Joies et misères de la jeunesse à Freetown

juin 26, 2006

J’ai finalement décidé de couper mon message en deux. L’autre partie se trouve juste avant celle-ci.

J’ai enfin du temps pour partager ma nuit de mercredi passé. Une nuit que je qualifierais de magique, car riche en émotions de toutes sortes.

D’abord, ma rencontre avec Alex, mon enfant soldat de la rue. C’était lors d’un match de la Coupe du monde de soccer. Dans un petit bar, tout ce qu’il y a de plus simple, sur le bord de l’océan Atlantique: des chaises disposées devant une télé de grosseur moyenne, sous une grande hutte de bambou. Les pieds dans le sable fin, le soleil qui éclaire la télé, empêchant la plupart du temps de suivre la course du ballon! L’intérêt, c’est dans la réaction des gens. Leurs cris de joie, d’indignation, leur appui indéfectible pour leur équipe, mais pas trop partisan pour les équipes africaines. Comme cette journée, où jouait le Ghana.

À la mi-temps, je me suis retiré un peu de cette promiscuité. Contempler la plage d’un peu plus près. Il y avait un groupe de jeunes. J’ai entamé la conversation. La raison de ma présence à la Sierra Leone est vite tombée sur le sujet. Du coup, les jeunes ont pointé l’un des leurs: je venais de rencontrer Alex. Un peu taciturne, endormi. Petit de taille, mais athlétique. Je lui aurais donné 16 ans. Il en a 19. C’est du moins l’âge qu’il pense avoir. Enlevé par les rebelles à 10 ans, il ne connaît pas la date de son anniversaire. Ni le temps qu’il est resté dans la jungle, à guerroyer. 5 ans, selon lui. Mais allez savoir… Ce fut, pour lui, une longue année qui a duré on ne sait trop combien de temps.

Alex était ouvert à l’idée de me raconter son expérience. On s’est donné rendez-vous pour le lendemain. Regarder la partie de soccer, faire une partie de l’entrevue à la mi-temps, poursuivre après. On quittait le bar pour se retirer dans un endroit un peu plus isolé. Son histoire, Alex ne veut pas que tous la connaissent. Certaines personnes, bien que la guerre soit terminée depuis 5 ans, n’ont pas pardonné, les exactions commises. De ce côté, Alex est loin d’être aussi innocent que son apparence ne le laisse suggérer. Parfois, quand certains jeunes venaient rôder, intrigués par la présence en ces lieux d’un étranger, entouré de 4 ou 5 jeunes sierras-leonais, avec un calepin et un crayon, il fallait tout arrêter.

L’entrevue s’est déroulée sur plus d’une journée, en raison de cette méfiance envers les gens qu’Alex ne connaît pas. Devant ses amis, qui n’ont pas connu l’expérience de la guerre, Alex ne se retient pas. Son histoire, ils la connaissent. Même qu’ils l’aident à se souvenir, en lui rappelant certains événements qu’il a passé sous silence. Ou en rajoutant des éléments aux explications d’Alex. Car Alex n’est pas un grand orateur. Ses réponses sont simples. Il n’y a pas d’enrobage avec lui. Il répond à la question, point à la ligne.

Après quelques rencontres, j’ai su qu’il vivait dans la rue. Je lui ai dit que j’aimerais bien l’accompagner, pour une nuit. M’ouvrir à sa réalité. J’ai entendu son histoire pendant qu’il était enfant soldat, je voulais maintenant avoir un aperçu de sa vie après. En fait, Alex m’offre la possibilité d’établir une comparaison entre les enfants soldats qui ont reçu l’aide des ONG et ceux qui sont passés entre leurs mailles. Je n’ai aucune idée, pour le moment, si l’après-guerre est différent pour lui que pour ces autres enfants éduqués par les ONG.

Je rencontrais Alex à 21 h. Il était accompagné de David, un Nigérien qui a quitté son pays il y a 2 ans. David appréhendait son avenir avec peu d’espoir, au Nigeria, vu le nombre d’habitants. Je n’ai pas les chiffres avec moi, désolé. Mais, bon, David ne me semble pas mieux parti ici. C’est un jeune très intelligent, qui essaie de se débrouiller en jouant les caddys au club de golf. Il aspire à devenir un génie de l’informatique. Encore faut-il qu’il ait les moyens d’aller à l’école…

Mais je m’écarte. Donc, je rejoins mes 2 compères à 21 h. Namvula, une Anglo-Zambienne, vient nous rejoindre. Elle est photographe à la pige. Je l’ai rencontré le lendemain de mon arrivée. Tous les 4, nous nous sommes dirigés vers un endroit fort populaire auprès de jeunes sierras leonais peu fortunés. Sans surprise, Namvula et moi sommes les seuls étrangers. L’endroit est en fait une rue qui donne sur un petit cinéma (une cabane de bois avec une télé qui joue des films en DVD), un bar, de petits kiosques qui offrent de la nourriture, des bonbons, des cigarettes, etc.

En début, de soirée, la rue est plus populaire que le bar. À l’intérieur, les rares clients du moment essaient de discuter sur une musique qui crève les tympans. Le bar n’a pas de plancher. Que le sol, de la pierre sablonneuse inégale. En retrait, près des toilettes, se trouvent des chambres. 4 chambres. Les femmes de l’endroit y amènent leurs clients. 4000 Leones (3000 Leones = 1$ US) la chambre, 10 000 la fille. Pas de pimps. L’endroit est assez lugubre, peu éclairé. Les femmes sont peu affriolantes, et pour cause. Les plus belles traînent dans les boîtes fréquentées par les étrangers, dans l’espoir non pas de passer une nuit contre rétribution, mais plutôt pour y trouver un petit ami, voire un mari. Une façon comme une autre, pour elles, de se sortir de leur misère. L’amour, pour ces filles, est synonyme d’argent, de vie à l’extérieur de la Sierra Leone. Elles sont nées belles, elles utilisent leur principal atout pour se sortir de leur vie.

Je m’égare encore!!! Retour à la rue, donc. Alex semble connaître beaucoup de jeunes. Pour le reste, ils viennent parler à Namvula ou à moi. Il y a Alsyn, un jeune de 13 ans, qu’Alex a pris sous son aile. Alsyn (je ne sais comment il écrit son prénom) a dû transporter toutes sortes de choses, dont des munitions, à la fin de la guerre. Il avait 8 ans. Je suis censé le rencontrer le week-end prochain. Il va à l’école, ce qui ne l’empêche pas de traîner avec nous.

Les gens autour de nous boivent de l’alcool. Mais, ce qui surprend, c’est le nombre impressionnant de personnes qui fument de la marijuana. Tout le monde tire sur un joint. Ils sont en petits groupes, à se le passer. Ce manège, c’est toute la nuit qu’il se poursuit.

Vers une heure du matin, Alex nous amène faire un tour. Un long tour. On déambule dans des rues qui me sont totalement inconnues. Il fait noir à ne rien voir devant soi. Déjà que la ville a un grave problème d’électricité, ce n’est certainement pas dans ce quartier qu’on risque d’en trouver. Alors, pas de lumière dans cette nuit sans étoiles!!!

Alex, lui, avance d’un pas assuré. Il sent les trous, les flaques d’eau, sans même regarder le sol. Il avance rapidement, mais se retient pour nous. Il joue au protecteur. Et il prend son rôle au sérieux. Lui, qui souriait quelques minutes avant, avec ce qu’il avait fumé, le voilà soudainement sérieux. Il veut nous montrer tous ces jeunes qui dorment là où ils le peuvent. Il fait tellement noir que, sans son œil averti, je serais passé sans les voir.

Ils sont partout. C’en est affolant. Sur des chaises contre les maisons ou petits commerces, dans un café Internet ouvert toute la nuit, sur le sol… Certains dorment debout, arc-boutés contre une commode. Namvula sort son appareil photo. Pas d’autres choix que d’utiliser le flash, vu la noirceur.

C’est là que je me suis rendu compte que j’étais journaliste, pas photographe. J’avais avec moi mes appareils photo. Mais je n’ai pas été capable de les sortir. J’aurais été bien incapable de prendre ne serait-ce qu’un cliché. Parce que je ne pouvais assumer de prendre leur image sans leur permission. Remarquez, j’étais bien content que Nam ait le caractère qu’il faut pour ce genre de situation. Je n’ai aucun problème à rencontrer des gens dans des endroits qui ne sont pas sécuritaires, des tortionnaires, des criminels de guerre. Ça ne me dérange pas du tout. Au Congo, on m’a déjà sorti de mon véhicule. Une trentaine de miliciens, le AK-47 à la main, qui m’ont forcé à me rendre dans une hutte. Et j’en passe. Je n’ai aucun problème avec ça, parce que je suis capable de bien vendre ma salade. Pourquoi je suis là, ce que je fais… Mais pas la photo. Je ne suis juste pas capable de l’assumer, donc de l’expliquer.

Parce qu’on en a eu, des problèmes! Chaque endroit visité, chaque photo, était source de conflits. Ceux qui avaient les yeux grands ouverts n’apprécient pas notre présence. Nam est drôlement bonne. Elle parle créole, leur langue, elle est jolie, rassurante. Bref, avec l’aide d’Alex, on s’en sortait à tous les coups.

Notre marche nous a menés vers un terrain de soccer. À l’arrière du terrain, se trouvent de simples installations comme le banc des joueurs. Je n’ai pas pu compter le nombre de jeunes qui y dormaient. Trop nombreux. À en donner la chair de poule. Puis, le plus vieux, celui qui voit à leur bien-être — de façon informelle — est arrivé sur les lieux, attiré par le flashe de Nam. David et Alsyn, dans un premier temps, ont dû lui expliquer ce que nous faisions. Alex est allé les joindre, nous laissant, Nam et moi, en retrait. Finalement, le gars en question a accepté que Nam prenne ses photos. À condition que j’aille lui parler…

On n’a pas négocié. Il voulait simplement me dire qu’il approuvait ce que nous faisions. Que personne, dans son pays, il parlait du gouvernement, sans le nommer, ne voulait faire quoi que ce soit pour ces jeunes. Je vais peut-être, si le temps me le permet, aller le voir. M. Alfred Wilson, de ce que j’ai compris!

Ensuite, c’est la marche à travers d’autres rues. Sous le brouhaha des jappements de chiens. Bientôt suivis par des lumières qui s’allument, lampes de poches ou à l’huile, des résidents. À cette heure, dans ces rues, il n’est pas normal d’y retrouver des gens. On a déguerpi, plutôt que d’avoir à fournir — encore! — des explications.

Puis, ce fut la visite d’un marché. Une grande surface en béton blanc. La montée, boueuse, était assez difficile. Et l’odeur… Quand ils m’ont dit que c’était un marché, je ne les ai pas crus. Ça ressemblait davantage à un abattoir. Avec les déchets de toutes sortes, que je ne pouvais voir, mais que pieds sentaient au fur et à mesure que je foulais le sol. À perte de vue, de longs comptoirs blancs de béton, avec des ouvertures ça et là vers le plancher. Il était trop tôt, mais Alex m’a dit que, vers 4 ou 5 heures du matin, ils sont nombreux, les jeunes à venir s’y assoupir, après une nuit a faire la bringue.

C’est d’ailleurs ce que nous sommes allés faire. Nous sommes retournés au point de départ. Mon enfant soldat de la rue, il passe ses nuits debout, à cet endroit. Il passe les heures avec ces jeunes qui, comme lui, n’ont rien d’autre à faire que de traîner à cet endroit. En attendant que la fatigue les prenne, que l’endroit où ils vont dormir devienne alors bien secondaire. Alex, lui, dort vers 5 h. Il se réveille 2 ou 3 heures plus tard. Je comprends, maintenant, pourquoi il passait son temps à me dormir dans la face, de jour, lors de nos rencontres…

Moi, qui suis habitué à ces longues nuits — pas de partys, cependant —, je n’en pouvais plus à 5 h. Mais il faisait encore trop noir pour penser rentrer à la maison. Alors, on s’est assis, comme ça, sur le trottoir, à attendre. Des jeunes se sont rajoutés à nous. Les joints se sont encore allumés. Je parlais avec Ibrahim, 8 ans. Incapable de dormir. Il vit lui aussi dans la rue. Pas de parents. Que sa sœur, qui arrive à peine à faire vivre ses propres enfants, sous son toit. Ibrahim travaille l’après-midi. Il transporte pour d’autres des biens sur sa tête. À raison de 200 ou 500 leones (entre 20 et 25 cents) dépendamment de la longueur de la route ou de la pesanteur de ce qu’il a à porter. Ibrahim me raconte tout ça dans un anglais plus qu’approximatif, teinté de créole. Il tire sur sa cigarette, plus tard un joint, comme un vieux de la vieille.

J’ai acheté à manger pour notre petit groupe. On a dû partager avec d’autres jeunes qui squattaient avec nous. Au menu, à cette heure, des omelettes — sale un peu trop à souhait! — dans des pains de style kayser. Un seul remplit l’estomac plus qu’il n’en faut. Ibrahim n’a pas partagé. En 2 minutes, il avait tout englouti. Rien mangé de la journée. Pas de travail, la malaria l’a gardé au lit toute la journée. Encore que parler de lit est une expression, dans ce cas-ci.

Le temps du repas a été calme. Tout le monde — moi y compris — dévorait sa moitié de sandwich.

Et le bal est reparti… Alors que la plupart des gens que nous avions rencontrés étaient sympathiques, en un rien de temps l’atmosphère s’est changée. Pour un rien — je crois que des jeunes s’ostinaient sur le bien-fondé ou non de nos photos prises plus tôt — deux jeunes se sont mis à se taper dessus. Une bataille pour hommes, mettant aux prises des ados… Tout le monde s’y est mis pour les séparer. Rien à faire. Les fils se sont touchés. Ils ont continué de plus belle. Ensuite, ce fut le tour à ceux qui tentaient de les séparer. Une violence gratuite. Cette violence, elle est latente. Il ne suffirait de rien, ici, pour que la guerre ne reprenne. Mais ça, c’est un autre sujet sur lequel je reviendrai peut-être une autre fois!

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Premiers contacts à Freetown

juin 26, 2006

Attachez votre tuque, mon message risque d’être tout sauf court, cette fois. J’ai du temps devant moi, et j’ai tellement à raconter!

D’abord, mon truc pour rencontrer des gens de la place en qui je peux avoir confiance. Au début, je ratisse large. C’est simple, je parle à tout le monde. Je prends le même transport et je salue tous les occupants du taxi ou du bus (un Westphalia rempli à craquer). Je marche également beaucoup, ce qui est rare de la part des étrangers. Je me donne donc la possibilité d’être facile d’approche. Et quand je marche, je salue tout le monde sur mon passage. J’ai un très bon timing, actuellement. C’est la Coupe du monde de soccer. Ils en sont friands, du foot. Alors, je vais regarder des matchs là où on ne retrouve que des Sierras léonais.

Mon premier contact est primordial. Mais pas infaillible, c’est certain. Ainsi, je rencontre des gens qui n’aiment pas les étrangers. Je sens leur méfiance, leur animosité. La plupart du temps, ils ne m’abordent pas. C’est réciproque! Il y a également ceux qui me demandent de l’argent. «Monsieur le Canadien, vous savez, la vie n’est pas facile ici…» Combien de fois ai-je entendu ce refrain? Je les comprends très bien. Ils n’ont rien à perdre, ils sont peu souvent en contact avec un étranger — et, ici, blanc = riche —, ils n’ont pas nécessairement mangé de la journée… À leur place, je ferais probablement de même… Il s’agit, évidemment, de la catégorie de personnes (je déteste cataloguer les gens, mais je ne peux faire autrement, vu le peu de temps dont je dispose à la Sierra Leone) que je rencontre le plus fréquemment. Je ne développe pas de liens avec ces gens. À quoi bon? Ils me voient comme un guichet automatique. Alors, quelle conversation puis-je avoir avec eux? Leurs histoires vont toutes se diriger vers la même logique: que je leur donne de l’argent.

Il y a finalement ma catégorie préférée, celle que je recherche. Je suis assez chanceux, je tombe assez rapidement sur ces personnes. Il s’agit de ceux qui sont contents de voir qu’un étranger s’intéresse à eux. Qui voient en moi une personne différente, car, plutôt que de me promener dans une belle bagnole, d’être entouré que de la diaspora des coopérants étrangers, je suis seul… avec eux. Ça, je l’explique rapidement à ceux qui en profitent pour évacuer leurs frustrations envers les étrangers. Et ça fonctionne à tous les coups. C’est juste que la vie ne leur a pas donné la chance de voir les choses avec cette ouverture.

Les gens que je rencontre ne me voient pas juste comme Dominic, le journaliste. Ils voient en moi le Canada. Certains ont déjà eu des contacts avec des Canadiens. Pour d’autres, j’en suis le tout premier représentant. Moi, j’en ai conscience dans mes échanges. Je m’assure qu’ils aient non seulement une bonne opinion de moi, mais aussi de mon pays. Il m’est arrivé, dans le passé, d’avoir vu des portes s’ouvrir, à l’étranger, en raison de ma citoyenneté. Des gens qui avaient rencontré des Canadiens qui les avaient en haute estime. Alors, je me dis, sans savoir ce qu’il en adviendra, que j’aide probablement mes compatriotes qui passeront par le même chemin que moi.

J’avoue que je n’ai pas frayé avec le gratin sierra-léonais ou même étranger, ici. Mais j’ai parlé à une centaine de personnes, déjà. Une centaine de personnes qui associent le Canada au respect, à l’ouverture.

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Nuit endiablée dans les bas-fonds de Freetown

juin 23, 2006

J’ai bien peur de faire mon agace… J’ai trop peu de temps pour décrire adéquatement la nuit que j’ai passée avec Alex, mon enfant soldat de la rue! Et cette nuit, je veux bien la raconter, car elle représente exactement ce pourquoi j’estime avoir le plus beau boulot qui soit au monde. Pour la personne que je suis, bien entendu.

Alors encore une fois, ce n’est que partie remise. J’ai un horaire assez surchargé cette fin de semaine, et, vu les heures d’ouverture du café Internet, je ne sais trop encore quand j’arriverai à rendre ne serait-ce qu’un peu justice à cette folle nuit. Juste dire qu’elle fut un mélange d’ouverture sur un monde qui m’est inconnu, union avec une autre culture, aventure, misère, joie, violence. De tout, pour tous les goûts!!!

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Remis en raison de la pluie

juin 21, 2006

Je n’ai finalement pu passer la nuit avec Alex, mon enfant soldat de la rue. La pluie risquait de ruiner les photos que je voulais prendre.

Je ne sais trop à quoi m’attendre. Je suis allé manger avec lui hier soir, puisqu’il semblait très déçu que je décide de reporter le tout à ce soir. Il semble qu’il passe ses nuits soit dans les bars, soit dans un cinéma, où il parvient à dormir sans se faire voir…

On verra bien!

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Enfant soldat, enfant de la rue

juin 20, 2006

Salut Raymond,

J’espère que Rose se porte mieux. J’ai pensé à elle hier. Déjà 5 jours à l’hôpital! En espérant qu’elle retrouve rapidement la santé. Dis à Lyne que je souhaite que tout aille pour le mieux. Je sais à quel point elle aime ses enfants.

Je ne pourrai aller chez Western Union que demain pour ramasser d’autre argent. Je ne pourrai me procurer le cellulaire que demain ou le jour d’après. Tout dépend de ma nuit, que je vais passer avec mon enfant soldat, qui vit dans la rue. J’aurai la possibilité de prendre les photos que je veux, qu’il m’a dit. Il était le boss quand il était enfant soldat, il est le boss quand il est dans la rue!

Son histoire est complète, c’est fou! Il a fait de la prison il y a un an, pour avoir poignardé un gars qui l’avait offensé. Il a fait un mois et demi de prison. C’est là qu’il a décidé de changer de vie (il vivait comme un criminel). Ses amis connaissent son histoire et l’acceptent. Pour la réconciliation, pour qu’il ne redevienne pas un criminel. C’est une histoire comme on les aime: difficile, poignante, mais avec une lueur d’espoir. Je vais aller jouer au foot (soccer) avec leur gang bientôt. Ça aussi, ça ferait de belles photos. Montrer qu’à la Sierra Leone, ce n’est pas juste un pays qui a été en guerre. Que les gens sont quand même heureux, que les jeunes s’amusent.

J’avais l’impression d’avoir un départ lent, ça m’a stressé un peu. Mais au fond, quand je regarde ça, je me dis que ce n’est pas si mal. Je suis arrivé à la fin de la semaine passée. Je ne pouvais guère rencontrer de gens le week-end. Cependant, j’ai beaucoup parlé, à gauche et à droite. Je suis sorti avec Christophe, le coopérant de Cause Canada. Un vrai chic type. Pour mon enfant soldat, avoir été un journaliste conventionnel, je serais passé à côté. Du coup, j’accepte que ma façon, la façon Journal de la Rue – Reflet de Société, ait des différences et certains désavantages.

C’est certain que sentir, essayer de vivre, prend plus de temps. Je n’ai donc pas encore rencontré mes contacts. J’ai déjà de nombreux numéros de téléphones, des gens qui travaillent avec les enfants soldats. Ça va venir bien assez vite. Une fois que je les aurai rencontrés, je pourrai alors faire mon itinéraire et découvrir leurs projets hors de Freetown, la capitale. En ce sens, ça a du bon, d’avoir un peu plus de temps. Ça permet d’essayer de suivre des pistes qui finissent dans un cul-de-sac. Sauf que, travailler pour un gros média, ce n’est pas rentable, agir de la sorte.

J’aimerais également, très bientôt, parler des sujets que je veux développer, mon itinéraire. Bref, vous raconter mes démarches pour que vous puissiez voir comment j’avance!

Alors, comme tu vois, j’ai décidé de laisser de côté le stress et me faire confiance. Le problème, c’est que je n’ai pas envie de nuire au magazine, au Journal, côté finance. Comme c’est un aspect que je connais moins, je stresse plus facilement. Mais à stresser — ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé!!! —, je ne vais que compliquer les choses. Parce qu’au fond je n’ai aucun doute que tout va super bien se dérouler. Alors, je vais faire du sapré bon boulot!

Je te reviens sous peu, pour te dire comment ça s’est passé, ma nuit avec les jeunes de la rue.

Dominic

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Mon environnement à la Sierra Leone

juin 19, 2006

Voici un bref aperçu de ma vie à Freetown, capitale de la Sierra Leone. J’arrive dans la saison pluvieuse, bien que le gros des gouttes est attendu pour juillet-août. Jusqu’à maintenant, je ne me plains pas trop. Il pleut de temps à autre, mais jamais trop longtemps. La température tourne autour de 27 degrés. Cependant, c’est assez humide. À titre de comparaison, c’est comme une grosse journée chaude d’été au Québec. Avec, ci et là, des brises rafraîchissantes. Les soirs sont parfaits.

Je suis hébergé par l’organisme albertain CAUSE Canada, qui vient tout juste d’aménager une grosse maison. C’est pour y loger ses coopérants. Il y a plusieurs chambres qui possèdent toutes une salle de bain. La mienne ne contient qu’un lit double — dans lequel je couche à la diagonale pour permettre à mes orteils de demeurer dans les limites du matelas! Pas le choix, le moustiquaire est de mise. Comme il manque de prise pour l’un des fils, mon moustiquaire ne ressemble pas à une tente. L’une des côtes s’affaisse, s’offrant comme une couverture suspendue. Pas super agréable, mais on s’y fait!!!

Le jour, il y a un gardien à la maison. Il s’appelle James. Ses deux jeunes enfants viennent avec lui. James, en échange d’un peu d’argent, fait la lessive des chambreurs. Il vient de me l’offrir pour 50 000 leones par mois, soit un peu moins de 17$ US (1$ US = 3000 leones). Ça me semble cher, mais bon. Je vais y aller à la semaine! James fait la vaisselle, nettoie la maison et la cour. Je me suis organisé avec lui pour les repas. J’ai été acheter une grosse poche de riz, des piments, de la sauce et du manioc. Coût approximatif: 15$ US. Ainsi, chaque soir, j’ai un repas et je nourris par le fait même ses 2 enfants et lui-même. Au moins, je n’ai pas à le préparer, ni à me rendre au resto, où c’est plus coûteux.

Ici, l’électricité, elle s’absente souvent. Pour être plus juste, elle ne nous rend pas souvent visite! Du coup, la plupart des gens du voisinage — de même que la maison où j’habite — possèdent une génératrice. Pas trop reposant, le bruit de ces machines.

Mon plus gros problème, pour le moment, c’est le sommeil. La génératrice du voisin roule à plein régime toute la nuit. Elle est pratiquement adjacente à ma chambre. Sans compter la chaleur. Je n’ai pas d’électricité, donc pas d’air climatisé. Y’a les piqûres de moustiques. Il y a aussi le décalage horaire. Je suis passée par Bruxelles, en Belgique, juste avant de repartir. 6 heures de plus qu’au Quebec. J’y suis resté 3 jours, et voilà que je dois composer avec un autre décalage. Cette fois, je reviens à 4 heures de différence avec le Québec. Mais je suis encore à l’heure de la Belgique! Je me réveille à 5 heures du matin, pensant qu’il est 7 heures… Assez bizarre. Mais je suis passé par là. Comme pour la chaleur, et comme pour les moustiques. Par expérience, je sais que ce n’est que passager.

Je reviens prochainement. Cette fois, sur mes rencontres!

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L’humilité du voyageur

juin 16, 2006

Je suis arrivé hier soir à Freetown, capitale de la Sierra Leone. Il faisait si noir que je n’ai pu vraiment me délecter des paysages tout verts, des palmiers, et de l’océan qui borde le tout. Je peux le dire d’emblée aujourd’hui, c’est fort joli.

Comme l’indique le titre de mon message, je redécouvre le même sentiment qui m’a toujours habité lors de mes arrivées en contrées éloignées. Je ne connais pas les lieux, la façon de me déplacer, le coût des transportsé. Bref, je suis un simple touriste lâché parmi des gens qui ont bien besoin d’argent.

Moi, qui suis de nature indépendante, je dois avaler une bonne dose d’humilité: sans l’aide des gens de l’O.N.G. CAUSE CANADA, je n’ai aucune idée où je dois aller et comment m’y rendre. En ce moment, Christoph, un Canadien originaire d’Alberta, est mon contact. C’est lui qui est venu me chercher à l’aéroport, qui me donne les conseils d’usage. Je me sens comme un boulet a ses pieds. Il est très occupé aujourd’hui, alors j’essaie de me débrouiller sans lui!

Chaque voyage, c’est la même chose. Au moins, dans le cas présent, je l’assumais avant même mon arrivée. Comme je suis ici seulement 24 jours, je me suis arrangé pour me dénicher un guide qui saura me diriger dans la ville, dans le pays.

Je ne connais pas encore son nom. C’est le neveu de M. Davis, logisticien sierra léonais pour l’O.N.G. albertaine (CAUSE CANADA). C’est un étudiant âgé de 18 ans — bientôt 19, m’a dit M. Davis — qui passe ses vacances d’été à ne rien faire dans la maison de son oncle. Pour 5$ US la journée, il va m’enlever toute perte de temps relatif à mon manque d’orientation. J’aurais préféré m’en passer. S’orienter fait partie des plaisirs du voyage. Mais le temps est un facteur assez important! Donc, ça m’arrange et lui aussi. Tout le monde est content!

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Rendez-vous difficile et panne de caméra

juin 15, 2006

Sans vouloir te déranger avec les anciens articles pendant que tu vis toutes sortes de péripéties, quelle est la fonction de M. Gagnon du profil Tourisme d’aventure en Gaspésie? Est-il un enseignant? C’est quoi le Cégep International. Peux-tu me donner quelques indications pour compléter l’article sur Gaspé.

Merci, @ plus et bon voyage.

Raymond.

Hey! Tu vas devoir attendre un peu, pour tes réponses! C’est fou comme c’est la course ici. Le pire, c’est que je ne crois pas qu’au Sierra Leone, ce sera aussi essoufflant…

Après t’avoir écrit hier, j’ai reçu un mail de la part de M. Cornely (pharmacie sociale). Il ne pouvait me rencontrer ce matin – ça tombait drôlement bien! – et suggérait qu’on se rencontre en après-midi. Ben ça n’a pas été plus possible… Il avait un autre rendez-vous, quitte demain en vacances, bref, impossible. Je lui ai proposé de le rencontrer à mon retour, soit le 10 juillet. Il m’a dit que ce serait bien mieux. Je vais donc lui envoyer un courriel pendant mon séjour au Sierra Leone pour savoir si ça peut aller… Je regarderai avec l’organisme de Christine en France sur la prostitution pour préparer le voyage au Cambodge et au Vietnam s’il leur est possible de me voir entre le 11 et le 13 juillet. Si tel est le cas, on pourrait rencontrer tout le monde!

Sinon bien j’ai eu un petit pépin avec MON appareil photo. Tout est arrangé. Je suis passé par une boutique de photos. J’y ai acheté, non pas le fil USB, mais un lecteur de carte qui se branche dans l’ordi. Elle m’a dit que ça allait non seulement plus vite, mais que ça coutait moins cher.

Bonne journée, salue tout le monde!

Dominic

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Départ imminent pour la Sierra Leone

juin 14, 2006

J’ai finalement reçu mon visa ce matin (cette nuit pour vous!). Moins compliqué que ce que j’appréhendais. Je ne suis pas mécontent de quitter Bruxelles pour l’Afrique. D’abord, parce qu’il s’agit de ma destination principale (!) et surtout, parce que la capitale européenne est essoufflante… Pour un journaliste à l’étranger, il y a deux grandes considérations: les communications et les déplacements. Et j’ai un méchant problème avec ces deux éléments! J’ai beau avoir habité Bruxelles 8 mois en 2003, j’ai peine à me retrouver. Je suis hébergé par un couple d’amis qui habite un coin de la ville que je ne connaissais pas du tout. Du coup, m’orienter est difficile. De plus, es transports en commun desservent mal la ville. Pas qu’ils soient inexistants ou vieux, non. Le problème, c’est qu’on a développé les transports pour desservir un certain coin, puis un autre, et encore un autre. Bref, il n’y a pas vraiment de vue d’ensemble. Donc se promener d’un coin de la ville à l’autre est assez long. J’use beaucoup mes semelles, depuis lundi. Côté communication, j’ai été mal conseillé. J’ai acheté une carte pour cellulaire et je ne parviens pas à obtenir des minutes… Comme je suis à la course, je n’ai pas eu le temps de régler ce problème! Mais bon, demain est un tout nouveau départ. J’arrive à Freetown, capitale de la Sierra Leone, vers 20h (14h au Québec). J’ai bien appris la leçon:je vais me débrouiller pour que les communications et le transport ne soient pas une embûche!

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Problèmes à l’ambassade du Sierra Leone à Bruxelles

juin 14, 2006

Je suis pas mal à la course et y fait chaud en titi… Je vais peut-être devoir annuler ma rencontre pour les pharmacies sociales… À l’ambassade, ils m’ont demandé d’y retourner demain. Je pense qu’ils avaient beaucoup d’ouvrage aujourd’hui. En plus, la dame m’a demandé une lettre d’invitation. Dans son mail sur ce qu’il me fallait, il n’en a jamais été mention. J’ai dit ok, pas de problème. Je vais lui envoyer un mail de CAUSE Canada. Bref, comme ça prend 24 heures, pour la demande, je ne courrai pas le risque de passer à côté… Y’a pas de stress du tout à avoir, c’est davantage une question d’horaire et de temps que ça prend pour se rendre d’un endroit à l’autre…Anyway, je suis encore à la course, je dois quitter!

Dodo

Réponse du rédacteur en chef

C’est sur qu’il faut prioriser le visa à l’ambassage, sinon tu ne pourras entrer au Sierra Leone. Mais ça serait dommage de manquer les pharmacies sociales. Je te laisse juger de la situation.

Bonne continuité. Raymond

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Communication du rédacteur avec globe-trotter

juin 12, 2006

Salut Dominic.

Jean-François vient de me mentionner que tu n’as pas pris le fil de transfert USB qui va entre la caméra et l’ordinateur. Je te propose d’en acheter un en Belgique avant que tu n’arrives à Sierra Leone. Rendu en Afrique, tu risques de ne pas pouvoir en trouver. Les lecteurs de Reflet de Société ont bien hâte de voir tes photos et ils ne veulent pas attendre ton retour de Sierra Leone le 15 juillet.

Au plaisir, Raymond.

Réponse de globe-trotter

Merci bien, c’est noté! Bordel, j’ai bien de la misère avec le clavier… je cherche les mQdites lettres… Je te reviens plus longuement je sais pas quand… Je suis complètement perdu, à Bruxelles… Mais bon, ça devrait finir par s’arranger!

à dans betôt,

Dom

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48 heures avant le jour J

juin 9, 2006

Eh oui, ne me reste plus que 2 jours avant de partir à l’aventure! D’ici là, j’ai ces incontournables rencontres avec des amis – je viens d’aller voir ma mère à Sherbrooke. Je ne peux m’expliquer pourquoi les gens tiennent tant à voir l’heureux voyageur avant qu’il ne quitte sous d’autres cieux. Mais chaque fois, c’est la même rengaine!

Bruxelles est un passage obligé, pour me rendre à la Sierra Leone. C’est là que je vais pouvoir demander mon visa. Je profiterai de mon passage dans la capitale européenne pour rencontrer des gens qui travaillent auprès des femmes libérées de réseaux de prostitution, ainsi que le secrétaire général des pharmacies sociales d’Europe. Des articles à venir!

Côté Sierra Leone, mes contacts sont faits! Le seul problème, c’est que je ne suis pas en mesure d’établir déjà un itinéraire. C’est que je n,ai aucune idée du temps qu’il me faudra avec l’un ou l’autre des organismes. Elle est là, la différence entre Reflet de Société et un média conventionnel.

Le journaliste qui part pour un reportage à l’étranger s’absente très peu de temps, normalement. Son horaire est déjà planifié avant qu’il ne parte. Il sait qui il va voir, ce que la personne va lui dire. Une sorte de visite guidée, en somme. Le gros de son travail est fait avant même d’être sur place!

Moi, j’ai l’approche contraire. Je ne veux pas diriger mes pensées sur des éléments trop précis. J’ai des sujets assez larges, il va sans dire. Je sais que, une fois en sol africain, en rencontrant mes intervenants, mes idées vont se préciser. Mais elles le seront en toute connaissance de cause: ce sont les gens que je vais rencontrer qui vont me mettre la puce à l’oreille.

Plutôt que de diriger mes interviews, en allant chercher l’information que JE veux, je laisse le soin aux principaux intéressés de s’ouvrir. Ainsi, j’ai moins de chance de passer à côté des histoires les plus intéressantes.

Bon, j’ai encore fort à faire! Je vous réécris… de l’autre côté de l’Atlantique!!! 

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Rien de nouveau sous le soleil…

juin 1, 2006

Je suis peu volubile, aujourd’hui. Il me semble que je n’ai rien à dire… J’ai encore deux articles où il me manque certaines informations… Le problème, c’est que ma tête est au Sierra Leone… Méchant problème!

Je ne sais comment font les journalistes qui partent régulièrement à l’étranger… Mais peut-être que leur expérience, leurs nombreux séjours à l’étranger, les rend immunisés contre cette fébrilité qui m’envahit.

Faut dire aussi que je ne suis pas parti depuis 2 ans… On verra cet automne, alors que j’irai au Vietnam et au Cambodge, si l’expérience va rentrer pour moi aussi.

Mais d’ici là, j’ai quand même des articles à écrire!

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Un voyage qui s’annonce bien!

mai 30, 2006

J’ai vraiment de la chance! Samedi, j’ai rencontré Beverley Carrick, la directrice de l’ONG CAUSE Canada. Basée à Calgary, l’ONG est présente à la Sierra Leone pour y travailler avec les enfants victimes de la guerre. Enfants soldats et enfants mutilés, CAUSE tente de les réhabiliter.

Bref, son mari, Paul, à qui j’avais envoyé un courriel, m’appelle pour me dire que sa tendre épouse est à Montréal pour la fin de semaine.

Je n’ai fait ni une ni deux, je la contacte pour l’inviter à prendre un café le samedi. L’entente a été telle qu’elle m’a offert d’envoyer l’un de ses employés du Sierra Leone à mon arrivée à l’aéroport. C’est d’un grand soulagement! Il y a 2 ans, quand je suis allé en République démocratique du Congo, personne n’est venu me chercher… Dans une ville que l’on ne connaît pas, une culture totalement différente, pas évident de savoir où se rendre… Surtout que, d’ordinaire, les aéroports sont situés en dehors de la ville.

De plus, chanceux que je suis, Beverley va mettre à ma disposition un appartement que CAUSE a à Freetown, la capitale. Un autre soulagement! Parce que je ne pense pas que le pays soit très touristique – une raison importante dans mon choix! Bon, alors voilà deux éléments importants de réglés. Ça avance!!!

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dans 18 jours, l’aventure!!!

mai 24, 2006

C’est maintenant fait! Je viens tout juste d’acheter mon billet aller-retour Bruxelles – Freetown (capitale de la Sierra Leone). Je pavoise un peu, mais pas pour très longtemps! D’ici mon départ, je dois rencontrer des ONG qui ont des coopérants là-bas qui travaillent avec les enfants soldats. Question d’avoir, avant mon arrivée, des contacts dans ce pays que je ne connais pas du tout.

Mais ce n’est pas tout. J’ai beau partir 5 semaines pour y faire des reportages qui s’échelonneront sur 3 numéros, j’ai aussi des articles à remettre avant mon départ. un article sur la santé, sur des régions, une rencontre – à déterminer – avec des détenus qui sont derrière les barreaux depuis presqu’une vie, une autre avec d’anciens membres d’un gang de rue, bref, je suis débordé!

Encore heureux que mes vaccins soient déjà pris… Non, avec tout ce travail, j’ai comme l’impression que c’est seulement une fois bien calé sur mon siège, dans l’avion, que je réaliserai que je retourne en Afrique, 2 ans après avoir passé 3 mois en République démocratique du Congo.

Vive l’aventure! 

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/enfants-soldats-de-la-guerre-a-la-rue/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/de-la-guerre-a-la-rue/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/traumatismes-de-guerre/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/bourreaux-et-victimes-a-l%e2%80%99ecole/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/reflet-de-societe-a-la-sierre-leone/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/chaudrons-et-ak-47-a-13-ans/