Course folle en Haïti, 2e partie

Course folle en Haïti, 2e partie 

Voilà déjà que je change mon plan de match. J’ai décidé de ne pas aller à Marmelade vendredi (voir texte Intimidation en haïti). Je rentre à Port-au-Prince. J’irai, à la place, voir le directeur de Développement International Desjardins à Pétion-Ville, pas très loin de la capitale.

J’ai pris cette décision à Petite Rivière. Je reviens en motocross avec Asner, le fondateur d’une ONG en prévention contre la domesticité, mieux connu sous le terme de Restavec. Petite parenthèse sur cette problématique… En Haïti, des familles pauvres donnent leur enfants – principalement les filles – à des familles plus fortunées pour qu’elles servent de domestiques. Ce faisant, ces enfants ne sont plus un fardeau pour la famille. Ils auront à manger et pourront même aller à l’école. On retrouve des problèmes d’exploitation, d’abus physiques et sexuels chez ces enfants qui, selon Asner, ont une vie encore plus misérable dans leur foyer d’adoption…

Fin de la parenthèse. Asner, donc, me reconduit à Saint-Marc pour que j’y prenne ensuite un bus en direction de la capitale. Sur le chemin du retour, je ne peux apprécier la balade. Je suis pourtant dans un pays magnifique, que je contemple pour la première fois. Rien à faire. Comme j’ai changé mes plans, je suis à me démener avec mon stress pour savoir comment diable je vais virer mon capot. Je remplace Marmelade par quoi?

Je ne sais trop si j’aurai la chance de revenir en Haïti et je m’interroge quant à mon travail… Pourtant, je sais que j’ai pris la bonne décision. J’aime mieux ne pas prendre la chance qu’il arrive quelqu’ennui avec les jeunes de carrefour Paye.

Calé contre mon sac à dos attaché serré à l’arrière de la moto, les pieds qui glissent constamment de mes supports, tentant de garder mon équilibre, je savoure enfin le moment. On verra bien de quoi demain sera fait.

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