes arrivés tôt, vers les 20h. L’endroit était assez bondé. Mais pas par des clients. Une vingtaine de jeunes vietnamiennes occupaient à elles seules le 2\3 de la place. Plus sexy – mais pas osées – que les filles rencontrées dans les rues de la ville, elles étaient toutes très jolies.Sitôt assis, la propriétaire, Mme Hunt, nous a payé une visite. Âgée de 42 ans – c’est du moins ce qu’elle prétend -, Mme Hunt était vêtue d’une robe traditionnelle. Son sourire était faux, comme ses cils et sa peau trop blanche dont les plis tiraient son visage vers l’arrière. Elle nous a quitté pour saluer d’autres clients passablement émêchés et en bonne compagnie. Que des asiatiques, certains dans la mi-vingtaine, la plupart dans la quarantaine voire plus âgés.Les filles de Mme Hunt égaient la soirée des clients. La plupart sont à l’aise dans leur rôle. Elles s’amusent. Si ce n’est pas le cas, ce sont de bonnes comédiennes! Elles discutent et plaisantent avec les clients et entre elles, vont sur la scène chanter. Les mains se baladent, mais pas trop. Elles se posent sur les cuisses, les épaules. Elles rient en se pressant contre leur client attitré. Des entremetteuses qui font boire le client qui leur paie également à boire.Dans ce bar, les verres sont toujours remplis. Dès qu’une bouteille de bière est vide, malgré le verre encore plein, un serveur en débouche une autre. Chez Mme Hunt, on boit! Mauvais endroit pour moi qui, depuis la fin de mes études, est bien incapable d’en ingurgiter plus de trois. Les filles, et Mme Hunt, se sont d’ailleurs bien moquées de mes gorgées liliputiennes lors des innombrables “cheers” (des yo par ici) provoqués par les hôtesses. Mme Hunt, et ses serveurs, boivent aussi dans nos verres!

Mme Hunt amène une de ses filles à un client près de moi. Une très jeune. La petite, qui dit avoir 20 ans, se prénomme Winh. Elle est habillée d’une mini-jupe et d’un chemisier noir. Elle ne parle pas un mot d’anglais. Chin joue les interprête plutôt mal que bien. J’apprends peu de choses, sinon qu’elle a débuté ce travail voilà une semaine. C’est Mme Hunt qui l’a débauchée. Elle l’a remarquée chez le coiffeur. Comme Winh n’avait pas d’emploi, qu’elle était jolie, Mme Hunt a sauté sur l’occasion. Difficile de refuser. Elle travaille, dit-elle, de 19h a 23h tous les soirs.

Une autre demoiselle, vêtue d’un jeans et d’une camisole, rien d’hyper sexy, s’assoit aux côtés de Chin, mon guide. Elle a du chien. Tout le contraire de Winh. Elle travaille pour Mme Hunt depuis 3 mois. Et elle aussi s’appelle Hunt… comme notre serveur d’ailleurs! Assez étrange…

Winh regarde peu son client, sinon a la dérobée. Je la sens très mal a l’aise. Pas à sa place. Après un bon moment, elle se risque à coller sa jambe contre celle de son prospect. Il faudra la venue de Mme Hunt, et son regard froid, pour que la petite se hasarde a déposer sa main sur la cuisse du client. Sa main ne bouge pas. Elle le regarde d’un sourire gênée.

Winh quitte pour un bon moment. Hunt, la jeune, en profite pour la remplacer. Je vois rapidement la différence entre une semaine et trois mois d’expérience. La main va rapidement sur la cuisse du client. Hunt rit abondamment, de façon naturelle. Puis, sa main remonte. D’une tape, elle lui touche l’entrejambe. Puis rit, comme si c’était une bonne blague. Elle recommence son manège plusieurs fois, puis fait à sa guise. D’où je suis, je vois mal si les autres filles sont aussi dégourdies avec leurs clients. Ce que je sais, c’est qu’ils quittent seuls, sans les hôtesses. Je me demande si les filles ne sont que des racoleuses, ou si elles font plus que ca… La soirée est encore très jeune, peut-être attendent-elles la fin avant de partir, accompagnées… Difficile de le savoir.

Plusieurs questions restent sans réponse. Est-ce que les filles proposent de passer à l’étape suivante? De quelle manière s’y prennent-elles et à quel moment? Combien se font-elles? Et surtout, est-ce que ça se passe dans un endroit emménagé dans le bar de Mme Hunt? Des questions auxquelles j’aimerais obtenir les réponses…

La jeune Winh est de retour. Elle dépose sa main sur la cuisse de son prospect. Elle participe peu à la conversation, cherche son regard tout en demeurant fort gênée. La soirée se termine peu après. Chin se lève pour aller aux toilettes. Hunt, la jeune, en profite, de la tête, pour demander au client s’il veut partir… avec Winh. Je suis consterné. Hunt qui propose les services de Winh? Elle qui n’est pas à sa place?

De retour dans ma chambre, je me suis posé un tas de questions. Lorsque Winh a quitté, est-ce parce que Mme Hunt, sa matronne, voulait la forcer à partir avec son client? Est-ce que Mme Hunt voulait entraîner sa recrue vers son premier client? Quel est le taux de roulement de Mme Hunt? Des filles comme Winh, il n’en manque pas à Ho Chi Minh. Combien de temps garde-t-elle ses filles au bar? Les envoie-t-elle ensuite dans un autre réseau moins glamour, une fois qu’elles se sont habituées à ce genre de travail? Je n’en ai aucune idée… Mais je sais que Winh n’est pas à sa place. Et je devine que dans trois mois, elle s’y sentira comme un poisson dans l’eau…

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Retour à une vie normale!

août 11, 2006

J’ai pris un peu de liberté, côté blogue, depuis mon retour! Toutes mes excuses!

Ça fait 3 semaines que je suis de retour. Pas vraiment eu le temps de me remettre de mon voyage. Première semaine, je l’ai passée à travailler mon texte sur les enfants soldats. La semaine suivante, c’était déjà l’heure du deadline pour les textes du prochain numéro (octobre\novembre).

Tout ça pour dire qu’il me faut rapidement passer à autre chose. J’ai l’Asie qui arrive à grands pas que je dois préparer. Une autre demande pour faire des reportages à l’étranger à composer, une autre pour emmener des étudiants en journalisme sur le terrain, à l’étranger, d’autre sujets à couvrir! Pas le temps de m’ennuyer, de penser à la Sierra Leone!

J’imagine que je revivrai la même expérience lors de mon retour du Vietnam et du Cambodge!

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Prise de bec à Gangstertown

juillet 21, 2006

Eh oui, je suis de retour à Montréal depuis lundi. Mon séjour d’une semaine en Europe, après la Sierra Leone, a été une course folle. De sorte que je n’ai pas eu le temps de parler de l’une de mes dernières soirées à Freetown.

Alex et David (je ne sais trop si j’ai déjà mentionné son nom… il s’agit d’un jeune nigérien, ami d’Alex) m’ont amené dans un endroit qui s’appelle Government Wharf. C’est un édifice ravagé par la guerre qui sert de squat pour les gangsters. L’immeuble n’a pas de toit sur la presque totalité de sa superficie. Il y a des murs, certains ne se rendent pas jusqu’au plafond.

Je me suis fait dire qu’il y a quelques années, une féroce lutte opposait ces gangsters à la police, qui cherchait à les faire déguerpir… Visiblement, les forces de l’ordre ont abandonné cette idée, les criminels contrôlent toujours l’endroit.

Alex m’a dit que ces gens, des anciens soldats pour la plupart, aimaient les étrangers. Qu’ils seraient contents de faire la fête avec moi. Ce fut bel et bien le cas. Au début! Intrigués par ma présence – j’étais le seul non africain de la place -, plusieurs venaient me payer une petite visite, question d’en savoir davantage sur ma personne.

Ç’a commencé à déraper quand j’ai pris des photos… Alex m’avait pourtant bien avisé qu’il n’y aurait aucun problème. Pas sûr, j’avais pris la peine de demander à un autre jeune homme que je ne connaissais pas. Lui aussi abondait dans le sens de mon enfant soldat. Alors j’ai sorti mon appareil numérique. Mes photos sont assez quelconques. Après 6 ou 7 photos, un gars de la place aperçoit mon flash… Commençait alors un épisode pas très rigolo…

Le gars en question, James, est un ex-taulard. C’est du moins ce que les gens de la place m’ont raconté. Il a fait 15 ans. Je ne sais pas pourquoi. La seule connaissance que j’ai du système carcéral sierra leonais, c’est par l’entremise d’Alex. Il a fait un mois et demi de prison… pour avoir poignardé un homme. 45 jours pour ça, je me demande bien ce que James a pu faire pour récolter 15 ans…

James a pété sa coche, comme on dit en bon québécois. Ses yeux le faisaient paraître fou. Je crois d’ailleurs qu’il n’avait pas toute sa raison… Il criait, se lamentait. Disons que je n’avais pas besoin de cette attention pour que ma présence soit remarquée!!! Alors que James vociférait, piquait une crise, tout le monde – une centaine de personnes au moins – s’approchait de moi. Curiosité, j’imagine!

En raison du troupeau qui m’entourait et rendait toute explication impossible, on s’est réfugié dans ce qui fait office de cuisine. James et moi nous sommes assis sur le congélateur. La pièce s’est remplie, je voyais des têtes dans l’embrasure de la porte.

James voulait voir les photos que je venais de prendre. J’ouvre une parenthèse: je suis très mauvais, côté technologie. D’ailleurs, j’ai toujours pensé que je n’étais pas né à la bonne époque, tellement je suis dépassé par cette ère informatique… Fin de la parenthèse! Donc James veut voir les photos. D’abord, il me demande de lui donner le film. L’appareil est numérique, donc pas de films. Il se saisit de la caméra. Je résiste de mon côté. On se retrouve, tous les deux, à empoigner la caméra, chacun tirant de son côté.

Il n’en fallait pas plus pour que les esprits s’échauffent à nouveau! Les autres se mettent de la partie, tirant la caméra avec moi. J,obtiens gain de cause, au grand dam de James. Après d’interminables minutes – interminables pour moi, s’entend! -, je parviens à comprendre le fonctionnement de mon appareil. Je montre mes photos à James. Rassuré, il se calme. Il veut tout de même la garder en sa possession.

- On attend le propriétaire de l’endroit, pour lui demander s’il accepte que tu prennes des photos chez lui, qu’il me dit.

J’avais envie de répondre que c’est un squat, un refuge, qu’il n’y a pas de propriétaire, mais à quoi bon prendre la chance de provoquer une autre crise?

Finalement, après des hauts et des bas – lire des crises suivies de périodes plus calmes -, James s’excuse. Tout rentre dans l’ordre. Enfin… presque. La dynamique, dans ce refuge, venait de changer. Et pas pour le mieux. Maintenant que j’étais bel et bien sur la sellette, tout un chacun en profitait pour venir se présenter… Je pouvais sentir ce qui allait arriver dans chacune de mes conversations avec les gens de la place. Ils trouvaient tous une histoire à me raconter qui finissait par une demande d’aide financière. Ma soirée était à l’eau. Je suis parti.

J’ai raconté cet épisode à certains de mes amis. La question la plus fréquente: t’avais pas peur? La réponse est non. Pour la simple et bonne raison que j’étais préoccupé par ma carte mémoire qui contenait toutes les photos de mon séjour. En aucun cas je pouvais considérer la laisser aller. Alors je ne pensais qu’à ça, et non aux problèmes qui auront pu survenir. Et est-ce que des problèmes auraient pu survenir? Évidemment. Ç’aurait pu dégénérer. J’ai cru, à un moment, que ça s’en venait, d’ailleurs.

Mais bon, je suis vivant, j’ai toutes mes dents!

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De l’Afrique à l’Europe

juillet 12, 2006

Dominic est revenu de la Sierra Leone dimanche. De retour à Bruxelles, il a rencontré brièvement le directeur des coopératives de santé d’Europe.

Changement d’horaire. Dominic, qui devait passer quelques jours à Paris avec des graffiteurs, a eu la chance d’avoir un rendez-vous avec un organisme d’intervention auprès des prostituées à Amsterdam. Il est maintenant en direction d’Amsterdam.

Les décalages horaires et le voyagement des dernières journées commence à épuiser Dominic. La fatigue se fait sentir, malgré que le moral soit encore au meilleur. Il reste encore 4 jours à ce voyage qui aura duré un peu plus de 5 semaines.

Raymond.

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Enfant-soldat à la Croix-Rouge

juillet 6, 2006

Grosse journée, hier. D’abord, j’ai emmené Alex, mon enfant-soldat, à la Croix-Rouge sierra-léonaise. Pour savoir s’il lui serait possible d’être choisi pour leur programme de réhabilitation. Il recevrait ainsi, pendant un an, un peu d’éducation, il apprendrait un petit métier, recevrait un repas par jour. De plus, il serait suivi par un enseignant, pour sa vie à l’extérieur du centre.

Je ne sais pas comment ça risque de tourner, pour Alex. Normalement, le programme est réservé aux moins de 18 ans. Alex pense en avoir 19… Aussi, le centre est à l’extérieur de Freetown. À une heure de route, environ. Alex devra s’y trouver un endroit où rester, s’il est choisi. Mais ça, ça peut toujours s’arranger.

Le programme pour l’an prochain n’est pas encore ouvert. Alex devra patienter jusqu’à septembre pour savoir si, finalement, la vie lui offrira cette opportunité. Car, l’idée, c’est ça: lui permettre de quitter la rue. On ne sait jamais, avec le centre de la Croix-Rouge.

Par exemple, j’ai rencontré une jeune femme, Sarah, qui y a passé un an. Elle s’est fait connaître, en raison non seulement de son histoire, mais également de son intelligence. Du même coup, elle a reçu une aide financière pour terminer ses études. Elle attend actuellement ses résultats afin de savoir si elle sera acceptée par l’université. Elle n’aurait jamais eu cette chance, sans le Centre.

Je ne sais pas ce qui arrivera à Alex. S’il aura une telle opportunité. S’il saura profiter de cette chance. Mais, si on n’essaie pas, alors je sais trop bien ce qui l’attend: la rue.

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Je suis malaaaaaade!

juillet 4, 2006

C’est bien désolant… Ça m’a pris samedi soir. Juste après cette petite réception pour la Fête du Canada. Mon estomac m’a vite fait comprendre que je ne quitterais pas la salle de bain de la nuit…

Mais, voilà. Dimanche et lundi n’ont guère été mieux. Au moins, j’ai pu sortir! Pas le choix, j’ai des contacts encore à faire, dont des organismes à rencontrer lors de mon retour en Europe à compter de lundi prochain. Alors, je m’occupe de la besogne prioritaire…

Malheureusement, mes maux vont m’empêcher, faute de temps, d’aller visiter une autre province comme j’espérais le faire cette semaine. Ce que je voulais faire ce week-end a été remis, idem pour hier. Y’a pas de quoi s’inquiéter, cependant. Ce n’est pas comme si ça ne m’était jamais arrivé!!!

Le problème, c’est qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Pas de remède miracle. Je ne sais même pas ce qui a pu me causer ce mal d’estomac. Le café que je prends dans la rue si régulièrement? La nourriture que je mange? Peut-être mes cokes ou orangeades, que je déguste dans les bars alors que je regarde les matches de la Coupe du Monde? Ici, une mouche qui survole votre verre peut très bien y déverser ses bactéries. À moins que ce ne soit l’urine des rats, dans les garde-manger de ces établissements…

Des façons d’attraper ce mal, il y en a tellement que je n’ai aucune idée comment j’ai attrapé mon mal de ventre. Alors, rien ne sert de paranoïer.

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La photo que je n’ai pas prise…

juillet 2, 2006

Je m’en veux encore… J’étais à Kabala, ville centre de la province du même nom. La province la plus éloignée de la capitale. 6 heures de route.

Je suis arrivé, en fin d’après-midi, à l’heure où le centre de réhabilitation pour enfants victimes de la guerre ferme. Pas trop déçu, je me dirige, avec le chauffeur de la Croix-Rouge, Chernor (un Sierra Léonais), vers l’un des deux endroits où il est possible de regarder le match de foot (soccer). C’est un gros match: Brésil contre Ghana, seul pays africain qualifié pour le second tour de la Coupe du monde.

L’endroit, le Sonfon, est bondé à craquer. Ils sont plus de 300 Sierras Léonais entassés dans ce bar qui n’offre presque pas d’ouvertures. Le bar est fait en forme de croix, de sorte que l’on retrouve 4 téléviseurs à chaque bout.

Je voulais prendre une photo de toutes ces personnes. Montrer qu’eux aussi peuvent être aussi fanatiques que nous, côté sports. Tout ce monde, torse nu, suant à grosses gouttes, le regard rivé sur le match.

J’étais trop gêné, voilà pourquoi je n’ai pas pris la photo. M’adresser à des centaines de personnes, je n’étais pas prêt… Car je n’aurais pas pu juste sortir mon appareil et faire comme si de rien n’était… Disons que j’étais le seul anachronisme dans la place… J’avais en mémoire mes démêlés avec certains jeunes de la rue, lors de ma nuit passée avec mon enfant soldat. Et cette fois où, dans le transport en commun (en fait, une Westphalia, où l’on s’entasse à plus de 12), j’ai été témoin d’une solide dispute entre deux personnes de la place… en raison de ma présence en ces lieux…

Bref, comme deux jeunes, dès le début de la partie, se sont échangé de solides baffes — un peu trop partisans!!! —, je ne voulais pas non plus créer une commotion entre ceux qui auraient accepté ma demande et ceux qui auraient refusé… Alors, je n’ai rien dit.

Le lendemain soir, j’étais avec une quinzaine de jeunes adultes de Kabala. Je leur ai raconté mon histoire. Ils m’ont dit que j’aurais dû le demander, que les gens auraient accepté… Ils ont bien raison. Je me suis mis des limites, pensant à leur place qu’ils auraient pu me trouver voyeur… Je garde cet épisode frais en ma mémoire. La prochaine fois, je demanderai.

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Joies et misères de la jeunesse à Freetown

juin 26, 2006

J’ai finalement décidé de couper mon message en deux. L’autre partie se trouve juste avant celle-ci.

J’ai enfin du temps pour partager ma nuit de mercredi passé. Une nuit que je qualifierais de magique, car riche en émotions de toutes sortes.

D’abord, ma rencontre avec Alex, mon enfant soldat de la rue. C’était lors d’un match de la Coupe du monde de soccer. Dans un petit bar, tout ce qu’il y a de plus simple, sur le bord de l’océan Atlantique: des chaises disposées devant une télé de grosseur moyenne, sous une grande hutte de bambou. Les pieds dans le sable fin, le soleil qui éclaire la télé, empêchant la plupart du temps de suivre la course du ballon! L’intérêt, c’est dans la réaction des gens. Leurs cris de joie, d’indignation, leur appui indéfectible pour leur équipe, mais pas trop partisan pour les équipes africaines. Comme cette journée, où jouait le Ghana.

À la mi-temps, je me suis retiré un peu de cette promiscuité. Contempler la plage d’un peu plus près. Il y avait un groupe de jeunes. J’ai entamé la conversation. La raison de ma présence à la Sierra Leone est vite tombée sur le sujet. Du coup, les jeunes ont pointé l’un des leurs: je venais de rencontrer Alex. Un peu taciturne, endormi. Petit de taille, mais athlétique. Je lui aurais donné 16 ans. Il en a 19. C’est du moins l’âge qu’il pense avoir. Enlevé par les rebelles à 10 ans, il ne connaît pas la date de son anniversaire. Ni le temps qu’il est resté dans la jungle, à guerroyer. 5 ans, selon lui. Mais allez savoir… Ce fut, pour lui, une longue année qui a duré on ne sait trop combien de temps.

Alex était ouvert à l’idée de me raconter son expérience. On s’est donné rendez-vous pour le lendemain. Regarder la partie de soccer, faire une partie de l’entrevue à la mi-temps, poursuivre après. On quittait le bar pour se retirer dans un endroit un peu plus isolé. Son histoire, Alex ne veut pas que tous la connaissent. Certaines personnes, bien que la guerre soit terminée depuis 5 ans, n’ont pas pardonné, les exactions commises. De ce côté, Alex est loin d’être aussi innocent que son apparence ne le laisse suggérer. Parfois, quand certains jeunes venaient rôder, intrigués par la présence en ces lieux d’un étranger, entouré de 4 ou 5 jeunes sierras-leonais, avec un calepin et un crayon, il fallait tout arrêter.

L’entrevue s’est déroulée sur plus d’une journée, en raison de cette méfiance envers les gens qu’Alex ne connaît pas. Devant ses amis, qui n’ont pas connu l’expérience de la guerre, Alex ne se retient pas. Son histoire, ils la connaissent. Même qu’ils l’aident à se souvenir, en lui rappelant certains événements qu’il a passé sous silence. Ou en rajoutant des éléments aux explications d’Alex. Car Alex n’est pas un grand orateur. Ses réponses sont simples. Il n’y a pas d’enrobage avec lui. Il répond à la question, point à la ligne.

Après quelques rencontres, j’ai su qu’il vivait dans la rue. Je lui ai dit que j’aimerais bien l’accompagner, pour une nuit. M’ouvrir à sa réalité. J’ai entendu son histoire pendant qu’il était enfant soldat, je voulais maintenant avoir un aperçu de sa vie après. En fait, Alex m’offre la possibilité d’établir une comparaison entre les enfants soldats qui ont reçu l’aide des ONG et ceux qui sont passés entre leurs mailles. Je n’ai aucune idée, pour le moment, si l’après-guerre est différent pour lui que pour ces autres enfants éduqués par les ONG.

Je rencontrais Alex à 21 h. Il était accompagné de David, un Nigérien qui a quitté son pays il y a 2 ans. David appréhendait son avenir avec peu d’espoir, au Nigeria, vu le nombre d’habitants. Je n’ai pas les chiffres avec moi, désolé. Mais, bon, David ne me semble pas mieux parti ici. C’est un jeune très intelligent, qui essaie de se débrouiller en jouant les caddys au club de golf. Il aspire à devenir un génie de l’informatique. Encore faut-il qu’il ait les moyens d’aller à l’école…

Mais je m’écarte. Donc, je rejoins mes 2 compères à 21 h. Namvula, une Anglo-Zambienne, vient nous rejoindre. Elle est photographe à la pige. Je l’ai rencontré le lendemain de mon arrivée. Tous les 4, nous nous sommes dirigés vers un endroit fort populaire auprès de jeunes sierras leonais peu fortunés. Sans surprise, Namvula et moi sommes les seuls étrangers. L’endroit est en fait une rue qui donne sur un petit cinéma (une cabane de bois avec une télé qui joue des films en DVD), un bar, de petits kiosques qui offrent de la nourriture, des bonbons, des cigarettes, etc.

En début, de soirée, la rue est plus populaire que le bar. À l’intérieur, les rares clients du moment essaient de discuter sur une musique qui crève les tympans. Le bar n’a pas de plancher. Que le sol, de la pierre sablonneuse inégale. En retrait, près des toilettes, se trouvent des chambres. 4 chambres. Les femmes de l’endroit y amènent leurs clients. 4000 Leones (3000 Leones = 1$ US) la chambre, 10 000 la fille. Pas de pimps. L’endroit est assez lugubre, peu éclairé. Les femmes sont peu affriolantes, et pour cause. Les plus belles traînent dans les boîtes fréquentées par les étrangers, dans l’espoir non pas de passer une nuit contre rétribution, mais plutôt pour y trouver un petit ami, voire un mari. Une façon comme une autre, pour elles, de se sortir de leur misère. L’amour, pour ces filles, est synonyme d’argent, de vie à l’extérieur de la Sierra Leone. Elles sont nées belles, elles utilisent leur principal atout pour se sortir de leur vie.

Je m’égare encore!!! Retour à la rue, donc. Alex semble connaître beaucoup de jeunes. Pour le reste, ils viennent parler à Namvula ou à moi. Il y a Alsyn, un jeune de 13 ans, qu’Alex a pris sous son aile. Alsyn (je ne sais comment il écrit son prénom) a dû transporter toutes sortes de choses, dont des munitions, à la fin de la guerre. Il avait 8 ans. Je suis censé le rencontrer le week-end prochain. Il va à l’école, ce qui ne l’empêche pas de traîner avec nous.

Les gens autour de nous boivent de l’alcool. Mais, ce qui surprend, c’est le nombre impressionnant de personnes qui fument de la marijuana. Tout le monde tire sur un joint. Ils sont en petits groupes, à se le passer. Ce manège, c’est toute la nuit qu’il se poursuit.

Vers une heure du matin, Alex nous amène faire un tour. Un long tour. On déambule dans des rues qui me sont totalement inconnues. Il fait noir à ne rien voir devant soi. Déjà que la ville a un grave problème d’électricité, ce n’est certainement pas dans ce quartier qu’on risque d’en trouver. Alors, pas de lumière dans cette nuit sans étoiles!!!

Alex, lui, avance d’un pas assuré. Il sent les trous, les flaques d’eau, sans même regarder le sol. Il avance rapidement, mais se retient pour nous. Il joue au protecteur. Et il prend son rôle au sérieux. Lui, qui souriait quelques minutes avant, avec ce qu’il avait fumé, le voilà soudainement sérieux. Il veut nous montrer tous ces jeunes qui dorment là où ils le peuvent. Il fait tellement noir que, sans son œil averti, je serais passé sans les voir.

Ils sont partout. C’en est affolant. Sur des chaises contre les maisons ou petits commerces, dans un café Internet ouvert toute la nuit, sur le sol… Certains dorment debout, arc-boutés contre une commode. Namvula sort son appareil photo. Pas d’autres choix que d’utiliser le flash, vu la noirceur.

C’est là que je me suis rendu compte que j’étais journaliste, pas photographe. J’avais avec moi mes appareils photo. Mais je n’ai pas été capable de les sortir. J’aurais été bien incapable de prendre ne serait-ce qu’un cliché. Parce que je ne pouvais assumer de prendre leur image sans leur permission. Remarquez, j’étais bien content que Nam ait le caractère qu’il faut pour ce genre de situation. Je n’ai aucun problème à rencontrer des gens dans des endroits qui ne sont pas sécuritaires, des tortionnaires, des criminels de guerre. Ça ne me dérange pas du tout. Au Congo, on m’a déjà sorti de mon véhicule. Une trentaine de miliciens, le AK-47 à la main, qui m’ont forcé à me rendre dans une hutte. Et j’en passe. Je n’ai aucun problème avec ça, parce que je suis capable de bien vendre ma salade. Pourquoi je suis là, ce que je fais… Mais pas la photo. Je ne suis juste pas capable de l’assumer, donc de l’expliquer.

Parce qu’on en a eu, des problèmes! Chaque endroit visité, chaque photo, était source de conflits. Ceux qui avaient les yeux grands ouverts n’apprécient pas notre présence. Nam est drôlement bonne. Elle parle créole, leur langue, elle est jolie, rassurante. Bref, avec l’aide d’Alex, on s’en sortait à tous les coups.

Notre marche nous a menés vers un terrain de soccer. À l’arrière du terrain, se trouvent de simples installations comme le banc des joueurs. Je n’ai pas pu compter le nombre de jeunes qui y dormaient. Trop nombreux. À en donner la chair de poule. Puis, le plus vieux, celui qui voit à leur bien-être — de façon informelle — est arrivé sur les lieux, attiré par le flashe de Nam. David et Alsyn, dans un premier temps, ont dû lui expliquer ce que nous faisions. Alex est allé les joindre, nous laissant, Nam et moi, en retrait. Finalement, le gars en question a accepté que Nam prenne ses photos. À condition que j’aille lui parler…

On n’a pas négocié. Il voulait simplement me dire qu’il approuvait ce que nous faisions. Que personne, dans son pays, il parlait du gouvernement, sans le nommer, ne voulait faire quoi que ce soit pour ces jeunes. Je vais peut-être, si le temps me le permet, aller le voir. M. Alfred Wilson, de ce que j’ai compris!

Ensuite, c’est la marche à travers d’autres rues. Sous le brouhaha des jappements de chiens. Bientôt suivis par des lumières qui s’allument, lampes de poches ou à l’huile, des résidents. À cette heure, dans ces rues, il n’est pas normal d’y retrouver des gens. On a déguerpi, plutôt que d’avoir à fournir — encore! — des explications.

Puis, ce fut la visite d’un marché. Une grande surface en béton blanc. La montée, boueuse, était assez difficile. Et l’odeur… Quand ils m’ont dit que c’était un marché, je ne les ai pas crus. Ça ressemblait davantage à un abattoir. Avec les déchets de toutes sortes, que je ne pouvais voir, mais que pieds sentaient au fur et à mesure que je foulais le sol. À perte de vue, de longs comptoirs blancs de béton, avec des ouvertures ça et là vers le plancher. Il était trop tôt, mais Alex m’a dit que, vers 4 ou 5 heures du matin, ils sont nombreux, les jeunes à venir s’y assoupir, après une nuit a faire la bringue.

C’est d’ailleurs ce que nous sommes allés faire. Nous sommes retournés au point de départ. Mon enfant soldat de la rue, il passe ses nuits debout, à cet endroit. Il passe les heures avec ces jeunes qui, comme lui, n’ont rien d’autre à faire que de traîner à cet endroit. En attendant que la fatigue les prenne, que l’endroit où ils vont dormir devienne alors bien secondaire. Alex, lui, dort vers 5 h. Il se réveille 2 ou 3 heures plus tard. Je comprends, maintenant, pourquoi il passait son temps à me dormir dans la face, de jour, lors de nos rencontres…

Moi, qui suis habitué à ces longues nuits — pas de partys, cependant —, je n’en pouvais plus à 5 h. Mais il faisait encore trop noir pour penser rentrer à la maison. Alors, on s’est assis, comme ça, sur le trottoir, à attendre. Des jeunes se sont rajoutés à nous. Les joints se sont encore allumés. Je parlais avec Ibrahim, 8 ans. Incapable de dormir. Il vit lui aussi dans la rue. Pas de parents. Que sa sœur, qui arrive à peine à faire vivre ses propres enfants, sous son toit. Ibrahim travaille l’après-midi. Il transporte pour d’autres des biens sur sa tête. À raison de 200 ou 500 leones (entre 20 et 25 cents) dépendamment de la longueur de la route ou de la pesanteur de ce qu’il a à porter. Ibrahim me raconte tout ça dans un anglais plus qu’approximatif, teinté de créole. Il tire sur sa cigarette, plus tard un joint, comme un vieux de la vieille.

J’ai acheté à manger pour notre petit groupe. On a dû partager avec d’autres jeunes qui squattaient avec nous. Au menu, à cette heure, des omelettes — sale un peu trop à souhait! — dans des pains de style kayser. Un seul remplit l’estomac plus qu’il n’en faut. Ibrahim n’a pas partagé. En 2 minutes, il avait tout englouti. Rien mangé de la journée. Pas de travail, la malaria l’a gardé au lit toute la journée. Encore que parler de lit est une expression, dans ce cas-ci.

Le temps du repas a été calme. Tout le monde — moi y compris — dévorait sa moitié de sandwich.

Et le bal est reparti… Alors que la plupart des gens que nous avions rencontrés étaient sympathiques, en un rien de temps l’atmosphère s’est changée. Pour un rien — je crois que des jeunes s’ostinaient sur le bien-fondé ou non de nos photos prises plus tôt — deux jeunes se sont mis à se taper dessus. Une bataille pour hommes, mettant aux prises des ados… Tout le monde s’y est mis pour les séparer. Rien à faire. Les fils se sont touchés. Ils ont continué de plus belle. Ensuite, ce fut le tour à ceux qui tentaient de les séparer. Une violence gratuite. Cette violence, elle est latente. Il ne suffirait de rien, ici, pour que la guerre ne reprenne. Mais ça, c’est un autre sujet sur lequel je reviendrai peut-être une autre fois!

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Premiers contacts à Freetown

juin 26, 2006

Attachez votre tuque, mon message risque d’être tout sauf court, cette fois. J’ai du temps devant moi, et j’ai tellement à raconter!

D’abord, mon truc pour rencontrer des gens de la place en qui je peux avoir confiance. Au début, je ratisse large. C’est simple, je parle à tout le monde. Je prends le même transport et je salue tous les occupants du taxi ou du bus (un Westphalia rempli à craquer). Je marche également beaucoup, ce qui est rare de la part des étrangers. Je me donne donc la possibilité d’être facile d’approche. Et quand je marche, je salue tout le monde sur mon passage. J’ai un très bon timing, actuellement. C’est la Coupe du monde de soccer. Ils en sont friands, du foot. Alors, je vais regarder des matchs là où on ne retrouve que des Sierras léonais.

Mon premier contact est primordial. Mais pas infaillible, c’est certain. Ainsi, je rencontre des gens qui n’aiment pas les étrangers. Je sens leur méfiance, leur animosité. La plupart du temps, ils ne m’abordent pas. C’est réciproque! Il y a également ceux qui me demandent de l’argent. «Monsieur le Canadien, vous savez, la vie n’est pas facile ici…» Combien de fois ai-je entendu ce refrain? Je les comprends très bien. Ils n’ont rien à perdre, ils sont peu souvent en contact avec un étranger — et, ici, blanc = riche —, ils n’ont pas nécessairement mangé de la journée… À leur place, je ferais probablement de même… Il s’agit, évidemment, de la catégorie de personnes (je déteste cataloguer les gens, mais je ne peux faire autrement, vu le peu de temps dont je dispose à la Sierra Leone) que je rencontre le plus fréquemment. Je ne développe pas de liens avec ces gens. À quoi bon? Ils me voient comme un guichet automatique. Alors, quelle conversation puis-je avoir avec eux? Leurs histoires vont toutes se diriger vers la même logique: que je leur donne de l’argent.

Il y a finalement ma catégorie préférée, celle que je recherche. Je suis assez chanceux, je tombe assez rapidement sur ces personnes. Il s’agit de ceux qui sont contents de voir qu’un étranger s’intéresse à eux. Qui voient en moi une personne différente, car, plutôt que de me promener dans une belle bagnole, d’être entouré que de la diaspora des coopérants étrangers, je suis seul… avec eux. Ça, je l’explique rapidement à ceux qui en profitent pour évacuer leurs frustrations envers les étrangers. Et ça fonctionne à tous les coups. C’est juste que la vie ne leur a pas donné la chance de voir les choses avec cette ouverture.

Les gens que je rencontre ne me voient pas juste comme Dominic, le journaliste. Ils voient en moi le Canada. Certains ont déjà eu des contacts avec des Canadiens. Pour d’autres, j’en suis le tout premier représentant. Moi, j’en ai conscience dans mes échanges. Je m’assure qu’ils aient non seulement une bonne opinion de moi, mais aussi de mon pays. Il m’est arrivé, dans le passé, d’avoir vu des portes s’ouvrir, à l’étranger, en raison de ma citoyenneté. Des gens qui avaient rencontré des Canadiens qui les avaient en haute estime. Alors, je me dis, sans savoir ce qu’il en adviendra, que j’aide probablement mes compatriotes qui passeront par le même chemin que moi.

J’avoue que je n’ai pas frayé avec le gratin sierra-léonais ou même étranger, ici. Mais j’ai parlé à une centaine de personnes, déjà. Une centaine de personnes qui associent le Canada au respect, à l’ouverture.

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Nuit endiablée dans les bas-fonds de Freetown

juin 23, 2006

J’ai bien peur de faire mon agace… J’ai trop peu de temps pour décrire adéquatement la nuit que j’ai passée avec Alex, mon enfant soldat de la rue! Et cette nuit, je veux bien la raconter, car elle représente exactement ce pourquoi j’estime avoir le plus beau boulot qui soit au monde. Pour la personne que je suis, bien entendu.

Alors encore une fois, ce n’est que partie remise. J’ai un horaire assez surchargé cette fin de semaine, et, vu les heures d’ouverture du café Internet, je ne sais trop encore quand j’arriverai à rendre ne serait-ce qu’un peu justice à cette folle nuit. Juste dire qu’elle fut un mélange d’ouverture sur un monde qui m’est inconnu, union avec une autre culture, aventure, misère, joie, violence. De tout, pour tous les goûts!!!

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Remis en raison de la pluie

juin 21, 2006

Je n’ai finalement pu passer la nuit avec Alex, mon enfant soldat de la rue. La pluie risquait de ruiner les photos que je voulais prendre.

Je ne sais trop à quoi m’attendre. Je suis allé manger avec lui hier soir, puisqu’il semblait très déçu que je décide de reporter le tout à ce soir. Il semble qu’il passe ses nuits soit dans les bars, soit dans un cinéma, où il parvient à dormir sans se faire voir…

On verra bien!

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Enfant soldat, enfant de la rue

juin 20, 2006

Salut Raymond,

J’espère que Rose se porte mieux. J’ai pensé à elle hier. Déjà 5 jours à l’hôpital! En espérant qu’elle retrouve rapidement la santé. Dis à Lyne que je souhaite que tout aille pour le mieux. Je sais à quel point elle aime ses enfants.

Je ne pourrai aller chez Western Union que demain pour ramasser d’autre argent. Je ne pourrai me procurer le cellulaire que demain ou le jour d’après. Tout dépend de ma nuit, que je vais passer avec mon enfant soldat, qui vit dans la rue. J’aurai la possibilité de prendre les photos que je veux, qu’il m’a dit. Il était le boss quand il était enfant soldat, il est le boss quand il est dans la rue!

Son histoire est complète, c’est fou! Il a fait de la prison il y a un an, pour avoir poignardé un gars qui l’avait offensé. Il a fait un mois et demi de prison. C’est là qu’il a décidé de changer de vie (il vivait comme un criminel). Ses amis connaissent son histoire et l’acceptent. Pour la réconciliation, pour qu’il ne redevienne pas un criminel. C’est une histoire comme on les aime: difficile, poignante, mais avec une lueur d’espoir. Je vais aller jouer au foot (soccer) avec leur gang bientôt. Ça aussi, ça ferait de belles photos. Montrer qu’à la Sierra Leone, ce n’est pas juste un pays qui a été en guerre. Que les gens sont quand même heureux, que les jeunes s’amusent.

J’avais l’impression d’avoir un départ lent, ça m’a stressé un peu. Mais au fond, quand je regarde ça, je me dis que ce n’est pas si mal. Je suis arrivé à la fin de la semaine passée. Je ne pouvais guère rencontrer de gens le week-end. Cependant, j’ai beaucoup parlé, à gauche et à droite. Je suis sorti avec Christophe, le coopérant de Cause Canada. Un vrai chic type. Pour mon enfant soldat, avoir été un journaliste conventionnel, je serais passé à côté. Du coup, j’accepte que ma façon, la façon Journal de la Rue – Reflet de Société, ait des différences et certains désavantages.

C’est certain que sentir, essayer de vivre, prend plus de temps. Je n’ai donc pas encore rencontré mes contacts. J’ai déjà de nombreux numéros de téléphones, des gens qui travaillent avec les enfants soldats. Ça va venir bien assez vite. Une fois que je les aurai rencontrés, je pourrai alors faire mon itinéraire et découvrir leurs projets hors de Freetown, la capitale. En ce sens, ça a du bon, d’avoir un peu plus de temps. Ça permet d’essayer de suivre des pistes qui finissent dans un cul-de-sac. Sauf que, travailler pour un gros média, ce n’est pas rentable, agir de la sorte.

J’aimerais également, très bientôt, parler des sujets que je veux développer, mon itinéraire. Bref, vous raconter mes démarches pour que vous puissiez voir comment j’avance!

Alors, comme tu vois, j’ai décidé de laisser de côté le stress et me faire confiance. Le problème, c’est que je n’ai pas envie de nuire au magazine, au Journal, côté finance. Comme c’est un aspect que je connais moins, je stresse plus facilement. Mais à stresser — ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé!!! —, je ne vais que compliquer les choses. Parce qu’au fond je n’ai aucun doute que tout va super bien se dérouler. Alors, je vais faire du sapré bon boulot!

Je te reviens sous peu, pour te dire comment ça s’est passé, ma nuit avec les jeunes de la rue.

Dominic

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/de-la-guerre-a-la-rue/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/traumatismes-de-guerre/

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http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/reflet-de-societe-a-la-sierre-leone/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/chaudrons-et-ak-47-a-13-ans/

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Mon environnement à la Sierra Leone

juin 19, 2006

Voici un bref aperçu de ma vie à Freetown, capitale de la Sierra Leone. J’arrive dans la saison pluvieuse, bien que le gros des gouttes est attendu pour juillet-août. Jusqu’à maintenant, je ne me plains pas trop. Il pleut de temps à autre, mais jamais trop longtemps. La température tourne autour de 27 degrés. Cependant, c’est assez humide. À titre de comparaison, c’est comme une grosse journée chaude d’été au Québec. Avec, ci et là, des brises rafraîchissantes. Les soirs sont parfaits.

Je suis hébergé par l’organisme albertain CAUSE Canada, qui vient tout juste d’aménager une grosse maison. C’est pour y loger ses coopérants. Il y a plusieurs chambres qui possèdent toutes une salle de bain. La mienne ne contient qu’un lit double — dans lequel je couche à la diagonale pour permettre à mes orteils de demeurer dans les limites du matelas! Pas le choix, le moustiquaire est de mise. Comme il manque de prise pour l’un des fils, mon moustiquaire ne ressemble pas à une tente. L’une des côtes s’affaisse, s’offrant comme une couverture suspendue. Pas super agréable, mais on s’y fait!!!

Le jour, il y a un gardien à la maison. Il s’appelle James. Ses deux jeunes enfants viennent avec lui. James, en échange d’un peu d’argent, fait la lessive des chambreurs. Il vient de me l’offrir pour 50 000 leones par mois, soit un peu moins de 17$ US (1$ US = 3000 leones). Ça me semble cher, mais bon. Je vais y aller à la semaine! James fait la vaisselle, nettoie la maison et la cour. Je me suis organisé avec lui pour les repas. J’ai été acheter une grosse poche de riz, des piments, de la sauce et du manioc. Coût approximatif: 15$ US. Ainsi, chaque soir, j’ai un repas et je nourris par le fait même ses 2 enfants et lui-même. Au moins, je n’ai pas à le préparer, ni à me rendre au resto, où c’est plus coûteux.

Ici, l’électricité, elle s’absente souvent. Pour être plus juste, elle ne nous rend pas souvent visite! Du coup, la plupart des gens du voisinage — de même que la maison où j’habite — possèdent une génératrice. Pas trop reposant, le bruit de ces machines.

Mon plus gros problème, pour le moment, c’est le sommeil. La génératrice du voisin roule à plein régime toute la nuit. Elle est pratiquement adjacente à ma chambre. Sans compter la chaleur. Je n’ai pas d’électricité, donc pas d’air climatisé. Y’a les piqûres de moustiques. Il y a aussi le décalage horaire. Je suis passée par Bruxelles, en Belgique, juste avant de repartir. 6 heures de plus qu’au Quebec. J’y suis resté 3 jours, et voilà que je dois composer avec un autre décalage. Cette fois, je reviens à 4 heures de différence avec le Québec. Mais je suis encore à l’heure de la Belgique! Je me réveille à 5 heures du matin, pensant qu’il est 7 heures… Assez bizarre. Mais je suis passé par là. Comme pour la chaleur, et comme pour les moustiques. Par expérience, je sais que ce n’est que passager.

Je reviens prochainement. Cette fois, sur mes rencontres!

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L’humilité du voyageur

juin 16, 2006

Je suis arrivé hier soir à Freetown, capitale de la Sierra Leone. Il faisait si noir que je n’ai pu vraiment me délecter des paysages tout verts, des palmiers, et de l’océan qui borde le tout. Je peux le dire d’emblée aujourd’hui, c’est fort joli.

Comme l’indique le titre de mon message, je redécouvre le même sentiment qui m’a toujours habité lors de mes arrivées en contrées éloignées. Je ne connais pas les lieux, la façon de me déplacer, le coût des transportsé. Bref, je suis un simple touriste lâché parmi des gens qui ont bien besoin d’argent.

Moi, qui suis de nature indépendante, je dois avaler une bonne dose d’humilité: sans l’aide des gens de l’O.N.G. CAUSE CANADA, je n’ai aucune idée où je dois aller et comment m’y rendre. En ce moment, Christoph, un Canadien originaire d’Alberta, est mon contact. C’est lui qui est venu me chercher à l’aéroport, qui me donne les conseils d’usage. Je me sens comme un boulet a ses pieds. Il est très occupé aujourd’hui, alors j’essaie de me débrouiller sans lui!

Chaque voyage, c’est la même chose. Au moins, dans le cas présent, je l’assumais avant même mon arrivée. Comme je suis ici seulement 24 jours, je me suis arrangé pour me dénicher un guide qui saura me diriger dans la ville, dans le pays.

Je ne connais pas encore son nom. C’est le neveu de M. Davis, logisticien sierra léonais pour l’O.N.G. albertaine (CAUSE CANADA). C’est un étudiant âgé de 18 ans — bientôt 19, m’a dit M. Davis — qui passe ses vacances d’été à ne rien faire dans la maison de son oncle. Pour 5$ US la journée, il va m’enlever toute perte de temps relatif à mon manque d’orientation. J’aurais préféré m’en passer. S’orienter fait partie des plaisirs du voyage. Mais le temps est un facteur assez important! Donc, ça m’arrange et lui aussi. Tout le monde est content!

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Rendez-vous difficile et panne de caméra

juin 15, 2006

Sans vouloir te déranger avec les anciens articles pendant que tu vis toutes sortes de péripéties, quelle est la fonction de M. Gagnon du profil Tourisme d’aventure en Gaspésie? Est-il un enseignant? C’est quoi le Cégep International. Peux-tu me donner quelques indications pour compléter l’article sur Gaspé.

Merci, @ plus et bon voyage.

Raymond.

Hey! Tu vas devoir attendre un peu, pour tes réponses! C’est fou comme c’est la course ici. Le pire, c’est que je ne crois pas qu’au Sierra Leone, ce sera aussi essoufflant…

Après t’avoir écrit hier, j’ai reçu un mail de la part de M. Cornely (pharmacie sociale). Il ne pouvait me rencontrer ce matin – ça tombait drôlement bien! – et suggérait qu’on se rencontre en après-midi. Ben ça n’a pas été plus possible… Il avait un autre rendez-vous, quitte demain en vacances, bref, impossible. Je lui ai proposé de le rencontrer à mon retour, soit le 10 juillet. Il m’a dit que ce serait bien mieux. Je vais donc lui envoyer un courriel pendant mon séjour au Sierra Leone pour savoir si ça peut aller… Je regarderai avec l’organisme de Christine en France sur la prostitution pour préparer le voyage au Cambodge et au Vietnam s’il leur est possible de me voir entre le 11 et le 13 juillet. Si tel est le cas, on pourrait rencontrer tout le monde!

Sinon bien j’ai eu un petit pépin avec MON appareil photo. Tout est arrangé. Je suis passé par une boutique de photos. J’y ai acheté, non pas le fil USB, mais un lecteur de carte qui se branche dans l’ordi. Elle m’a dit que ça allait non seulement plus vite, mais que ça coutait moins cher.

Bonne journée, salue tout le monde!

Dominic

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Départ imminent pour la Sierra Leone

juin 14, 2006

J’ai finalement reçu mon visa ce matin (cette nuit pour vous!). Moins compliqué que ce que j’appréhendais. Je ne suis pas mécontent de quitter Bruxelles pour l’Afrique. D’abord, parce qu’il s’agit de ma destination principale (!) et surtout, parce que la capitale européenne est essoufflante… Pour un journaliste à l’étranger, il y a deux grandes considérations: les communications et les déplacements. Et j’ai un méchant problème avec ces deux éléments! J’ai beau avoir habité Bruxelles 8 mois en 2003, j’ai peine à me retrouver. Je suis hébergé par un couple d’amis qui habite un coin de la ville que je ne connaissais pas du tout. Du coup, m’orienter est difficile. De plus, es transports en commun desservent mal la ville. Pas qu’ils soient inexistants ou vieux, non. Le problème, c’est qu’on a développé les transports pour desservir un certain coin, puis un autre, et encore un autre. Bref, il n’y a pas vraiment de vue d’ensemble. Donc se promener d’un coin de la ville à l’autre est assez long. J’use beaucoup mes semelles, depuis lundi. Côté communication, j’ai été mal conseillé. J’ai acheté une carte pour cellulaire et je ne parviens pas à obtenir des minutes… Comme je suis à la course, je n’ai pas eu le temps de régler ce problème! Mais bon, demain est un tout nouveau départ. J’arrive à Freetown, capitale de la Sierra Leone, vers 20h (14h au Québec). J’ai bien appris la leçon:je vais me débrouiller pour que les communications et le transport ne soient pas une embûche!

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Problèmes à l’ambassade du Sierra Leone à Bruxelles

juin 14, 2006

Je suis pas mal à la course et y fait chaud en titi… Je vais peut-être devoir annuler ma rencontre pour les pharmacies sociales… À l’ambassade, ils m’ont demandé d’y retourner demain. Je pense qu’ils avaient beaucoup d’ouvrage aujourd’hui. En plus, la dame m’a demandé une lettre d’invitation. Dans son mail sur ce qu’il me fallait, il n’en a jamais été mention. J’ai dit ok, pas de problème. Je vais lui envoyer un mail de CAUSE Canada. Bref, comme ça prend 24 heures, pour la demande, je ne courrai pas le risque de passer à côté… Y’a pas de stress du tout à avoir, c’est davantage une question d’horaire et de temps que ça prend pour se rendre d’un endroit à l’autre…Anyway, je suis encore à la course, je dois quitter!

Dodo

Réponse du rédacteur en chef

C’est sur qu’il faut prioriser le visa à l’ambassage, sinon tu ne pourras entrer au Sierra Leone. Mais ça serait dommage de manquer les pharmacies sociales. Je te laisse juger de la situation.

Bonne continuité. Raymond

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Communication du rédacteur avec globe-trotter

juin 12, 2006

Salut Dominic.

Jean-François vient de me mentionner que tu n’as pas pris le fil de transfert USB qui va entre la caméra et l’ordinateur. Je te propose d’en acheter un en Belgique avant que tu n’arrives à Sierra Leone. Rendu en Afrique, tu risques de ne pas pouvoir en trouver. Les lecteurs de Reflet de Société ont bien hâte de voir tes photos et ils ne veulent pas attendre ton retour de Sierra Leone le 15 juillet.

Au plaisir, Raymond.

Réponse de globe-trotter

Merci bien, c’est noté! Bordel, j’ai bien de la misère avec le clavier… je cherche les mQdites lettres… Je te reviens plus longuement je sais pas quand… Je suis complètement perdu, à Bruxelles… Mais bon, ça devrait finir par s’arranger!

à dans betôt,

Dom

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48 heures avant le jour J

juin 9, 2006

Eh oui, ne me reste plus que 2 jours avant de partir à l’aventure! D’ici là, j’ai ces incontournables rencontres avec des amis – je viens d’aller voir ma mère à Sherbrooke. Je ne peux m’expliquer pourquoi les gens tiennent tant à voir l’heureux voyageur avant qu’il ne quitte sous d’autres cieux. Mais chaque fois, c’est la même rengaine!

Bruxelles est un passage obligé, pour me rendre à la Sierra Leone. C’est là que je vais pouvoir demander mon visa. Je profiterai de mon passage dans la capitale européenne pour rencontrer des gens qui travaillent auprès des femmes libérées de réseaux de prostitution, ainsi que le secrétaire général des pharmacies sociales d’Europe. Des articles à venir!

Côté Sierra Leone, mes contacts sont faits! Le seul problème, c’est que je ne suis pas en mesure d’établir déjà un itinéraire. C’est que je n,ai aucune idée du temps qu’il me faudra avec l’un ou l’autre des organismes. Elle est là, la différence entre Reflet de Société et un média conventionnel.

Le journaliste qui part pour un reportage à l’étranger s’absente très peu de temps, normalement. Son horaire est déjà planifié avant qu’il ne parte. Il sait qui il va voir, ce que la personne va lui dire. Une sorte de visite guidée, en somme. Le gros de son travail est fait avant même d’être sur place!

Moi, j’ai l’approche contraire. Je ne veux pas diriger mes pensées sur des éléments trop précis. J’ai des sujets assez larges, il va sans dire. Je sais que, une fois en sol africain, en rencontrant mes intervenants, mes idées vont se préciser. Mais elles le seront en toute connaissance de cause: ce sont les gens que je vais rencontrer qui vont me mettre la puce à l’oreille.

Plutôt que de diriger mes interviews, en allant chercher l’information que JE veux, je laisse le soin aux principaux intéressés de s’ouvrir. Ainsi, j’ai moins de chance de passer à côté des histoires les plus intéressantes.

Bon, j’ai encore fort à faire! Je vous réécris… de l’autre côté de l’Atlantique!!! 

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Rien de nouveau sous le soleil…

juin 1, 2006

Je suis peu volubile, aujourd’hui. Il me semble que je n’ai rien à dire… J’ai encore deux articles où il me manque certaines informations… Le problème, c’est que ma tête est au Sierra Leone… Méchant problème!

Je ne sais comment font les journalistes qui partent régulièrement à l’étranger… Mais peut-être que leur expérience, leurs nombreux séjours à l’étranger, les rend immunisés contre cette fébrilité qui m’envahit.

Faut dire aussi que je ne suis pas parti depuis 2 ans… On verra cet automne, alors que j’irai au Vietnam et au Cambodge, si l’expérience va rentrer pour moi aussi.

Mais d’ici là, j’ai quand même des articles à écrire!

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Un voyage qui s’annonce bien!

mai 30, 2006

J’ai vraiment de la chance! Samedi, j’ai rencontré Beverley Carrick, la directrice de l’ONG CAUSE Canada. Basée à Calgary, l’ONG est présente à la Sierra Leone pour y travailler avec les enfants victimes de la guerre. Enfants soldats et enfants mutilés, CAUSE tente de les réhabiliter.

Bref, son mari, Paul, à qui j’avais envoyé un courriel, m’appelle pour me dire que sa tendre épouse est à Montréal pour la fin de semaine.

Je n’ai fait ni une ni deux, je la contacte pour l’inviter à prendre un café le samedi. L’entente a été telle qu’elle m’a offert d’envoyer l’un de ses employés du Sierra Leone à mon arrivée à l’aéroport. C’est d’un grand soulagement! Il y a 2 ans, quand je suis allé en République démocratique du Congo, personne n’est venu me chercher… Dans une ville que l’on ne connaît pas, une culture totalement différente, pas évident de savoir où se rendre… Surtout que, d’ordinaire, les aéroports sont situés en dehors de la ville.

De plus, chanceux que je suis, Beverley va mettre à ma disposition un appartement que CAUSE a à Freetown, la capitale. Un autre soulagement! Parce que je ne pense pas que le pays soit très touristique – une raison importante dans mon choix! Bon, alors voilà deux éléments importants de réglés. Ça avance!!!

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Rencontre jeunesse à Saint-George de Beauce

mai 26, 2006

Mon travail m’amène à développer toutes sortes d’habiletés. Moi qui suis journaliste de formation, voilà que je dois rencontrer des classes pour sensibiliser les jeunes à différentes problématiques, dont la rue.

J’ai rencontré des jeunes de l’école primaire Lacroix, à Saint-George de Beauce. C’était ma première expérience solo! Commencer avec des élèves de 11-12 ans, moi qui suis dans la jeune trentaine, méchant défi! Adapter mon vocabulaire, mes exemples à leur âge n’est pas évident. Surtout quand vous êtes, comme moi, plutôt timide en exposé oral!!!

Je n’avais rien préparé. J’ai toujours détesté, étudiant, les gens qui récitaient par coeur un texte. Je me suis laissé aller, en me rendant compte que mon travail de journaliste, allié au milieu du Journal de la Rue qui me tient plus proche de mes émotions, m’aidait grandement. Les liens se font aisément, les exemples viennent d’eux-mêmes.

Moi qui voulais provoquer les échanges, j’ai eu droit au contraire: des petits yeux grands ouverts qui écoutaient mes histoires avec intérêt. Je n’en revenais tout simplement pas! Peut-être s’agit-il du beginner’s luck!

Toujours est-il que j’ai adoré l’expérience. Les enfants ont cette capacité de nous énergiser positivement.

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Flashback sur le Saguenay

mai 25, 2006

Le temps me coule entre les doigts! J’ai passé près d’une semaine au Saguenay et je n’en ai même pas encore parlé!

J’y allais dans la même logique que mon séjour en Gaspésie. Pour faire des articles, des contacts. Pour découvrir – disons survoler – la réalité des régions.

Ben c’est toute une réalité que j’ai découvert et ce, dès le premier jour! On va faire ça court… car je sais que j’ai tendance à m’éterniser, dans mes messages!!!

Mise en contexte… Je suis dans ma voiture. J’ai quitté Saint-George de Beauce vers midi. Je me dirige à Alma. Mon cellulaire sonne. C’est une responsable de la Corporation de  développement communautaire (CDC) de la région. Ça mange quoi, une CDC? En gros, ça regroupe les organismes communautaires du milieu pour favoriser la concertation, promouvoir et développer le réseau, faire connaître les ressources et les réalisations des organismes membres. Bref, ça réunit tout ce beau monde pour améliorer le réseau et lui donner une vitrine.

La dame en question retournait mon appel de la semaine précédente. Elle me demande de lui expliquer ce qu’est Reflet de Société, de même que le Journal de la Rue. Je m’applique donc à lui faire un topo. J’en ai l’habitude, je m’exécute chaque fois que j’approche une personne pour un article. Je lui raconte également mon approche pour les sujets en provenance des régions. Que je veux les unir en mentionnant les bonnes idées, question de donner cette même idée aux autres régions qui pourraient l’adapter à leur réalité. Chaque région renforçit les autres, voilà mon approche.

Finalement, après mes explications, elle me dit: “on ne se verra pas. Je n’aime pas l’idée du Journal de la Rue, de votre magazine. Et on a assez de journaux ici pour parler de nos bons coups. On a pas besoin de vous pour ça!”

Son ton, il est utile de le préciser, n’était pas vindicatif. Elle n’était pas fâchée contre moi. Au début, ça m’a certes décontenancé. Comment ça, c’est pas une bonne idée, le Journal de la Rue?

Mais bon, cette dame a droit a son opinion, que je la partage ou non. Je ne la connais pas, je ne connais pas le milieu dans lequel elle gravite, son environnement social, son éducation. Bref, sa façon de pensée a été forgée de manière fort différente de la mienne. À sa place, avec son passé, ses expériences, son background, peut-être aurais-je eu la même vision qu’elle. Alors je ne la juge pas.

Je comprends que nos visions sont clairement opposées, cependant. Que sa façon de voir les choses est en contradiction avec la mienne. Elle, elle veut garder ses projets pour son Saguenay. Moi, si j’avais de beaux projets, je serais fier de les présenter à l’ensemble de la province. Fier d’ouvrir les gens d’ailleurs à des idées auxquelles ils n’avaient pas pensé.

Le meilleur exemple: Jonquière Médic. Dans le numéro d’avril – mai (Vol. 14, numéro 4), j’ai fait un article sur ces médecins qui se sont organisé un service médical à domicile. Ça fait 20 ans que ça existe mais personne n’en a entendu parler… J’ai reçu un appel des Laurentides. Une dame très intéressée par cette idée. Elle va regarder s’il serait possible d’organiser un tel service pour sa région…

Juste par cette idée, on réuni des gens de Jonquière et des Laurentides. Plutôt que de diviser nos régions, on les rassemble. Ma vision en est une d’ouverture, celle de la responsable de la CDC est à l’opposé. De la fermeture.

Ma façon de voir les choses n’est pas la meilleure. C’est la mienne, point final. Alors cette dame, c’est logique, a droit à la sienne. Y’a juste pas d’atomes crochus.

Bon, me suis encore une fois trop étendu!!! Je vous reviens sur le Saguenay très prochainement!

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dans 18 jours, l’aventure!!!

mai 24, 2006

C’est maintenant fait! Je viens tout juste d’acheter mon billet aller-retour Bruxelles – Freetown (capitale de la Sierra Leone). Je pavoise un peu, mais pas pour très longtemps! D’ici mon départ, je dois rencontrer des ONG qui ont des coopérants là-bas qui travaillent avec les enfants soldats. Question d’avoir, avant mon arrivée, des contacts dans ce pays que je ne connais pas du tout.

Mais ce n’est pas tout. J’ai beau partir 5 semaines pour y faire des reportages qui s’échelonneront sur 3 numéros, j’ai aussi des articles à remettre avant mon départ. un article sur la santé, sur des régions, une rencontre – à déterminer – avec des détenus qui sont derrière les barreaux depuis presqu’une vie, une autre avec d’anciens membres d’un gang de rue, bref, je suis débordé!

Encore heureux que mes vaccins soient déjà pris… Non, avec tout ce travail, j’ai comme l’impression que c’est seulement une fois bien calé sur mon siège, dans l’avion, que je réaliserai que je retourne en Afrique, 2 ans après avoir passé 3 mois en République démocratique du Congo.

Vive l’aventure! 

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/enfants-soldats-de-la-guerre-a-la-rue/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/de-la-guerre-a-la-rue/

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http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/reflet-de-societe-a-la-sierre-leone/

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En harmonie avec la nature

mai 4, 2006

J’ai mentionné, précédemment, que j’avais rencontré Ginette un samedi après-midi (voir Des oh! et des bah!). Ginette vient de Saint-Jean-sur-le-Richelieu. Fatiguée de sa vie de citadine, de ses 3 ordinateurs, son chalet, ses nombreuses voitures, bref du rythme effréné de la ville et sa surconsommation, Ginette s’est poussée pour adopter une vie qui lui sied mieux. “Ça me rendait agressive”, m’a-t-elle expliqué, à propos de son ancienne vie. Mariée à un haut fonctionnaire, elle ne manquait de rien sur le plan matériel. Ce qui ne l’a pourtant pas empêchée de se pousser. Du mari, de son train de vie… La jeune cinquantaine, habillée d’une jupe de jeans et d’un tricot vert, elle ne donne pas l’impression d’une hippie partie vivre son trip nature.

Sylvain, son conjoint, possédait sa propre compagnie d’aménagement paysager. Ses clients, de riches propriétaires de Westmount (quartier cossu de Montréal), lui assuraient une vie bien peinarde. Il a tourné le dos à cette vie qui l’aidait à répondre à ses besoins toujours grandissants d’alcool et de drogues. “Moi, quand j’étais esclave de la dope, mon pusher c’était mon boss”, affirme-t-il. Bien calé sur sa chaise de bois, sous un soleil de plomb, Sylvain s’ouvre. “Moi, j’ai frappé un mur. 8 fois. Mais ils ne frappaient pas assez fort…”

Il s’est établi avec Ginette en Gaspésie, à l’Anse Pleureuse, depuis 2 ans. Il n’a rien consommé depuis un an. Il met ses énergies sur sa maison, organisée en un écosystème qui bientôt, l’espère-t-il, assurera à son couple tout ce dont ils ont besoin. C’est sa fierté, son rêve.

“J’ai toujours voulu me bâtir un écosystème. Là je le fais. Sur mon terrain. Mes enfants sont très impressionnés par moi”, raconte cet homme des bois, les mains écorchées par le travail.

Sylvain a installé 2 panneaux solaires sur le toit de sa remise. Une toute petite éolienne, sur la maison, vient porter renfort aux moments où il n’y a pas de soleil. Sinon, 4 batteries de 12 volts, des batteries de kart de golf, suffisent à alimenter leur maisonnée. Il a mis sur pied un système qui dirige l’énergie de fa¸on à ce que ses appareils aient la juste force pour leur utilisation.

Derrière sa maison, un profond trou. C’est là, à tous les matins, qu’il va puiser l’eau de la journée. Directement dans la nappe phréatique. 10 minutes lui suffisent pour pomper ses besoins quotidien qu’il évalue à 30 gallons. Soit l’équivalent de 6 chasses d’eau par jour. “Mon moment de bonheur de la journée, c’est le soir, quand on prend notre bain!” Une eau, faut-il le préciser, qui est chauffée par le poelle à bois…

“Moi mon énergie, elle n’est pas rentable, économiquement. Ça m’a coûté 6000$, m’installer tout ça. Mais j’économise sur ma consommation”, dit-il tout en roulant son tabac. La clope au bec, il repart dans sa réflexion.

“Les maisons ne sont pas faites pour l’humain. Elles sont faites pour le quicailler, le constructeur. Si c’était fait pour l’homme, ça coûterait moins cher. Mais ça, ça aide pas dans une société basée sur la croissance économique… Les choses importantes de la vie, on les a oubliées. On a besoin de chaleur, de contact humain, de se déplacer, de la nourriture. Quand tout le monde aura ça, on pourra s’acheter une 2ème télé, un 3ème téléphone. Mais en ce moment, il y a beaucoup d’enfants qui ne mangent pas…”

Parlant de manger, Ginette adore cuisiner. Sur leur grand terrain, les deux tourtereaux ont semé des plantes, légumes et fruits qui leur permettront, dans un avenir pas si lointain, de subvenir à leurs besoins. Ils ont des poulets et attendent des cochons. Ginette fait à peu près tout elle même. Les pots Masson lui sont très utiles!

Ginette et Sylvain, comme nombre de Gaspésiens rencontré en Haute Gaspésie, ne croient pas aux grosses multinationales pour assurer la survie économique de la région. “Si on fait une agriculture intelligente, une foresterie intelligente, de l’eau propre (ce qui est rare), ils viendraient de partout dans le monde pour voir comment on s’y prend. On appelle ça du développement durable. Mais c’est incompatible faire du développement durable et la croissance économique…”, explique-t-il.

L’après-midi tire à sa fin. Je suis attendu à Gaspé. Le temps s’est arrêté, l’espace de 2h30. Un bel échange d’ouverture, humain, entre deux purs inconnus qui se sont quittés avec un large sourire, l’air de dire “quel petit moment de bonheur”.

Comme quoi il suffit de peu de choses…

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Des oh! et des bah!

mai 2, 2006

Il y a deux ans, je vivais mon premier voyage journalistique. Mon seul en fait. J’étais allé en République démocratique du Congo, en plein coeur de l’Afrique. Ils sortaient alors – et ça n’a guère changé depuis… – d’une guerre de 5 ans (qui a fait plus de 3 millions de morts et autant de déplacés, le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale) qui elle suivait une dictature de 32 ans… Mais là n’est pas l’objet de mon propos…

Ce que je veux dire, c’est que j’étais quelque peu rouillé, côté escapade journalistique… Déjà que ma méthode de travail diffère de celle des journalistes traditionnels, je savais bien que mon séjour serait parsemé d’imperfections! Ou d’erreurs, c’est selon!
Mon côté lunatique n’aide guère également… Idem pour mon (non)sens de l’orientation!

Voilà donc que je me dirige vers la Gaspésie. Environ 8 heures de route, sans autres arrêts que ceux pour remplir la voiture d’essence. La mer borde ma gauche, les montagnes ma droite. Je me dirige allégrement en Haute Gaspésie, avec le soleil qui me guide. Tout est parfait. Je suis fébrile. Je ne sais comment se passeront mes prochains 9 jours, ce que verront mes yeux, ce qu’entendront mes oreilles. Je ne suis jamais venu dans cette partie de la province, je n’ai eu que de rares contacts avec les gens que je dois rencontrer. C’est l’inconnu. Un très fort stimulant pour la personne que je suis.

S’il est une chose que je sais – et que j’accepte -, c’est que les événements ne se dérouleront pas comme prévu. J’y suis habitué. D’autant plus que ça fait partie de la beauté des voyages. Apprendre à ne pas pouvoir tout contrôler. Apprendre à improviser ou réagir positivement en cas de pépins. C’est souvent lors de ces moments que l’on se découvre. C’est du moins mon cas! Et ces moments, souvent, ont une place de choix dans mes souvenirs.

Un exemple, question de ne pas m’égarer dans un texte trop long. Dimanche 23 avril. Je quitte Mont-Saint-Pierre, où j’étais hébergé par le père de mon ami d’enfance, maire jusqu’à tout récemment de cette petite municipalité de 250 âmes. Je dois me rendre à Gaspé, pour la suite de mon périple, en faisant un détour par Murdochville. J’espère y rencontrer l’un des frères Atkins, co-fondateur des saumons fûmés du même nom. Pour la petite histoire, les deux frères sont originaires de Granby, en Estrie. En vacances en Gaspésie, ils ont à ce point aimé la région qu’ils s’y sont installés à demeure. Ils ont ouvert leur commerce qui, aujourd’hui, voit l’Europe, les États-Unis et l’Asie reluquer ses produits. Une bien belle histoire, comparativement aux fermetures d’usines ou de mines qui font régulièrement les manchettes.

C’est Ginette, qui est derrière le comptoir les fins de semaine, qui m’a expliqué tout cela. On a parlé 1h30, le samedi après-midi. À son sujet, j’y reviendrai dans un message ultérieur. Une autre très belle histoire. Positive comme je les aime. Bref, Ginette me parle du plus jeune des frères, qui passe ses samedis et dimanches à Murdochville. Paraît qu’il ski.

Malgré l’état de la route (la 198 si je ne m’abuse), j’ai bien hâte de découvrir cette ville dont j’ai entendu parler en raison de la fermeture de la mine qui avait soulevé un débat lancinant: fermer ou non la ville?

J’avoue que Murdochville, c’est déprimant. En titi. Un gros quadrilatère avec peu de rues. La mine et sa grosse bâtisse qui ne tourne plus sont au fond. La ville y ressemble: sans vie. Faut dire qu’on est dimanche… Seule activité palpable, les quelque 10 skieurs présents pour les derniers jours d’opération de la saison. Mais bon, ce n’est pas parce que moi je trouve Murdochville déprimant qu’il doit en être ainsi pour tout le monde. Encore moins pour ceux qui y habitent.

Je voulais prendre en photo la ville. Montrer sa réalité. Du coup, je me souviens que j’ai complètement oublié d’apporter les piles rechargeables de l’appareil photo… Ma première bourde. Moi qui travaillais auparavant avec un vieux Nikon comme arme de guerre, me voilà ancré dans mon époque numérique. La prochaine fois, mon appareil à film va voyager avec moi. Une bonne chose d’apprise.

Je déniche le seul endroit du coin ouvert et susceptible de vendre des piles. Pas de portefeuille. Diable, je l’ai oublié chez mes hôtes. Qui sont partis en même temps que moi. Pour Rimouski, à 3 heures de route. Pas d’argent, pas assez d’essence pour aller les y rejoindre reprendre la clé, des amis qui m’attendent à Gaspé… La déprime de la ville m’atteint. Et mon cellulaire est hors réseau.

Je retourne au commerce des frères Atkins. Ginette m’accueille! “Je suis bien contente de te voir.” Et moi donc! “Dis, j’aurais pas oublié mon portefeuille ici par hasard” que je lui demande, sans espoir, sachant trop bien que je l’avais avec moi la veille quand je l’ai quittée. Je lui explique ma situation, entre les consommateurs qui débarquent. Du coup, elle me refile 40$. Au cas où j’en ai besoin pour l’essence. Une bien belle générosité. Faut dire que la veille, je lui avais remis un exemplaire du magazine. Elle a adoré, son conjoint également. Au point où – elle me l’a annoncé à ce moment – ils vont abonner leurs enfants respectifs. Comme quoi ça donne des avantages, travailler pour un magazine du coeur!!!

Pour couper court, je n’ai pas eu besoin d’aller jusqu’à Rimouski. Je me suis arrêté au motel, voisin de mon hôte. Robert – c’est son prénom -, est connu de tous, il est (était!) maire! Ils m’ont trouvé le numéro de sa nièce, qui habite tout près. Elle a un double des clés. Ce qui m’a permis d’entrer dans la maison, à la recherche de l’objet tant convoité… que j’ai finalement trouvé au fond de mon sac à dos…

Assez écrit… J’ai d’autres anecdotes, des rencontres épatantes. J’en ai encore beaucoup – probablement trop! – à raconter… La suite un autre jour!

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La veille du retour de la Gaspésie

avril 29, 2006

Mail envoyé par Dominic à Raymond. 

Je suis chez Paul Le Guerrier, où je suis fort bien reçu (comme ce fut également le cas partout)!

Très bonne idée, que de mettre mon mail sur le blogue. J’ai un séjour ô combien enrichissant, rempli (je n’ai pas arrêté) et éreintant. Certains des sujets qu’on avait prévu défricher ont été abandonné, faute de temps ou par rendez-vous qui n’a pas eu lieu. Cependant, d’autres ont pris la place. On est booké pour plus d’un an pour la Gaspésie, bien qu’il va me falloir compléter la plupart des sujets à partir de Montréal. J’ai du stock comme c’est pas possible. Pour tout te dire, je suis pleinement satisfait de mon séjour. J’ai aussi en banque d’autres sujets qui ont été portés à ma connaissance par les gens que j’ai interviewés. Je n’ai pu pousser davantage, mais ils sont là.

J’ai de bien beaux sujets. Plusieurs très positifs. En fait, en y repensant, j’en ai en titi des bons sujets!

Y’a aussi que je me rends compte que je fais pas mal de bien aux gens. Ça me fait du bien en retour! Je pense qu’il y a une autre façon de faire du journalisme. Plus positif. Au lieu de seulement parler de ce qui va mal, on peut mettre l’accent sur ce qui va bien. À ce sujet, je pense qu’un édito – de ta part!!! – serait pertinent. Et je suis persuadé que nos lecteurs seraient du même avis. Les gens que j’ai rencontré ont adoré notre concept – Reflet et JDLR – et notre vision.

J’ai téléphoné chez Légaré (la voiture) aujourd’hui. Je vais leur remettre la voiture un jour plus tôt (dimanche). Je me vois mal revenir dimanche. Un peu de fatigue, mais aussi je veux m’enligner pour la semaine prochaine – grosse semaine -, regarder pour faire un retour sur mon séjour en prévision des autres voyages (points forts, points faibles). Décompresser un peu. Mais je suis plus motivé que jamais!

Par rapport à Anne Panasuk, je suis très fier de ta décision. Il n’y a pas beaucoup de médias qui agiraient de cette façon. C’est valorisant. J’adhère 100%. J’ai déjà hâte de te lire. Ferais-tu un article du genre la croupière Éléonore Mainguiy!!! ou, dans la même veine que la galerie Yves Laroche? J’avais vraiment aimé ton écriture. Mais ça dépend si t’as le temps d’écrire 2 pages!!!

Pour mardi soir, PLace Versailles, avec les gens d’Équimonde, je vais y réfléchir. Le sujet est bon. Mais faudra voir… J’ai déjà une grosse semaine en perspective… On va y réfléchir…

Dominic

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En direct de Carleton, Gaspésie

avril 29, 2006

Bonjour – plutôt bonsoir – à toutes et à tous. J’achève mon séjour en contrée gaspésienne et, finalement, j’ai réussi à dénicher un ordinateur!

Je suis hébergé par un ami de Raymond et Danielle, Paul Le Guerrier, qui a dirigé le CLSC à Hochelaga il y a quelques années. Comme il lit régulièrement notre blogue, c’est pas sa bouche, à mon arrivée, que j’ai appris qu’il y aurait possibilité d’effectuer un séjour dans le Grand Nord. “Comme ça tu vas aller voir les Innus”, qu’il m’a demandé. Il a bien vu le point d’interrogation affiché sur mon visage… Il m’a alors montré le texte de Raymond.

C’est fou comme le timing est bon! Pas plus tard qu’hier, j’ai passé 1h30 à discuter avec le chef de bande MiqMag de Gesgapegiag, John Martin. Je commence à m’intéresser au sort des autochtones, question de briser les préjugés qu’ont les gens en général. Mais il y a beaucoup à dire sur leur triste réalité. Je connais peu de gens qui aimeraient être à leur place, moi le premier. Alors, oui, certain qu’un tour d’horizon de différentes réserves serait à la fois intéressant et, vu ce qu’en pensent bon nombre de Québécois, des plus pertinents. C’est à suivre…

Je vous laisse là-dessus, en mentionnant que, dans les prochains jours, j’écrirai plusieurs fois sur mon séjour. À propos de mes rencontres – forts nombreuses! -, de mes péripéties, mes coups de coeur, mes coups de poing. Mon but, je ne m’en cache pas, est d’intéresser les gens à faire un p’tit tour dans cette région que j’ai consacré trésor national, rien de moins. J’ai quelques voyages à mon actif et les panoramas, de même que l’hospitalité gaspésienne, n’ont pas à rougir devant ce que j’ai vu à l’extérieur du pays! Et dire que certains, au sein du gouvernement, voudraient fermer cette région…

ps: juste une petite correction… c’est de la mi-septembre à la fin octobre que je vais faire mon tour au Vietnam et au Cambodge. De sorte que mon séjour coïncide avec notre tombée (deadline). Et normalement, à moins que Raymond ait changé les plans, je suis également censé me rendre au Saguenay-Lac-Saint-Jean du 8 au 12 mai… J’en saurai davantage lundi prochain!!!

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Les préparatifs de retour de Dominic

avril 28, 2006

Vendredi le 28 avril. Dominic va revenir lundi de son voyage en Gaspésie. 10 jours de reportage.

Pendant son abscence, Marie-Lyne vient de terminer son stage d’un mois avec nous. Dominic aura manqué la petite fête d’adieu que nous lui avions préparé.

Lyne voulait lui laisser un petit cadeau à Dominic pour son retour. Elle n’a pas pu coller le cadeau sur son ordinateur. Il est trop poussiéreux!

Pendant son absence, j’ai fait une entrevue avec Anne Panasuk. Elle sera notre prochaine page couverture du numéro de juin prochain. Un hommage pour l’excellent travail journalistique qu’elle a réalisé avec ses deux documentaires sur les machines de Loto-Québec. La connaissance de la Côte Nord de Mme Panasuk m’a donné plusieurs idées pour couvrir cette région. Restera à savoir si c’est Dominic qui partira ou moi. D’un côté, c’est lui qui a le mandat d’être le globe-trotter de notre média. De l’autre, mes 5 années d’intervention dans le Grand Nord québécois peuvent me permettre de faire un meilleur travail avec les Innus. Voyage à suivre.

Nous n’avons pas eu d’autres nouvelles de Dominic. Nous attendons son retour pour lundi.

Raymond.

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La Gaspésie, du 21 avril au 1er mai 2006

avril 25, 2006

1er communiqué de Dominic, le 25 avril 2006 

Hey! Ouin, pas évident de te rejoindre!!! Peu d’endroits pour internet – pour ne pas dire aucun!!! – et mon cell est 95% hors réseau… Faut croire que la Gaspésie, c’est l’autre bout du monde.

Juste dire que ça va drôlement bien jusqu’à maintenant. Les gens sont incroyables, j’ai de bonnes histoires. J’ai pas chômé du point de vue rencontre depuis mon départ. Idem côté route. Beaucoup de km au compteur! Mes journées sont remplies, remplies, pas le temps de s’ennuyer!

Présentement, je suis à Chandler. Je viens de terminer une entrevue avec des gens d’un centre d’hébergement pour personnes en difficultés (troubles mentaux, toxico, alcool). Ils m’ont proposé d’utiliser leur ordi vu que je ne suis pas en mesure d’en trouver… À Gaspé, ou je retourne dret là, ils avaient un endroit mais l’ordi dudit café est kaput… Moi qui ai des idées plein la tête pour le blogue… On le fera en différé, à moins qu’à Bonaventure, ou je serai jeudi, ils aient ce service!!!

Bonne journée, salut tout le monde,

Dominic, 25 avril 2006

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http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/en-direct-de-carleton-gaspesie/

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Le carnet de voyage de Dominic. Présentation de Raymond Viger

avril 24, 2006

Dominic est arrivé à Reflet de Société au printemps 2005. Il s’est vite démarqué et a réussi à prendre sa place dans une équipe de travail originale et spéciale. Notre journalisme est différent. C’est pourquoi il n’est pas toujours facile de trouver sa place chez nous. Plusieurs ont essayé, la majorité sont morts au combat.

Dominic a de grands projets. Celui de faire du journalisme de guerre. Pour sa continuité avec nous, nous lui offrons des affectations qui vont pouvoir lui faire vivre des expériences qui répondent à ses attentes. Pour vous partager le tout, nous avons changé son blog en carnet de voyage.

Milieu avril il a couvert l’Estrie. Du 21 avril au 1er mai, il est sur la route pour couvrir la Gaspésie. Du 8 au 12 mai il sera présent au Saguenay. Du 11 juin au 17 juillet, il sera à Sierra Leone en Afrique pour un reportage sur la réinsertion des enfants soldats en faisant un parrallèle sur notre réinsertion des jeunes ayant fréquenté des gangs de rue. En août, ça sera l’Abitibi. En septembre le Cambodge et en octobre le Vietnam pour un reportage sur la traite des femmes et des enfants. Pour le printemps 2007, nous préparons un voyage en Amérique du Sud.

Toute une année en perspective. Pour demeurer un média différent, nous avons décidé d’utiliser ce blog pour présenter les communications entre le journaliste, Dominic et son rédacteur, Raymond Viger. Vous pourrez suivre l’évolution des reportages, les anecdotes, les photos et les difficultés de tous ces voyages. Dans le carnet de voyage, autant Dominic que moi, nous prendrons la parole tour à tour.

Bon voyage à tous à travers des Aventures de Dominic à travers le monde, le nouveau Tintin de Reflet de Société.

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Les caricatures de Mahomet

février 7, 2006

Difficile de passer outre un tel sujet ces temps-ci… C’est qu’elles en font couler de l’encre, ces fameuses caricatures. Publiées dans un journal danois, le Jyllands-Posten, elles ont été reprises par d’autres journaux européens au nom de la liberté d’expression.

Liberté d’expression… Un principe auquel toute société démocratique souscrit. Mais qui dit liberté de s’exprimer dit également liberté de ne pas s’exprimer… Quelle est la limite? Peut-on tout publier, tout dire, en se drapant derrière ce beau principe?

Oui, il est possible de TOUT publier, en autant dene pas proférer de propos haineux. Personnellement, je considère qu’il faut cependant user de sagesse. Toute vérité est-elle bonne à dire? Certainement pas.

Alors quoi… Les journaux européens avaient effectivement le droit de publier ces caricatures. Je ne les jugerai pas. Mais moi, jamais au grand jamais je ne l’aurais permis. Par respect envers la religion d’autrui, et ce, même si je ne suis pas croyant. Par sagesse, car sachant que certains musulmans, plus fanatiques, n’attendent qu’un prétexte pour rugir et tout casser. Ce qui est en train d’arriver…

J’ai beau être contre la publication de ces caricatures, il se trouve que la réaction de plusieurs musulmans en dit long… Très long. Je ne peux me résoudre qu’une religion, peu importe laquelle, qu’un dieu, peu importe lequel, puisse être en accord avec des menaces de mort, des saccages, des incendies. Un dieu qui prône la mort d’individus? Qui prône des attentats terroristes? La destruction? Désolé, je n’y crois pas. Je ne considère pas ces gens comme des fidèles, mais des illuminés. Des fous.

Un dieu ou une religion qui cherche vengeance, c’est pathétique. Il s’agit plutôt d’individus qui utilisent la religion à leurs fins, pour assouvir leur soif de pouvoir. Minable.

Ce n’est pas ça, à mes yeux, une religion. Qu’ils manifestent pour démontrer leur indignation, aucun problème. Je pourrais les comprendre. Mais répondre par la violence, jamais.

Je n’aurais pas publié ces caricatures. Mais elles m’auront à tout le moins permis de connaître le vrai visage de ces illuminés.

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La Presse se rapproche du Journal de Montréal…

février 6, 2006

À mon grand désarroi, je remarque que le journal La Presse se colle de plus en plus à la façon Journal de Montréal. Le sensationnalisme est au goût du jour…

Plutôt que d’élever le niveau d’information comme il se doit, La Presse prend une orientation qui nivèle vers le bas…

Petit exemple? La semaine dernière, mardi ou mercredi si ma mémoire est bonne, on voit en Une une photo de Josée Théodore avec un titre invitant: Théodore échangé au Colorado? L’article dont il est question se retrouve à la première page du cahier des sports.

Avant de lire l’article, j’étais perplexe… Les rumeurs à l’endroit du gardien des Canadiens vont bon train depuis quelque temps déjà… Mais en faire la une? Voilà du sérieux, me suis-je dit.

Hélas… Le texte faisait une toute petite colonne. La rumeur, selon La Presse qui n’a évidemment pas laisser un journaliste signer un tel texte aussi vide et insipide, proviendrait d’un joueur universitaire américain. On parle d’un échange à trois équipes… N’importe quelle personne douée un tant soit peu de raison, sait qu’un joueur, plus encore un simple universitaire, ne serait jamais mis au fait d’une telle transaction…

Malgré tout, La Presse a décidé non seulement de publier, mais de porter cette nouvelle en une… Depuis quand des rumeurs qui ne tiennent à rien font-elles la première page d’un journal???

Le lendemain, un autre article sur le sujet: La Presse y souligne qu’il ne s’agit que d’une rumeur… Qu’un joueur universitaire ne peut être au courant d’une méga-transaction impliquant 3 équipes… Cette nouvelle-là, ils l’ont jouée bien petite… Quoi, pas de une? Pas assez sentionnel, dire que Théo au Colorado, ce n’est qu’une simple rumeur?

Pour faire sensationnel, La Presse aurait pu mettre à sa une, le lendemain: l’équipe des sports s’est lamentablement trompée…  

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Conservateurs minoritaires:le pouvoir au citoyen

janvier 25, 2006

Personnellement, je me réjouis du résultat des élections fédérales. Dehors, les libéraux et leur corruption. Il fallait envoyer un message à l’endroit de la classe politique: la population ne tolérera pas que des politiciens se remplissent les poches – de même que celles de leurs petits amis – avec leur argent.

Encore que, à mon humble avis, la performance des libéraux est possiblement trop bonne pour que le message ait porté. L’avenir nous le dira.

J’aime bien certaines promesses des conservateurs. Celles qui seront probablement adoptées. Principalement le respect des compétences des provinces et la possibilité pour le Québec de faire entendre sa voix dans certains espaces internationaux. C’est un début et, si Québec agit avec doigté, il est possible qu’avec le temps, on élargisse les endroits où la province pourra s’exprimer en son nom. Une brèche est ouverte.

Idem pour la réduction de la TPS, une taxe qui ne souffre d’aucune discrimination: elle est appliquée tant au riche qu’au pauvre.

 Autre projet qui devrait faire le bonheur de tous, celui de l’imputabilité du gouvernement. Évidemment, il est trop tôt pour se prononcer quant à sa valeur, mais l’intention des conservateurs est là. Après le passage des libéraux corrompus, qui ne faisaient aucune distinction entre l’avoir public et leurs finances personnelles, personne ne se plaindra d’un contrôle plus serré du gouvernement.

Avec un gouvernement conservateur qui ne s’abreuve pas de valeurs sociales, il incombe au citoyen de se faire entendre. Il nous faut parler pour ceux qui ne le peuvent, se soucier de nos plus faibles. Ce gouvernement en est un minoritaire. Il ne pourra aller à l’encontre du sentiment général. Pour peu que nous nous impliquons, que nous nous rassemblons, le pouvoir, ce n’est pas entre les mains du gouvernement qu’il se trouve. Il se trouve entre les nôtres.

Qu’allons-nous en faire? Rien et jeter le blâme sur les politiciens? À moins que nous prenions nos responsabilités et changions pour longtemps la politique au Canada, au Québec.

La possibilité nous est offerte: redessiner la politique pour qu’elle concorde davantage à ce que nous sommes, ce que nous voulons. Quel beau défi!

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Une attitude qui ne ment pas

janvier 10, 2006

J’ai écouté le combat des chefs, hier soir. Bof, assez quelconque. Faut dire qu’en anglais, Gilles Duceppe n’est pas très pertinent. Layton? Il ne prend même pas la peine de répondre aux questions, préférant plutôt y aller de l’habituelle cassette. Pas très stimulant, pas très spontané non plus. Comme si promouvoir des valeurs sociales était ennuyant…

Martin? Notre très déshonorable premier ministre s’est plaint très rapidement des attaques personnelles subies depuis le début de la campagne… Avec comme résultat qu’il m’est apparu être le plus gourmand de ces attaques personnelles. J’en ai soupé, de ce menteur. Parce qu’à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, peu importe ce qu’il disait, je ne lui donnais aucune crédibilité.

Reste Harper… Des 4 partis, les conservateurs ont l’idéologie qui me rejoint le moins. Les valeurs qui nous ramènent en 1940, très peu pour moi. Mais je dois avouer qu’il est le seul, à mon avis, qui ait répondu aux questions du journaliste. Le seul. J’ai beau ne pas apprécier l’étendue de son programme, je préfère avoir, comme premier ministre, un homme qui a des convictions, mêmes contraires aux miennes, qu’un homme qui n’en a pas, en dehors de cette soif de pouvoir (lire Paul Martin).

Ce qui me ferait le plus plaisir? Que Martin remporte son élection dans son comté… et qu’aucun autre libéral ne soit élu au Québec. Me semble de le voir tout seul, aux Communes, à représenter les Libéraux… 

Oh oui, un bien beau rêve, après le cauchemar qu’il nous a fait subir… 

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Nos médias traditionnels

janvier 4, 2006

Bon… je sais, y’a un petit problème d’assiduité de ma part…

Aujourd’hui, je vais faire plus court. Pas parce que j’en ai moins à dire!!! Je ne suis pas à l’image de nos médias qui ont passé le temps des fêtes à nous ressasser platitude après platitude… C’est fou comme nos médias traditionnels n’ont aucune imagination quand l’actualité est en manque de nouvelles négatives…

Il y a bien les élections, mais là encore, pas grand chose à dire… Duceppe va bien, Harper ne se met pas les pieds dans les plats comme lors de l’élection précédente, Martin ben… mis à part l’histoire de délit d’initié de son ministre des finances Goodale… Il y a bien Layton, dont la campagne avance faiblement, mais comme on sait bien qu’il ne formera pas le prochain gouvernement, à quoi bon lui donner trop d’espace dans les nouvelles???

Il n’y a tellement rien dans l’actualité que je me suis dit que tous les directeurs de l’information de nos gros médias devaient souhaiter un autre tsunami, cette année. C’est qu’ils nous en avaient beurré épais avec cette catastrophe naturelle, l’an passé. Ça faisait vendre. Mais là, rien.

C’est ce que j’aime, de mon magazine. Pour moi, un article ne rime pas avec négatif. Depuis quand être journaliste signifie-t-il rapporter uniquement des nouvelles qui font penser que tout va mal dans notre société??? Tiens, j’entends déjà leurs voix s’élever contre moi! Pas grave, j’ai le dos large.

Sur ce, une bien belle année 2006 à toutes et à tous!

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Grande première!!!

décembre 20, 2005

Ouin… Dire que je sens une certaine pression de la part de mon co-blogueur serait un euphémisme!!! J’ai déjà une semaine de retard sur Raymond, ce bourreau de travail…

Difficile que de commencer…

Allons-y simplement. Après tout, c’est une première. Mais avant tout, juste ouvrir une petite ( ). Y aller simplement ne signifie pas que ce sera court! Fin de la ( ).

Tiens, pourquoi pas ma rencontre de ce matin, sur le chemin du boulot… Je marchais sur Pie-IX quand je croise un employé des égouts de la Ville. En m’approchant, je m’aperçois que son visage m’est familier. Il s’arrête, me dévisage. Lui aussi me reconnaît. C’est Michel, mon ancien superviseur, lorsque je faisais de l’entretient de nuit à l’UQAM.

Du coup, les souvenirs de cette période de ma vie sont remontés. Ça ne fait pourtant pas si longtemps… 8 mois. Mais la vie a pris un tel virage depuis que j’ai l’impression que ça fait des années…

Il y a 8 mois, je faisais des sondages de soir chez CROP. 4 à 5 soirs semaine à m’emmerder à téléphoner chez les gens, à leur demander de bien vouloir prendre de leur précieux temps afin de répondre à des sondages. Je pouvais faire plus de 300 appels en une soirée. Pour un gars qui n’affectionne pas plus qu’il ne faut le téléphone…

Après ce travail, je courrais ensuite vers l’école de génie de l’UQAM. Un autre boulot m’attendait. Je nettoyais les gymnases, la salle de musculature, les chambres de bain, les vestiaires… J’ai compris à quel point les étudiants, ça fait peu attention à ce qui leur est offert. Loin de moi l’intention de généraliser, cependant.

Bref, je partais vers 16h de chez moi pour en revenir à 7h le lendemain… Après une bonne douche et un déjeuner, voilà que je devais repartir: de jour, j’écrivais des articles pour un hebdo de quartier…

Voilà ma vie il y a 8 mois. Des petits boulots pour survivre. Comme bien des gens, quoi. Faut dire que j’arrivais de loin… J’ai terminé mes études en Belgique où je suis demeuré 8 mois, je suis revenu – tantôt chez des amis, tantôt chez ma mère – pour 4 mois pour finalement aller goûter à mon rêve: tâter du reportage de guerre en République démocratique du Congo. 3 mois, que j’y suis resté.

Au retour, ça m’a pris du temps à le comprendre, j’avais passablement changé. Et pour cause. Un an 1/2 passé seul, à ne faire que ce dont j’ai envie, à apprécier les gens pour ce qu’ils ont à offrir – soit une amitié de passage -, bref, je ne vivais que pour moi. Ma nouvelle attitude, forgée au fil des jours, m’a causé des problèmes avec mes amis. Mes aventures africaines m’enlevaient toute saveur dans les petits défis quotidiens. Je venais de vivre une bien belle aventure et voilà que rien, chez moi, ne pouvait égaler ma dernière épopée.

Bon, me suis encore égaré… Ce qui, chez moi, est assez fréquent! Revenons à nos moutons. C’était il y a 8 mois. Une vie antérieure, que je disais. Aujourd’hui, les choses se précisent. Et se précipitent!

Il y a 8 mois, donc, je répond à une offre d’emploi. Le magazine Reflet de Société cherche un journaliste. Il est dit que le magazine est du genre communautaire, versé dans les phénomènes sociaux. Moi qui avait étudié en journalisme, je ne le connaissais pas. Je ne perdais rien pour attendre! J’avais dont hâte de vivre du journalisme, de laisser derrière moi cette vie folle qui ne me menait nulle part… Raymond m’a engagé. Cette reconnaissance m’a revalorisé, m’a redonné confiance.

Petit à petit, je me suis rendu compte que le Journal de la Rue, c’était une belle famille. Les meubles – Raymond, Danielle et Lyne – m’ont vraiment donné goût à mon travail. Mes collègues et les jeunes du Café-Graffiti aussi. Petit à petit, juste par leur façon d’être, tous ces gens m’ont ouvert les yeux. Moi qui était devenu un être de raison, voilà que je retournais aux sources, celles du coeur. plutôt que de décider avec ma tête, je décide avec mon coeur. La tête m’aide simplement à mettre en application ce que le boss à battements décide.

Je suis passé par le Journal de Montréal, l’été passé. Avant ça, une semaine dans la grosse machine TRanscontinental, des journaux de quartiers dont le but est d’y mettre pour 80% de pubs… J’en suis arrivé à la conclusion que Reflet de Société, c’est pour moi. J’ai des sujets non seulement intéressants, mais ô combien importants. Et surtout, surtout, nul besoin de verser dans le sensationalisme. Qui plus est, j’écris pour des gens qui ont une conscience sociale. Ça aussi, ça fait du bien. De voir qu’il en existe, et autant, ça met du baume: je ne suis pas seul, que diable!

Vrai que l’international m’intéresse toujours. Ça va me turlupiner toute ma vie. Ça, au magazine, ils le savent. Alors on regarde les avenues possibles pour satisfaire ce besoin qui est en moi… À travailler avec des gens de coeur comme eux, à écrire pour des gens de coeur, j’ai pas besoin d’aller voir si l’herbe du voisin est plus verte. J’y suis allé. Elle ne l’est pas. J’ai trouvé ma place. Ma famille.  

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