Frustrations culturelles

décembre 19, 2006

Frustrations culturelles

Je suis alle a Siem Reap, un endroit fort prise des touristes en raison de la presence de nombreux temples. Il  s’y trouve un grave probleme de trafic, prostitution et viol justement en raison de cette masse touristique. J’y allais avec Sophea, ma jeune interprete. Je suis passe par mon hotel pour nous procurer nos billets d’autobus.

Comme j’ai connu plusieurs rates avec les hotels depuis le debut de mon sejour, j’ai tout fait pour etre clair dans ma demande de billets, repetant 4 fois plutot qu’une mes besoins. “2 billets pour Siem Reap dimanche, 2 billets pour Phnom Penh lundi. J’y vais avec mon interprete!” J’aurais du insister une 5eme fois… J’ai pris le bus une heure plus tot que Sophea, puisque l’hotel n’avait achete qu’un billet aller-retour…

Il nous fallait revenir le lendemain car, tot le mardi, Sophea et moi nous rendions avec une organisation loin en province, pres de la frontiere thailandaise. L’organisation y ouvrait un centre pour femmes trafiquees et violentees, en plus de celebrer son 10eme anniversaire d’existence! C’est Phay, coordonateur de l’organisme, qui m’avait offert de me joindre a eux. Il m’avait propose le transport – ils etaient une bonne vingtaine de Phnom Penh a s’y rendre – et l’opportunite de m’entretenir avec les victimes, le staff, des gens des ministeres Social, Education, des femmes, la police Anti-Trafic de meme que les autorites locales (provinciales). Apres plusieurs echanges de courriels et appels pour clarifier cette activite, c’est l’offre que j’ai recu. Du coup, j’ai mis de cote mon plan A, privilegiant cette opportunite hors du commun! Tout ce monde au meme endroit avec qui je peux discuter!

Il n’en fut helas rien… Une fois arrive, l’offre changeait! Impossible de parler aux victimes et au staff, seulement avec la responsable provinciale de l’organisation. On y demeurait deux jours, soit pour la ceremonie et l’autre pour les entrevues, puis on repartait le lendemain. J’ai passe la journee des ceremonies (plus de 10 heures de discours!) a ne rien comprendre de ce qui se disait! Finalement, le staff ne restait plus la journee des entrevues! Je l’ai appris le soir, a la fin des festivites. Phay a bien omis de m’en glisser un mot. Peut-etre la peur de me dire, encore une fois, que sa proposition n’etait pas reelle! De plus, ils devaient eux-meme se debrouiller pour leur retour. Alors qu’on devait prendre le bus ensemble… 

Dire que je pensais avoir bien clarifier la proposition qui m’avait ete faite avant de partir. Car j’ai perdu mon temps, finalement. Avoir su, j’aurais ete a d’autres endroits, rencontre des victimes dans d’autres centres de d’autres provinces… Une grosse deception!!!

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Vouloir le bien, causer le mal

décembre 19, 2006

Vouloir le bien, causer le mal

 

Lors des festivitives entourant l’ouverture du centre pour femmes de l’organisme Cambodian Women crisis center (CWCC), j’ai passe l’heure du diner en compagnie d’un jeune directeur d’organisme cambodgien. A son bureau, il m’explique son travail. Son organisme fait de la prevention aupres des jeunes sur la drogue et aupres particulierement des femmes sur la reproduction (methodes contraceptives, maladies sexuelles, connaissance de leurs droits). Son organisme recoit des fonds de donneurs occidentaux.

Je ne doute pas de la bonne volonte de ce jeune homme, pas plus que de ses employes. Mais je m’interroge a l’utilite de ces programmes… C’est qu’ils discutent avec les consommateurs de drogue. Fort bien. Ceux-ci, apparemment, consomment en raison de problemes familiaux (la violence domestique est assez grave dans cette province, parait-il), du manque de travail, pour essayer. S’il y a une chose que j’ai apprise depuis mon arrivee au Journal de la Rue, c’est que la consommation en soit n’est pas le probleme. C’est la raison pour laquelle on consomme. Et l’organisme n’est ni outille pour regler les problemes familiaux, ni de chomage, pas plus qu’elle ne fait de travail social. Au moins, sa prevention dans les ecoles peut-elle faire reflechir les jeunes sur les ravages causes par la drogue.

Quant au programme axe sur les femmes, il est a se demander s’il ne cree pas les problemes plutot qu’il ne les regle. L’organisme explique aux femmes qu’elles ont le droit de refuser d’avoir des relations sexuelles avec leur epoux. Tout a fait vrai. Mais il faut regarder la mentalite des gens de la region, voire du pays. L’homme pense avoir tous les droits sur sa femme. Lorsque son epouse lui refuse ses avances, elle cree une frustation. Elle n’est pas censee opposer de resistance. J’ai vu de nombreuses photos de femmes battues – a mort – dans la region. Une s’est fait ouvrir l’entrejambe par un rasoir pour avoir refuse, a deux reprises, d’avoir des relations sexuelles avec son mari. L’histoire, dans son cas, ne dit pas si elle a refuse parce qu’elle avait appris qu’elle avait le droit de dire non. Mais un programme qui ouvre la porte a ce genre d’actes, si rien n’est fait pour changer la mentalite de l’homme, me semble dangereux. Meme si, pour le principe, il a sa raison d’etre.

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Sophea et la mentalite cambodgienne

décembre 19, 2006

Sophea et la mentalite cambodgienne  

Sophea m’a accompagne pendant une semaine pour me servir d’interprete. Elle a 25 ans, etudie l’art, et attend janvier pour poursuivre ses etudes en Thailande grace a l’obtention d’une bourse. Elle a beaucoup de caractere. Quand on la voit avec moi, on pense qu’elle n’est qu’une autre petite amie du blanc de passage. Elle le sait tres bien, elle le sent – par le regard des Cambodgiens ou leurs remarques – mais jamais elle ne semble desemparee.

Ce qu’il faut savoir, c’est que Sophea, comme la plupart des femmes de son pays qui cherche epoux, est vierge de tout contact. Elle n’a jamais serre un homme dans ses bras, elle n’en a jamais embrasse un. Au Cambodge, une femme doit se garder pour le mariage. Si elle n’est pas pure, elle n’est tout simplement pas bonne a marier. C’est beau, ca signifie que la femme cambodgienne n’ira jamais voir ailleurs.Qui est contre?

Je ne suis pas sexologue. Mais je pense que la sexualite est un besoin fondamental. Si ce besoin est refoule, s’ensuit des frustrations ou des effets qui ne sont pas que positifs. Si la femme, pour se marier, n’aura pas de relation sexuelle, ca signifie que les garcons non plus ne devraient pas avoir de relations sexuelles avant le mariage. C’est logique, une relation, ca se fait a deux. Donc sans partenaire – consentant -, l’homme refoule ses besoins pour une bonne partie de sa vie?

Pas si sur… Ce besoin, refoule chez la femme, peut facilement etre assouvi par l’homme: grace a la prostitution. Donc, une mentalite vertueuse comme celle de se garder pour le mariage peut provoquer – bien qu’elle ne soit certainement pas la seule raison – un effet assez pervers qui augmente le besoin en prostituees. Et qui change alors aussi les rapports sous plusieurs plans entre hommes et femmes. Si l’homme a eu plusieurs relations sexuelles avec des prostitutees, sa sexualite n’est pas du tout la meme que celle qu’il aura eu avec une petite amie qu’il aime. Mais son education, ses experiences, ce qu’il connait, c’est la prostitution. Ce rapport inegal ou la femme est vue plutot comme du betail. 

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Hockey au Cambodge

décembre 6, 2006

Hockey au Cambodge 

Eh oui, vos yeux ne se trompent pas! Vous avez bien lu hockey! C’est que j’ai rencontre un Canadien d’Hamilton, qui travaille avec l’Organisation Internationale des Migrations, et qui organise des soirees de hockey-balle! Au Cambodge! Chaque lundi et jeudi soirs, nous sommes une bonne dizaine a nous presenter sur un court de tennis, a plus 30 degres. Le calibre est ma foi assez releve. Il y a surtout des Canadiens, mais quelques Americains se joignent a nous. Et un Cambodgien garde les buts! Ah oui, les gardiens sont equipes. Et on joue avec des hockey en graphite. Je crois qu’ils ont achete les equipements et les buts de la Thailande…

Le premier soir (jeudi passe), en raison de la chaleur et, je dois l’avouer, d’une pietre condition physique, j’avais de la difficulte a suivre! Je suais a grosses gouttes, j’avais des crampes. J’ai manque etre malade! Mais, comme on dit, on apprend de ses erreurs. Conscient de ma – mauvaise – forme, j’ai mis les chances de mon cote. Alors j’ai decide, cette fois, de ne pas jouer l’estomac vide. J’ai dine et soupe, cette journee la. Diable, je ne pensais pas a quel point ca pouvait faire toute la difference!!! La, je volais litteralement! Je sais pas si c’est ce qu’on appelle apprendre positivement, mais je sais que je vais bien manger jeudi prochain!

Cote boulot, j’en apprends beaucoup! J’ai rencontre, hier, la directrice d’un organisme de defense des droits de l’homme. Je lui posais des questions au sujet de la police anti-trafficking , et elle commence a me parler de la corruption qui y regne. Comme le petit castor, elle etait lancee. Elle appelle qqun qui connait bien le departement anti-trafficking (lire qui y travaille) et qui s’amene aussitot. Pour le moment, bien que je les crois, je ne peux pas vraiment ecrire a ce sujet. C’est leur parole, rien d’autre. Je les rencontre a nouveau cette semaine. Mais je n’ai guere d’attente. Je leur ai explique qu’il me fallait davantage que leurs seules paroles. J’ai demande a ce qu’un policier de ce departement vienne – et que je puisse l’identifier comme tel – pour qu’il me confirme certaines de leurs affirmations. J’essaie egalement d’entrer en contact avec un journaliste qui pourrait me confirmer certaines choses a ce sujet. Puis, je rencontre demain une personne qui est proche de la tete dirigeante de ce departement. J’espere, par son entremise, pouvoir obtenir une rencontre avec ma “corrompue”. Malheureusement, il ne me reste guere de temps! Je quitte samedi matin pour aller en province, question de rencontrer des femmes et enfants qui ont ete trafiques. La encore, on a beau me dire qu’il me sera possible de leur parler, je ne me fais pas d’idees. Je verrai rendu la! Des belles paroles, j’en ai entendues plus d’une!

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Reportage au Cambodge

décembre 5, 2006

Reportage au Cambodge

Mon découragement du Vietnam est drôlement du passé. Le Cambodge est trèes facile, ca n’arrête pas même. J’apprends de mes erreurs – en ce sens, ce voyage est une bénédiction pour moi et la suite des choses! Je suis un peu fatigué, remarque. J’ai énormement de lecture le soir, documentation qui m’est gracieusement offerte par les organismes que je rencontre.

Je rencontre Somaly Mam, une cambodgienne qui est LA référence ici en matière de traffic. Elle a sauvé beaucoup de femmes et enfants – surtout de la prostitution. Je vais préparer un portrait d’elle, de son combat ici.

Bonne journée à tous.

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Réponse à Mme Dion, racoleuses 2eme partie

décembre 1, 2006

Réponse à Mme Dion, racoleuses, 2e partie 

décembre 1st, 2006

Voici des informations qui pourront eclairer le commentaire de Mme Monique Dion, concernant mon texte Racoleuses ou prostituees, 2eme partie.

Mme Dion demandait si l’economie au Vietnam faisait en sorte que les jeunes filles n’aient plus a se prostituer. L’economie vietnamienne, au meme titre que la notre, ne suffit pas pour offrir des alternatives a toutes ces femmes. Le nombre de Vietnamiens qui travaillent dans les achoppes aux bords des rues, a gagner entre 1 et 2$ par jour, est en explosion. La moyenne, d’ailleurs, est de 40$ par mois. Quand on pense que celles qui frequentent les bons endroits pour offrir leurs services gagnent 20$ US la nuit, on comprend que le phenomene ne risque pas de s’eteindre de sitot.

Je ne sais si au Vietnam il existe un tourisme sexuel. Le gouvernement y est tres chatouilleux a ce sujet. Mais lorsque j’etais a Ho Chi Minh (Saigon), j’ai rencontre deux Australiens quittant mon hotel apres leur premiere nuit car ils ne pouvaient y ramener de filles. Des Vietnamiennes, bien entendu.

Au Cambodge, on me dit qu’il existe bel bien, le tourisme sexuel. La, j’ai des informations diverses quant aux efforts du gouvernement cambodgien. Certains disent qu’il existe une loi Anti-Human Trafficking, d’autre affirment qu’il n’y a qu’un enonce a cet effet, adopte tout recemment. Des guidelines, qu’ils disent. C’est l’une des informations que je cherche a valider. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement s’est dote d’une police specialisee dans ce domaine. Est-ce un voeu pieux? Je suis en train de decouvrir que cette police, par manque de moyens, de formation, de problemes logistiques, peine a faire son travail. J’y reviendrai plus amplement dans un article! Disons que peu de gens ont ete arretes concernant le trafic sexuel. On m’a meme dit qu’il s’agissait, dans certains de ces cas, de proces arranges. Le gouvernement peut ainsi demontrer qu’il s’attaque au probleme du trafic sexuel. C’est tres complexe, une fois qu’on commence a gratter un peu le fond de la question. Je m’apercois egalement que les idees que j’avais, avant de venir au Cambodge, etaient decalees de la realite.

A savoir si la mentalite de marier un occidental provient de la mentalite americaine, je manque personnellement de connaissances culturelles pour y repondre adequatement. Normand, qui travaille pour Oxfam Quebec au Cambodge, a travaille dans de nombreux pays, que ce soit en Afrique ou en Asie. Il m’a dit etre alle dans des pays qui n’avaient pas d’influence americaine. Il a vu, dans tous ces pays, des familles offrir leur petite en mariage a un riche homme local. Il a meme vu une fille de 16 offerte a un homme de 70 ans. C’est une facon, pour des gens pauvres, provenant de pays pauvres, d’ameliorer leur sort et par le fait meme celui de la famille. Il n’ont pas autant de moyens de se sortir de la misere.

Pour le retour des Cambodgiens qui ont fui le regime des Khmers Rouges, je suis encore, helas, sans reponse. On me dit que plusieurs sont revenus avec leurs enfants. Mais comme les statistiques ici sont peu nombreuses, je ne pense pas qu’il existe une reponse claire, chiffrable. D’autant que le controle des migrations, dans la region, est un probleme criant.

Les femmes cambodgiennes choississent leur mari? Apparrement, non. Elles ont leur mot a dire et peuvent refuser, avec des raisons valables. Mais generalement, ce sont les familles qui arrangent les unions. La femme – ou l’homme – peut signifier a sa famille qu’elle ou il est interresse a l’autre. Et les familles jouent les entremetteurs. Selon Normand, au Cambodge depuis 2 ans et fiance avec une fille du pays, c’est generalement la famille de l’homme qui fait la demande. Il faut, semble-t-il, que l’homme soit en mesure de faire vivre sa femme, ainsi qu’une partie de sa famille. Ce qui explique,bien que je ne veuille pas generaliser, que les couples sont composes d’un homme plus age (5 a 10 ans) et d’une jeune femme.  Comme les gens sont pauvres, les hommes ont besoin de temps pour amasser suffisamment d’argent afin de faire vivre leur femme.

J’espere avoir pu apporter un peu plus de clarte dans votre questionnement!

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Sarom, le sourire d’une exploitee?

décembre 1, 2006

Sarom, le sourire d’une exploitée?

décembre 1st, 2006

Sarom travaille au restaurant voisin de mon hotel, a Phnom Penh. Chaque jour, je le vois, debout, toute souriante. Elle repond au moindre caprice des consommateurs. Deboucher les bieres, remplir les verres de glace, apporter la nourriture.

Comme le service est lent – la preparation des plats prend plus d’une demie-heure -, j’ai du temps pour symphatiser avec elle. Bien que la communication est ardue. Sarom parle peu anglais. Et mon cambodgien se limite aux salutations, excuses et remerciements.

Sarom a 18 ans. Elle est originaire d’une autre province, dont le nom m’est incomprehensible! Ses parents et son frere et sa soeur y habitent. Elle vit au-dessus du restaurant ou elle travaille. Je ne sais si son emploi l’occupe tous les jours de la semaine. Mais je la vois a son poste a tous les jours. Elle dit frequenter l’ecole small-small. Facon de dire qu’elle va a l’ecole, mais pas beaucoup! Je ne sais, en nombre d’heures ou de jours, ce que sa reponse signifie. Elle ne sort pas, ne danse pas.

Je ne sais si Sarom fait partie de ces jeunes trafiquees ou exploitees. Des scenarios de ce genre, il y en a bon nombre. Des enfants envoyes par leur parent pour travailler et ainsi faire vivre le reste de la famille, c’est chose courante au Cambodge. Des fois, on les envoient chez un parent car la famille ne peut supporter la charge de tant d’enfants. Contre nourriture et logis, l’enfant travaille pour le parent eloigne. S’il est chanceux, il tombe sur une bonne famille d’adoption. Le risque d’etre exploite est la. Car la famille remet entre les mains du parent l’autorite sur l’enfant. Dans d’autres cas, il peut s’agir de promesses de faire plus d’argent, soulevant l’espoir d’un avenir meilleur. Ces promesses ne sont pas toujours tenues, loin s’en faut. Parfois, le jeune consent de lui-meme a ce travail. Parce que, meme mal remunere, c’est deja mieux que ce qu’il gagne.

Au Camnbodge, 62% de la population vit avec ou moins de 2$ par jour, 36% avec 1$. On comprend que la decision est assez facile a prendre…

Sarom ne semble pas malheureuse, pourtant. Peut-etre accepte-elle son sort, peut-etre n’est-elle pas si mal, ou peut-etre a-t-elle un caractere hors du commun. Elle sourit constamment.

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Musee du crime genocidaire, 2eme partie

décembre 1, 2006

Musée du crime génocidaire, 2e partie

décembre 1st, 2006

De retour sur le fameux musee cambodgien qui m’a drolement secoue. Comme je l’ai mentionne dans la premiere partie, il s’agit d’une ancienne ecole. On y incarcerait les intellectuels du pays, qui representaient une menace a la revolution des Khmers rouges. Par intellectuel, il faut comprendre enseignants, diplomates, ingenieurs… ou toute personne sachant lire. Pour le revolution, elle devait passer par les paysans. Pol Pot voulait recommencer a zero un systeme ou l’economie ne passait que par la production de riz.

Dans la prison que j’ai visite, 15 000 intellectuels y ont sejourne. Aucun ne s’est echappe. Seule la fuite du regime de Pol Pot par le Vietnam a permis de recuperer 7 survivants. Je vous epargne les differentes methodes de torture utilisees. Cruel, abominable, bref l’etre humain dans ce qu’il a de plus laid. Si on peut appeler ca etre humain. Ces 15 000 personnes etaient torturees afin de leur soutirer le nom des gens qu’ils connaissaient, les membres de leurs familles. Quand les tortionnaires etaient satisfaits, ils envoyaient et le prisonnier et sa famille decouverte grace a ses aveux dans un camp pour les y assassiner. Pas avec des balles, jugees trop couteuses, mais a coup de bambous. On les enterraient ensuite dans des fosses communes, meme ceux qui n’etaient pas morts. Assez horrible.

Dans les salles de classes, utilisees comme cellules, on peut encore voir, pres de 30 ans plus tard, des flaques de sang seche. En 4 ans, le bilan du regime de Pol Pot s’etabli, selon ce qu’on peut lire sur les affiches du musee, a 3, 3 millions de morts ou disparus, pres de 150 000 invalides, 200 000 orphelins. Sans compter les ecoles et industries detruites. La guerre civile aura dure pres de 30 ans, pour se terminer a la fin du dernier siecle (1998). Un pays ne se remet pas du jour au lendemain d’une telle catastrophe. 3 generations qui n’ont pas recu d’education ( et qui doit eduquer les generations suivantes sans trop savoir comment s’y prendre), une economie complete a reconstruire.

Dans ce musee, il y a des salles remplies de photos de ces 15 000 prisonniers. Je ne sais combien il y en avait, des milliers assurement. Je les ai regardees une a une. Des gens qui ne savaient pas ce qui les attendaient. Le regard fier, courageux. Je n’y ai pas vraiment vu de peur. Ces gens sont pourtant alle a l’abattoir. Les tortionnaires ont meme installe des barbeles aux etages pour eviter toute tentative de suicide…

Les gens photographies n’etaient pas tres vieux. Il y avait meme des enfants. Devant chaque visage, je frissonnais. J’ai du sortir apres quelques salles, question de prendre un peu d’air. Je ne sais comment exprimer ce que j’ai ressenti. De l’impuissance, de l’incomprehension. Comment peut-on etre si sadique? Massacrer en masse des humains? Comment a-t-on pu laisser une telle chose se produire? Ces tortionnaires, qui passaient leurs journees a infliger les pires sevices a leurs prisonniers, comment faisaient-ils ensuite pour retrouver leur famille, leurs enfants, et oublier ce qu’ils avaient fait la journee durant?

Je n’ai pas visite de musee ou de charnier en Allemagne, concernant l’Holocauste. Je peux m’imaginer, encore plus aujourd’hui, l’horreur de ce carnage organise.

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Racoleuses ou prostituees, 2eme partie

novembre 25, 2006

Racoleuses ou prostituees, 2eme partie 

Je suis alle, a ma premiere soiree au Cambodge, prendre une biere avec un chauffeur de taxi de la place. Il m’a emmene dans un endroit qui ressemblait un peu a celui ou j’atais alle a Ho Chi Minh, au Vietnam.

Cette fois, les filles sont derriere le bar. Elles s’assoient devant les clients, discutent avec eux, les font boire. Elles sont payees au rendement, soit a ce que le client achete.

Cette fois, pas de matronne. Les filles sont plus independantes. Elles voguent d’un client a l’autre, echangent leur place entre elles. Elles sont toutes vetues d’un t-shirt Tiger , une marque de biere populaire en Asie. La tenue est completee d’une jupe qui n’est pas mini, de meme que des talons hauts.

Encore une fois, il y avait une petite jeunesse sans experience. Authentique, a la difference des autres serveuses. Mais pour combien de temps…

J’en discutais avec Normand, un cooperant pour Oxfam au Cambodge. Il m’a dit que ces jeunes filles, en y mettant le prix – 20$US- terminent la soiree avec le client. Il m’a egalement dit que la petite, rencontree au Vietnam dans des circonstances similaires, avait ete baptisee avant meme de commencer son travail au bar.

Il m’expliquait que ces filles ne se voient pas comme des prostituees. Elles ont trouve un moyen leur permettant de subvenir tant a leurs besoins qu’a ceux de leur famille. Ici, vu les possibilites d’emploi, c’est une facon de vivre qui vaut mieux – selon elles – que de passer sa journee a vendre n’importe quoi sur le bord de la rue pour 1$ la journee.

D’autant plus, m’explique Normand, que ces filles se cherchent surtout un mari. Un etranger de preference, qui pourrait assurer leur bien-etre et celui de leur famille.

J’ai vu la meme chose en Afrique. Ces gens, qui se levent a tous les jours dans le but de trouver assez de quoi manger et vivoter, voient l’amour comme une facon de se sortir de leur misere. Ici, malheureusement, l’amour est synonyme d’argent.

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Traite des humains: complexe et horrible

novembre 25, 2006

Traite des humains: complexe et horrible

Je commence a peine a decouvrir la problematique du trafic des etres humains. C’est beaucoup plus complexe que je ne m’y attendais. Et ce n’est pas parce que je pensais que c’etait simple… C’est tout dire.

Les gens trafiques n’ont pas de noms. On ne connait pas leur existence, la plupart du temps. ceux qui ont ete trafiques a des fins sexuelles ne veulent pas rentrer chez eux, une fois sortis du reseau. Ils sont ostracises par leur communaute, qui les rejette. Ceux exploites economiquement a l’exterieur de leur pays n’ont pas les moyens de revenir a la maison. Ils sont maintenus dans des endroits isoles, de sorte que personne ne sait qu’ils existent. Ils n’ont aucun droit. D’autres, des enfants, remplissent les rangs de ces jeunes qui mendient dans les endroits touristiques. On leur enseigne comment soutirer le plus d’argent. Ils apprennent a pleurer, s’habillent en loques. Pour remettre leurs gains a un patron qui n’a rien d’un mendiant.

Petit espoir, les pays de la region commencent a s’impliquer, a travailler ensemble. Mais ils commencent… Beaucoup de retard sur les trafiquants.

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Arrivée au Cambodge

novembre 25, 2006

Arrivée au Cambodge

Comme l’indique le titre, je viens d’arriver au Cambodge. J’y passerai plus de temps qu’au Vietnam. C’est qu’il m’y sera plus facile d’aller sur le terrain, rencontrer des victimes de la traite qu’on reinsere dans la communaute. Ou voir le travail de prevention fait au sein des collectivites.

Au Vietnam, le gouvernement est omnipresent. Il est le plus grand partenaire des ONG qui travaillent dans le trafic des etres humains. Encore heureux qu’il s’interresse a cette problematique. Mais il n’aime pas qu’on en discute. Les journalistes ne sont pas independants.

Lors de ma premiere rencontre avec le directeur d’Oxfam Quebec, M. Leonard Buckles, j’ai tout de suite ete avise qu’aussitot que j’ai mis le bout du gros orteil dans les bureaux de l’organisme, le gouvernement etait au courant. Ca m’a stresse. Probablement mon manque d’experience en ce domaine. Au Congo, j’ai ete dans la brousse ou des militaires m’ont ejecte du bus dans lequel je me trouvais. On m’a menace de me jeter en prison. J’etais entoure de maquisards, l’AK-47 a la main. A la Sierra leone, c’etait des anciens soldats devenus gangsters. Ca ne me derangeait pas. Peut-etre est-ce un milieu dans lequel je me sens plus a l’aise. C’est qu’avec ces gens, je suis en mesure de discuter, de trouver un terrain d’entente. Mais un gouvernement, c’est autre chose. Il n’y a pas a discuter.

Je ne voulais pas non plus causer des problemes a mes partenaires. C’est pourquoi j’ai decide de bouger plus rapidement vers le Cambodge.

Details a suivre!

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Petite histoire de train au Viet-Nam

novembre 22, 2006

Petite histoire de train au Viet-Nam

Je suis dans une cabine de train qui n’a que des couchettes, pas de sieges. En compagnie d’une vietnamienne, Phung, qui ne parle aucun mot d’anglais. On en riait, tout a l’heure. On ne se comprend pas vraiment. Mais on essaie. Elle a 52 ans, mais en parait 10 de moins. Avec des gestes, elle m’apprend que ses parents sont decedes sous les bombes americaines. Elle, de 1969 a 1972, elle a casse du GI. On ne le dirait pas, a la voir. Elle dit en avoir tue 200! Je ne sais trop comment on fait pour compter le nombre de fois qu’on donne la mort, dans une guerre. Mais je sais qu’elle croit en avoir tue 200. Dire que j’ai devant moi une personne qui semble tout a fait normale!!!

Conclusons maintenant… Pour ceux que ca interresse, le Vietnam est drolement pas dangereux. Je m’y sens en totale securite. Le probleme, c’est de se faire comprendre. Avis aux voyageurs a la recherche d’une destination economique, des paysages fabuleux et des tours bien structures. Une destination de reve! Et je pese mes mots. pour une fois que je peux vous suggerer un pays ou je vais…

ps: finalement, ma ride de train a dure 35 hres… Soit 4 de plus qu’il m’en a fallu pour me rendre de Montreal a Ho Chi Minh!!!

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Mariage fast-food au Viet-nam

novembre 22, 2006

Mariage fast-food au Viet-nam

Je voulais sentir l’endroit, pensant faire un tour de boat le long des iles, question de saisir un peu mieux les conditions de vie de ces gens qui expliqueraient l’existence de ces trafics. Grosse deception. J’avais demande a la compagnie qui fait la visite d’eviter le circuit touristique – c’est pour ca que j’y allais seul et que j’acceptais que ca me coute un bras… – mais peine perdue. Avec le temps, j’ai appris qu’ici, les gens comprennent bien ce qu’ils veulent. Ils vous disent oui-oui, mais font a leur tete! C’est deja ca de compris…  Tous les endroits ou nous nous sommes arretes etaient touristiques. Y avoir ete dans cette optique, j’aurais peut-etre apprecie. Tres bel endroit, surtout la pirogue dans les petits canaux, sous la pluie diluvienne, mais c’etait pas mon but!

ca m’a cependant permis de pousser un peu ma reflexion, de comprendre un peu plus leur facon de voir le trafic… ou de ne pas le voir! Je ne sais encore qui a raison, cependant. je vous raconte. La premiere ile, l’ile de la Tortue, offrait, sitot le gros orteil depose sur la terre ferme, des produits juste pour le bon touriste qui s’emerveille devant des produits artisanaux, de la bouffe faite avec du miel… Je saute les details – bien que certains soient un tantinet comiques! – pour aller droit au but. Encore que pour moi, aller droit au but, je sais, c’est long!!! Donc, pendant que je degustais des fruits locaux (ananas, papaye et 2 autres dont j’ai oublie le nom, probablement pcq c’etait la premiere fois que j’en mangeais), vient un petit groupe pour interpreter en l’honneur du touriste que je suis un petit pestacle de musique traditionnelle. Je me sentais comme dans ces films, ou le groupe de mexicains jouent aux cotes de la table, pour le bonheur d’un couple. sauf que je suis avec mon guide!!! L’une des musiciennes, Qanh, etait d’une beaute… (j’ai pas les mots pour la decrire, je vous enverrai sa photo dans les prochains jours). Du haut de ses 21 ans, toute gracieuse avec son archet, son sourire reserve, elle etait ravissante. Tout droit sortie d’un film de James Bond, bien qu’une pure asiatique, elle!!! Mon guide me demande si je l’aime… Je lui repond que je la trouve tres belle, mais que je ne la connais pas. Essayez d’expliquer la difference entre attirance et amour a un guide qui parle correctement l’anglais sans plus, et qui de surcroit comprend ce qu’il veut bien comprendre… Peine perdue! Mon guide m’a aussitot suggere de la marier! Merde, je la vois pour la premiere fois, et lui me parle de mariage. Il me lache pas avec ca. “Tu pourrais l’emmener au Canada” Ben oui, c’est ca. Sans m’en aviser, il dit au patron de Qanh de la faire venir… Son groupe se donne devant un tas de touristes, et elle quitte pour venir me parler. J’ai envie de me sauver. Je suis aussi genee qu’elle – non, quand meme pas… Je ne sais quoi lui dire, elle encore moins. Je suis mal a l’aise, car je sais trop bien qu’elle est venue non pas par envie, mais par obligation: son boss le lui a dit. Maudit touriste qui controle tout… Je suis ce que je deteste le plus des touristes… On a finalement discute. 5 minutes. J’imagine que mon guide lui a dit que je voulais la marier. J’en mettrais ma main au feu. Il n’a pas arrete de me parler d’elle, que j’etais en amour avec elle. Pour lui, c’est normal. Ca fait pourtant partie de ce qu’on appelle la traite des etres humains.

J’aurais pu forcer la choses. La marier, la ramener. Normal pour mon guide, normal probablement pour les parents de qanh. Qanh aurait une vie meilleure, pense mon guide, sa famille aurait recu de l’argent une fois leur fille installee, ils seraient probablement venus par la suite. Qanh n’aurait pas eu un mot a dire. Peut-etre le voudrait-elle, peut-etre pas. Je ne pense pas que son opinion est importante, de toute facons. Elle aurait dit oui, parce que ses parents lui auraient dit que c’est la bonne chose a faire… Mon point n’est pas la, cependant. Il est dans cette mentalite qui trouve normal qu’un fille de la place se marie avec un etranger, peu importe qu’elle ne le connaisse pas, pour aller vivre dans un autre pays.

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La circulation à Ho Chi Minh-City

novembre 22, 2006

La circulation à Ho Chi Minh-City

J’ai compose ce message alors que je me trouvais dans le train qui m’emmene d’Ho Chi Minh-City (Saigon avant, mais suite a la defaite des Americains en 1975, le gouvernement communiste en a change le nom, bien que les adultes ici ont conserve saigon… voila pour l’Histoire!) a Hanoi, au Nord. J’en ai pour 29 hres! Beaucoup de temps a meubler pour l’ecrivain en herbe que je suis…

Que dire d’HCM-City, ou j’ai passe 6 jours… Premier constat qui saute aux yeux: y’a du trafic. 2eme: Pas evident pour les pietons… La ville s’etend a n’en plus finir, et ses rues sont toutes bondees de scooters, du matin au soir. Quelques feux de circulation aux arteres principales, respectes uniquement aux heures de pointe. C’est fou, fou, fou! Ca va dans toutes les directions, comme un ballet qui n’en a justement pas, de direction. Un pur delire de liberte. Le plus beau, c’est que ca fonctionne. Pas d’accrochages, de prises de becs, encore moins de rage au volant – faudrait peut-etre penser y envoyer nos enrages sur 4 roues… A cote d’HCM-City, ce que j’ai vu aux Philippines – excepte les embouteillages monstres de Manille – c’est de la petite biere.

Je sais… C’est banal disserter sur la circulation. mais je trouve que ca symbolise bien l’esprit des gens (du moins ce que j’ai percu apres 6 jours, ca va de soi!). Chacun fait a sa tete, s’attend a etre coupe et a couper l’autre. Rien de personnel, ils n’ont pas un fond bien mechant. Un genre d’individualisme collectif! Autre exemple – sautez de paragraphe si vous etes las de me lire a propos de la conduite routiere – signifiactif: ici, les gros mangent les petits sans que ca ne derange qui que ce soit. Le scooter klakonne pour que les velos et les pietons se poussent, les voitures font de meme avec les scooters, viennent ensuite les camions et les bus. Et chaque fois, le petit cede le passage sans rouspeter. C’est juste normal, ici.

Parlant de pieton – moi en l’occurence -, c’est pas evident. Sur les trottoirs, aux abords des commerces, on retrouve des etals de toutes sortes. Ca prend de la place. C’est aussi la qu’on gare les scooters. Et c’est aussi la que les scooters circulent, peu importe dans quel sens, pour se rendre aux commerces ou comme chemin le plus court! De sorte que je me retrouve tantot sur le trottoir, tantot dans la rue. Je me fais klaxonner sur le trottoir, sur la rue!!! Shit, t’es personne ici si t’es a pied!

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Anecdotes de Dominic à Hanoi

novembre 22, 2006

Anecdotes de Dominic à Hanoi 

Je rencontre demain les gens d’Oxfam. Aprèes une ride de train qui a duré 35hre, oui mossieur!!!

Quelques difficultés avec mon hôtel d’Ho Chi Minh qui m’a booké mon train et mon hôtel à Hanoi (j’ai du changer de chambre 2 fois aujourd’hui pour finalement me retrouver à l’hôtel dans face par la suite. Je retourne au premier hôtel demain…!!!)

Détail important: je comptabilise toutes mes dépenses. Le hic, c’est qu’ici, à part l’hôtel, ca existe juste pas, des factures… Mais vraiment pas!

Je me remets de tous ces voyagements, la chaleur, la fatigue. Je vais très bien, sauf qu’a mon retour, m’a passer mon tour pour un bon boutte question riz!!! Mais c’est beau en titi. Difficile de se comprendre, cependant.

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TRAITE DES FEMMES: UNE MENTALITE DIFFICILE À CHANGER

novembre 16, 2006

TRAITE DES FEMMES: UNE MENTALITE DIFFICILE À CHANGERCarnet de voyage de Dominic Desmarais. Viet-Nam, Cambodge.Difficile parfois de tracer une ligne entre ce qui constitue la traite des êtres humains et ce qui n’en ai pas. Difficile donc d’enrayer ce fléau, d’autant plus que nombre de Vietnamiens – et d’Occidentaux – considèrent normal ce qui correspond a la traite.J’ai visité, avec un groupe de voyageurs, les tunnels de Cu Chi. En fait, j’en ai visité un. 100 mètres de long, il a été aménagé pour la taille des touristes plus corpulents que les Vietnamiens. Ce sont les fameux tunnels qui servaient de refuges aux Vietcongs pendant la guerre. Ils s’y réfugiaient pour ne pas sombrer lors des bombardements américains. Puis, ils en ressortaient pour des attaques surprises. Insaisissables grâce à ce stratagème.Lors d’un arrêt, je discutais avec notre guide, un ancien professeur d’anglais qui a aussi participé à la guerre, du côté des Américains. Il m’a posé une question bien anodine: “As-tu une petite amie à Saigon (Ho Chi Minh)?” Il faisait référence à une copine de passage. Une Vietnamienne. J’ai répondu par la négative. Surpris, il se demandait pourquoi. “C’est pourtant facile, pour toi”, qu’il m’a dit en souriant. Pour lui, c’est juste normal qu’un étranger se trouve une compagne de séjour. C’est normal et simple comme bonjour.

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Traite des femmes et prostitution internationale en Asie

novembre 16, 2006

Traite des femmes et prostitution internationale en AsieJ’ai visité le Delta du mekong. Le Delta, réputé pour être un passage de la traite car il débouche sur le Laos, le Myanmar (Birmanie), la Thaïlande, le Cambodge, la Chine et le Vietnam, reçoit une attention plus particulière depuis peu par l’ONU et les autorités Vietnamiennes. Je voulais sentir par moi-même le milieu, pour comprendre un peu la vie des gens du côte Vietnamien. Si le trafic se passe entre tous ces pays, le Vietnam connaît trois problèmes criants: la traite des enfants vers le Cambodge, le Laos et la Thaïlande au profit de réseaux de mendiants; la traite des femmes et filles pour les mariages forces et celle des garçons pour l’adoption vers la Chine; la traite des femmes pour le commerce sexuel vers le Cambodge.J’ai pas pu sentir grand chose, la visite était, à mon grand dam, très touristique. N’empêche. Alors que je goûtais des fruits sous un chapiteau de bambou, j’ai eu droit à un petit spectacle de musique traditionnelle. Dans le groupe, une très jolie jeune femme. Qanh, 21 ans. Mon guide m’a demandé si je l’aimais. Sa question m’a fait sourire. Je lui ai répondu que je ne la connaissais pas, mais que je la trouvais fort belle. Du tac au tac, il me suggéré, sérieusement, de la marier et de l’emmener au Canada. Sans même me demander mon avis, il demande au proprio d’aller chercher Qanh pour que je lui parle… Merde, y’a rien a dire à une jeune fille timide, qui ne comprend pas un mot de ce que je dis, et qui est obligée de venir me parler. On a discuté 5 minutes, sans savoir quoi se dire. J’imagine que mon guide lui a parlé de mariage. Il n’a pas arrêté de me casser les oreilles avec ça pour le reste de la visite…Cet exemple fait partie de la traite des femmes. J’imagine qu’avoir voulu la marier, j’aurais obtenu l’assentiment de ses parents. celui de Qanh?. J’ignore si cela aurait été important. Pour mon guide, c’est tout a fait naturel qu’une femme ici marie un étranger afin qu’elle aille vivre dans un autre pays ou la vie sera, pense-t-il, meilleure pour elle. Et pour sa famille, qui au lieu d’avoir une bouche à nourrir, recevra de l’argent de l’étranger, voire un billet aller-simple pour ce pays après quelques années… On comprend que les parents soient d’accord!http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

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Prostitution. Mariage…

novembre 16, 2006

Prostitution. Mariage…Je remarque, dans mes déplacements, plusieurs couples ou l’homme est un touriste étranger, la femme, une jeune vietnamienne. Ça ne ressemble pas à de la prostitution, ça ressemble vraiment à des couples. Au début, le sourire en coin, je ne pouvais m’empêcher de me dire “tiens, un vieux blanc qui se tape le goût du jour!”Est-ce mal? La fille s’intéresse probablement au vieux (disons la quarantaine) pour son argent. J’ai vu la même chose au Congo, à la Sierra Leone, aux Philippines. Un vieux schnock à lunettes avec un pétard de la place. Je n’ai pas encore de réponse. Je commence à m’intéresser à la question.Mais je me demande quelle est la différence entre ces couples et ceux de notre société… Les gens riches et célèbres de ce monde auront toujours une splendide jeune femme à leurs bras. Est-ce plus acceptable quand il est question de deux individus issus de la même société? Chez nous aussi, on retrouve de jolies jeunes femmes attirées par l’argent.Comme je le disais, la ligne ne me semble pas très claire… Je vais en apprendre davantage tout au long de mon périple. Vos opinions sont les bienvenue pour m’aider dans ma réflexion!http://journaldelarue.wordpress.com/tag/carnet-de-voyage-de-dominic-desmarais/

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Racoleuses ou prostituées

novembre 16, 2006

Racoleuses ou prostituéesÀ ma première soirée à Ho Chi Minh, je suis allé dans un bar Karaoke. C’est Chin, un taxi-scooter, qui m’y a amené. Il m’avait proposé d’aller prendre une bière. Invitation que j’ai acceptée sur le champ. Avec deux conditions: un endroit pas du tout touristique et pas cher. Il n’a respecté que la première!Chin et moi sommes arrivés tôt, vers les 20h. L’endroit était assez bondé. Mais pas par des clients. Une vingtaine de jeunes vietnamiennes occupaient à elles seules le 2\3 de la place. Plus sexy – mais pas osées – que les filles rencontrées dans les rues de la ville, elles étaient toutes très jolies.Sitôt assis, la propriétaire, Mme Hunt, nous a payé une visite. Âgée de 42 ans – c’est du moins ce qu’elle prétend -, Mme Hunt était vêtue d’une robe traditionnelle. Son sourire était faux, comme ses cils et sa peau trop blanche dont les plis tiraient son visage vers l’arrière. Elle nous a quitté pour saluer d’autres clients passablement émêchés et en bonne compagnie. Que des asiatiques, certains dans la mi-vingtaine, la plupart dans la quarantaine voire plus âgés.Les filles de Mme Hunt égaient la soirée des clients. La plupart sont à l’aise dans leur rôle. Elles s’amusent. Si ce n’est pas le cas, ce sont de bonnes comédiennes! Elles discutent et plaisantent avec les clients et entre elles, vont sur la scène chanter. Les mains se baladent, mais pas trop. Elles se posent sur les cuisses, les épaules. Elles rient en se pressant contre leur client attitré. Des entremetteuses qui font boire le client qui leur paie également à boire.Dans ce bar, les verres sont toujours remplis. Dès qu’une bouteille de bière est vide, malgré le verre encore plein, un serveur en débouche une autre. Chez Mme Hunt, on boit! Mauvais endroit pour moi qui, depuis la fin de mes études, est bien incapable d’en ingurgiter plus de trois. Les filles, et Mme Hunt, se sont d’ailleurs bien moquées de mes gorgées liliputiennes lors des innombrables “cheers” (des yo par ici) provoqués par les hôtesses. Mme Hunt, et ses serveurs, boivent aussi dans nos verres!

Mme Hunt amène une de ses filles à un client près de moi. Une très jeune. La petite, qui dit avoir 20 ans, se prénomme Winh. Elle est habillée d’une mini-jupe et d’un chemisier noir. Elle ne parle pas un mot d’anglais. Chin joue les interprête plutôt mal que bien. J’apprends peu de choses, sinon qu’elle a débuté ce travail voilà une semaine. C’est Mme Hunt qui l’a débauchée. Elle l’a remarquée chez le coiffeur. Comme Winh n’avait pas d’emploi, qu’elle était jolie, Mme Hunt a sauté sur l’occasion. Difficile de refuser. Elle travaille, dit-elle, de 19h a 23h tous les soirs.

Une autre demoiselle, vêtue d’un jeans et d’une camisole, rien d’hyper sexy, s’assoit aux côtés de Chin, mon guide. Elle a du chien. Tout le contraire de Winh. Elle travaille pour Mme Hunt depuis 3 mois. Et elle aussi s’appelle Hunt… comme notre serveur d’ailleurs! Assez étrange…

Winh regarde peu son client, sinon a la dérobée. Je la sens très mal a l’aise. Pas à sa place. Après un bon moment, elle se risque à coller sa jambe contre celle de son prospect. Il faudra la venue de Mme Hunt, et son regard froid, pour que la petite se hasarde a déposer sa main sur la cuisse du client. Sa main ne bouge pas. Elle le regarde d’un sourire gênée.

Winh quitte pour un bon moment. Hunt, la jeune, en profite pour la remplacer. Je vois rapidement la différence entre une semaine et trois mois d’expérience. La main va rapidement sur la cuisse du client. Hunt rit abondamment, de façon naturelle. Puis, sa main remonte. D’une tape, elle lui touche l’entrejambe. Puis rit, comme si c’était une bonne blague. Elle recommence son manège plusieurs fois, puis fait à sa guise. D’où je suis, je vois mal si les autres filles sont aussi dégourdies avec leurs clients. Ce que je sais, c’est qu’ils quittent seuls, sans les hôtesses. Je me demande si les filles ne sont que des racoleuses, ou si elles font plus que ca… La soirée est encore très jeune, peut-être attendent-elles la fin avant de partir, accompagnées… Difficile de le savoir.

Plusieurs questions restent sans réponse. Est-ce que les filles proposent de passer à l’étape suivante? De quelle manière s’y prennent-elles et à quel moment? Combien se font-elles? Et surtout, est-ce que ça se passe dans un endroit emménagé dans le bar de Mme Hunt? Des questions auxquelles j’aimerais obtenir les réponses…

La jeune Winh est de retour. Elle dépose sa main sur la cuisse de son prospect. Elle participe peu à la conversation, cherche son regard tout en demeurant fort gênée. La soirée se termine peu après. Chin se lève pour aller aux toilettes. Hunt, la jeune, en profite, de la tête, pour demander au client s’il veut partir… avec Winh. Je suis consterné. Hunt qui propose les services de Winh? Elle qui n’est pas à sa place?

De retour dans ma chambre, je me suis posé un tas de questions. Lorsque Winh a quitté, est-ce parce que Mme Hunt, sa matronne, voulait la forcer à partir avec son client? Est-ce que Mme Hunt voulait entraîner sa recrue vers son premier client? Quel est le taux de roulement de Mme Hunt? Des filles comme Winh, il n’en manque pas à Ho Chi Minh. Combien de temps garde-t-elle ses filles au bar? Les envoie-t-elle ensuite dans un autre réseau moins glamour, une fois qu’elles se sont habituées à ce genre de travail? Je n’en ai aucune idée… Mais je sais que Winh n’est pas à sa place. Et je devine que dans trois mois, elle s’y sentira comme un poisson dans l’eau…

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